“ Majorque réunit tout ce qui peut charmer l’esprit, les yeux, le cœur. Une nature admirable où les côtes splendides mènent aux montagnes grandioses, où les bois touffus ont pour contraste les plaines fleuries des plantes les plus odoriférantes, où les grottes merveilleuses et enchantées se succèdent pendant des lieues, de plus en plus belles et mystérieuses. Qu’elle est riante, cette Palma, la capitale de l’île, avec ses maisons blanches comme de beaux marbres, se mirant dans l’onde bleue, ou s’étageant parmi les luxuriantes verdures que trouent les flèches élancées de ses nombreuses églises ! ”
Palma de Majorque
Définition et enjeux
Citations sur “Palma de Majorque”
J.-M. Guardia, Revue des Deux Mondes
“ La pleine lune rend la scène féerique. Aux premières lueurs de l’aube, tout se transforme, et l’œil ravi suit les côtes abruptes d’Iviça et les riantes vallées de Formentera. En quelques heures de traversée, on arrive à Majorque ; au moment où la chaleur n’est plus tempérée par la brise matinale. La plus grande des Baléares est aussi la plus belle, la plus riche, la plus peuplée. La baie de Palma est merveilleusement disposée pour le plaisir des yeux. ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Rien de plus étrange que l'espèce de mystère que les Majorquins semblaient vouloir se faire les uns aux autres des événements qui bouleversaient alors la face de l'Espagne. Personne n'en parlait, si ce n'est en famille et à voix basse. Dans un pays où il n'y a vraiment ni méchanceté ni tyrannie, il est inconcevable de voir régner une méfiance aussi ombrageuse. Je n'ai rien lu de si plaisant que les articles du journal de Palma, et j'ai toujours regretté de n'en avoir pas emporté quelques numéros pour échantillons de la polémique majorquine. ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Au centre et sous un groupe de beaux palmiers, un réservoir en pierre reçoit les eaux de source de la montagne, et les déverse aux plateaux inférieurs par des canaux en dalles, tout semblables à ceux qui arrosent les alentours de Barcelone. Ces ouvrages sont trop considérables et trop ingénieux pour n'être pas, à Majorque comme en Catalogne, un travail des Maures. Ils parcourent tout l'intérieur de l'île, et ceux qui partent du jardin des chartreux, côtoyant le lit du torrent, portent à Palma une eau vive en toute saison. ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Si les conditions de cette vie frugale n’eussent été, je le répète, contraires et même funestes à l’un de nous, les autres l’eussent trouvée fort acceptable en elle-même. Nous avions réussi même à Majorque, même dans une chartreuse abandonnée, même aux prises avec les paysans les plus rusés du monde, à nous créer une sorte de bien-être. Nous avions des vitres, des portes et un poêle, un poêle unique en son genre, que le premier forgeron de Palma avait mis un mois à forger, et qui nous coûta cent francs. ”
Louis Jacolliot,
La Cité des sables. El Temin, par Louis Jacolliot…
(1877)
“ La manœuvre réussit au gré de ses désirs, et le lendemain matin les navires qui se trouvaient à l'ancre ne furent pas peu étonnés de voir l'Yvonne mouillée à quelques encâblures d'eux. Majorque, en espagnol Mallorca, est une des plus belles îles de cette Méditerranée, qui renferme un aussi grand nombre de ces parcelles de terre entourées d'eau qui pour la plupart sont de véritables nids de verdure et de fleurs ; elle possède environ cent quatre-vingt mille habitants, et Palma, sa capitale, en compte, à elle seule, quarante mille. ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Cependant je dois dire que, comme on n’invente rien qui n’ait un certain fonds de vérité, j’ai vu à Majorque, un prêtre, aujourd’hui curé d’une paroisse de Palma, qui m’a dit avoir passé sept ans de sa vie, la fleur de sa jeunesse, dans les prisons de l’inquisition, et n’en être sorti que par la protection d’une dame qui lui portait un vif intérêt. C’était un homme dans la force de l’âge, avec des yeux fort vifs et des manières enjouée. ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Palma. Majorque était devenue le refuge d’autant d’Espagnols qu’il y en pouvait tenir, et les indigènes, retranchés dans leurs foyers, se gardaient bien d’en sortir pour aller chercher des aventures et des coups dans la mère patrie. À ces causes il faut joindre l’absence totale d’industrie et les douanes, qui frappent tous les objets nécessaires au bien-être [1] d’un impôt démesuré. Palma est arrangée pour un certain nombre d’habitants ; à mesure que la population augmente, on se serre un peu plus, et on ne bâtit guère. Dans ces habitations, rien ne se renouvelle. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle, ou Description de toutes les parties du monde…
(1851-1853)
“ Cambassède estimait, en 1820, la production totale de l'île à près de 15,000,000 de francs. Majorque compte seize petites villes dont aucune n'a plus de 6,000 habitants. La plus importante et la seule qui mérite d'être cité est Palma, la capitale. C'est une ville assez grande et assez bien fortifiée. Elle est située au fond d'une baie qui y forme un bon port. Sa population s'élève à 34,000 âmes. La cathédrale et la Bourse sont ses principaux édifices. Palma est la ville de l'Espagne où l'indolence et la superstition peuvent être poussées le plus loin. ”
“ Arrivés à Barcelone, la fantaisie prit à Marie de visiter les Baléares. Un vapeur les mena à Palma, la capitale de Majorque. Cette ville plut à la jeune femme par la beauté de ses édifices, ombragés de palmiers, l’animation de son port que des navires de toutes sortes sillonnaient, l’étrangeté de ses rues étroites où régnait une fraîcheur très grande, malgré la chaleur déjà forte de cette journée de mai. — Je me plairais ici, Roger, — dit-elle, pendant qu’une légère voiture, une galera, les emportait vers le meilleur hôtel ; mais je voudrais habiter la campagne. ”
Conducteur espagnol, contenant la description de toutes les principales villes de l'Espagne… (1823)
“ Les habitans sont robustes et très-bons marins. La capitale de l'île est Majorque ou Palma , ville très- belle, grande, riche et forte, avec un évêché susfra gant de Valence; les places publiques , la cathédrale et le palais royal y sont magnifiques. Les Anglais la prilent en 1706, mais elle fut reprise en 1765, et depuis ce temps elle est restée aux Espagnols ; elle est à cent vingt lieues de Madrid et quarante-huit de Barcelone. A dix lieues de Majorque l'on trouve Minorque également considérable et dans la Méditerrannée ”
Jean-François-Nicolas Loumyer, Moeurs, usages et costumes de tous les peuples du monde… (1843-1844)
“ MAJORQUE comprend seize villes de 5,000 à 6,000 habitants; mais la capitale , Palma, en a plus de 54,000. Les habitants des campagnes de Majorque ont reçu le nom de PAGÈS. Leur costume n'est pas le même que celui des Iviçains. Si leur visage n'était point ombragé par un large chapeau, ils ressembleraient beaucoup à des paysans Grecs par leurs sandales, leurs jambes nues, leurs larges culottes plissées qui descendent jusqu'aux genoux et leur veste ronde et sans collet. Les femmes sont chaussées comme les hommes. ”
Alfred Germond de Lavigne,
Espagne et Portugal, par A. Germond de Lavigne…
(1892)
“ Les femmes ont les yeux noirs et grands, les extrémités petites, la taille bien prise, et, dit-on, toute l'ardeur du tempérament africain. Les riches et les bourgeois ont adopté le costume européen; les femmes et les paysans paysans seuls restés fidèles aux vieilles traditions. Palma, V. de 65 480 hab., capitale de Majorque, siège d'un évêché suffragant de Valence, et résidence du capitaine général des iles Baléares, s'élève en amphithéâtre au fond d'une baie, qui a 20 kil. de large, entre le cap Cala-Figuera et le cap Blanco, et 25 kil. de profondeur. ”
George Sand,
Voyage à Majorque : George Sand illustré par Tony Johannot et Maurice Sand
(1868)
“ De Palma à Valldemosa on compte trois lieues, mais trois lieues majorquines, qu'on ne fait pas, en trottant bien, en moins de trois heures. On monte insensiblement pendant les deux premières ; à la troisième , on entre dans la montagne et on suit une rampe très-unie (ancien travail des chartreux vraisemblablement) , mais très-étroite, horriblement rapide, et plus dangereuse que tout le reste du chemin. Là on commence à saisir le côté alpestre de Majorque ; mais c'est en vain que les montagnes se dressent de chaque côté de la gorge, c'est en vain que le torrent bondit de roche en roche ”
Édouard Conte, Espagne et Provence, impressions (1895)
“ La royauté espagnole est tolérante. Je n'ai poussé jusqu'à cette ville que pour me présenter à un des hommes les plus cultivés de Majorque, M. Pedro de A Pena, auteur de récits du terroir, de poésies légères, de proverbes que fan riure ferm (qui font rire ferme) en dialecte majorquin ; architecte de son métier, compétent en vieux monuments de Majorque, en vieilles monnaies aussi, en tous témoignages du passé de son pays, un de ces hommes utiles qui, pour le profit des historiens généraux, travaillent à recueillir l'essence de leur petite patrie. Je l'avais manqué à Palma où il habite. ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Son successeur est obligé de commencer par les remplacer, à moins qu’il n’ait le goût de vivre en plein vent, et c’est un goût fort répandu à Palma. Or, il faut au moins six mois pour faire faire non seulement les portes et fenêtres, mais les lits, les tables, les chaises, tout enfin, si simple et si primitif que soit l’ameublement. Il y a fort peu d’ouvriers ; ils ne vont pas vite, ils manquent d’outils et de matériaux. Il y a toujours quelque raison pour que le Majorquin ne se presse pas. La vie est si longue ! ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Il y a une phrase consacrée à Majorque, comme dans toute l’Espagne, pour se dispenser de rien prêter ; elle consiste à tout offrir : La maison et tout ce qu’elle contient est à votre disposition. Vous ne pouvez pas regarder un tableau, toucher une étoffe, soulever une chaise, sans qu’on vous dise avec une grâce parfaite : Es a la disposition de uste. Mais gardez-vous bien d’accepter, fût-ce une épingle, car ce serait une indiscrétion grossière. Je commis une impertinence de ce genre dès mon arrivée à Palma, et je crois bien que je ne m’en relèverai jamais dans l’esprit du marquis de ***. ”
George Sand,
Voyage à Majorque : George Sand illustré par Tony Johannot et Maurice Sand
“ Palma fut déclaré en état de siége, et toutes les forces militaires de l’île furent mises sur pied. Cependant rien ne parut, aucun buisson ne bougea, aucune trace d’un pied étranger ne s’imprima, comme dans l’île de Robinson, sur le sable du rivage. L’autorité punit le pauvre prêtre de l’avoir rendue ridicule, et, au lieu de l’envoyer promener comme un visionnaire, l’envoya en prison comme un séditieux. Mais les mesures de précaution ne furent pas révoquées, et, lorsque nous quittâmes Majorque, à l’époque des exécutions de Maroto, l’état de siége durait encore. ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Palma possède une école de dessin, ajoute M. Laurens, qui a déjà formé, dans notre dix-neuvième siècle seulement, trente-six peintres, huit sculpteurs, onze architectes et six graveurs, tous professeurs célèbres, s’il faut en croire le Dictionnaire des artistes célèbres de Majorque, que vient de publier le savant Antonio Furio. J’avoue ingénument que pendant mon séjour à Palma je ne me suis pas cru entouré de tant de grands hommes, et que je n’ai rien vu qui me fît deviner leur existence... ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Le palais dont Palma se glorifie le plus est celui du comte de Montenegro, vieillard octogénaire, autrefois capitaine général, un des personnages de Majorque les plus illustres par la naissance et les plus importants par la richesse. ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Avec le peu de frais où se mettent les Majorquins pour entretenir leurs routes, ils ont l’avantage d’avoir de ces routes-là à discrétion. On n’a que l’embarras du choix. J’ai fait trois fois seulement la route de la Chartreuse à Palma, et réciproquement ”
Alphonse Roswag, Nouveau guide du touriste en Espagne et en Portugal… (1879)
“ Ile Majorque. Palma, située dans l'île Majorque, est le cheflieu de la province formée avec les îles Baléares; c'est une ville, aux rues étroites, qu'entoure un riant paysage formé par des bois et des jardins. On y trouve des édifices remarquables, parmi lesquels nous mentionnerons d'abord: la Lonja ou ancienne Bourse, bel et somptueux édifice dans le style ogival, commencé en 1426 et terminé vingt-deux ans plus tard, qui possède une salle remar- ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Destinée jadis aux réunions des marchands et des nombreux navigateurs qui affluaient à Palma, la Lonja témoigne de la splendeur passée du commerce majorquin ; aujourd’hui elle ne sert plus qu’aux fêtes publiques. Ce devait être une chose intéressante de voir les Majorquins, revêtus des riches costumes de leurs pères, s’ébattre gravement dans cette antique salle de bal ”
Jean-Baptiste-Auguste Bertrand, Mémoires de l'abbé Bertrand, de Chaumont… (1880)
“ Aussi les officiers et les marins qui visitèrent Palma furent-ils traités avec les témoignages de la plus sincère cordialité. V. — Palma, capitale des îles Baléares et chef-lieu de l'île Majorque, est située au pied d'une colline, sur les bords de la mer- Elle a été fondée en l'an 123 avant Jésus-Christ, selon les uns, en l'an 58, selon les autres, par Cœcilius-Metellus, consul romain, après qu'il eut fait la conquête de ces îles, d'où il prit le nom de Balearicus. Cette ville a une population de trente-cinq mille âmes. Les rues sont étroites avec balcons en saillie. ”
Les évasions célèbres : d'après les récits des historiens… (1902)
“ Palma est le chef-lieu de l'île de Majorque et de tout l'archipel des Baléares. Nous nous étions munis de la corde ou tresse dont j'ai parlé pour servir à fixer la chaloupe sur le rivage. Il fut arrêté que, l'un des bouts restant à cet effet aux mains de nos camarades, Rozier attacherait l'autre à la chaloupe pendant que je couperais le câble qui l'amarrait et que, ces deux opérations terminées, nous en préviendrions ceux du rivage par un fort mouvement imprimé à la corde, ce qui serait pour eux le signal de tirer. ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ II. Les trois principaux édifices de Palma sont la cathédrale, la Lonja (bourse) et le Palacio-Real. La cathédrale, attribuée par les Majorquins à don Jaime le Conquérant, leur premier roi chrétien et en quelque sorte leur Charlemagne, fut en effet entreprise sous ce règne, mais elle ne fut terminée qu’en 1601. Elle est d’une immense nudité ; la pierre calcaire dont elle est entièrement bâtie est d’un grain très-fin et d’une belle couleur d’ambre. ”
George Sand,
Voyage à Majorque : George Sand illustré par Tony Johannot et Maurice Sand
(1868)
“ Ce fut don Louis de Prades, évêque de Mallorca, camerlingue du pape Benoit XIII (l'anti-pape Pierre de Luna) , qui écrivit, en 1412, aux jurats de Valence une lettre pour implorer l'assistance apostolique de maître Vincent, et qui, l'année suivante, l'attendit à Barcelone et s'embarqua avec lui pour Palma. Dès le lendemain de son arrivée, le saint missionnaire commença ses prédications et ordonna des processions de nuit. La plus grande sécheresse régnait dans l'île; mais au troisième sermon de maître Vincent, la pluie tomba. ”
George Sand,
Voyage à Majorque : George Sand illustré par Tony Johannot et Maurice Sand
(1868)
“ A Palma, il faut être recommandé et annoncé à vingt personnes des plus marquantes, et attendu depuis plusieurs mois, pour espérer de ne pas coucher en plein champ. Tout ce qu'il fut possible de faire pour nous, ce fut de nous assurer deux petites chambres garnies, ou plutôt dégarnies, dans une espèce de mauvais lieu. où les étrangers sont bien heureux de trouver chacun un lit de sangle avec un matelas douillet et rebondi comme une ardoise, une chaise de paille, et, en fait d'aliments, du poivre et de l'ail à discrétion. ”
Alfred Germond de Lavigne,
Espagne et Portugal, par A. Germond de Lavigne…
(1890)
“ Le ciel de celle ville est beau, mais l'air en est vicié par les miasmes qui se dégagent des marais voisins. On n'est pas d'accord sur son origine ; d'après les uns, elle aurait été fondée par les Romains; d'après les autres, elle n'aurait commencé à exister, du moins comme ville de quelque importance, qu'à l'époque de la conquête de l'île par les Aragonais, au XIIIe s. On n'y trouve aucun monument qui justifie la première de ces opinions. Longtemps elle a été riche et florissante ; elle a disputé à Palma le titre de capitale de l'île de Majorque ”
J.-M. Guardia, Revue des Deux Mondes
“ Avant le fameux décret du 12 août 1835, Majorque comptait trente congrégations, dont quatorze à Palma. Aujourd’hui, il n’y a pas un moine dans toute l’Ile, et les communautés : de religieuses se trouvent réduites à un petit nombre. ”
