“ Majorque jouit, au contraire, d’un climat tiède et bienfaisant. Elle s’étale sous le soleil, souriante et ravie, et la brise légère, qui, par instant, passe sur elle, est tout embaumée des senteurs des fleurs et rafraîchie par les flots qui, doucement enlacent l’île charmeuse d’une ceinture mouvante d’un bleu de rêve. Le voyageur que la fortune amie dirige vers ces îles peut les parcourir de nuit et de jour sans redouter de fâcheuses rencontres. Pas un malfaiteur ne l’attaquera sur sa route, dans les lieux les plus écartés ”
Îles Baleariques
Définition et enjeux
Citations sur “Îles Baleariques”
Grand dictionnaire national illustré d'histoire et de géographie… (1879)
“ BALÉARES (îles) ; groupe d'îles à 54 milles (22 lieues) du cap Saint-Martin dans le royaume de Valence, et dans la direction du S.-O. au N.-E. L'étymologie la plus vraisemblable du mot Balearia est le mot grec ballein, lancer, parce que les habitants de ces îles se servaient du javelot et de la fronde avec une adresse admirable. Les Grecs leur donnèrent d'abord le nom de Gymnésies, parce que les indigènes marchaient nus. Ce groupe se compose de quatre îles principales : Ivica et Fromen- BAL tara, Majorque et Minorque, et d'un grand nombre d'îlots. ”
Henri de Régnier,
Escales en Méditerranée
“ J’ai écouté le Magicien. À l’heure où sonne la cloche du départ et où gémit la sirène, je suis monté à bord du bateau qui, chaque soir, quitte le quai où il est amarré pour accomplir en douze heures la traversée de Barcelone à Palma de Mallorca, capitale de la plus grande des îles Baléares. La nuit était belle et la mer mouvante d’une houle légère. Je respirais avec délices l’air salin et j’obéissais de tout mon corps au rythme du roulis. ”
Jules Lacroix de Marlès, Gustave, ou le Jeune voyageur en Espagne… (1857)
“ L'île de Cabrera qui, avec celle de Majorque et celle de Minorque, forme le groupe des Baléares, les Iles Fortunées des anciens, n'offre qu'un sol rocheux qui n'a pour habitants que quelques pêcheurs qui n'y passent pas même l'hiver. ”
Jan Hendrick van Boudyck Bastiaanse, Voyage à la côte de Guinée, dans le golfe de Biafra… (1853)
“ A mon avis, n'est-ce pas en quelque sorte une flétrissure à la gloire de la France, que ces îles, voisines des côtes de ce pays, qui par leur proximité semblent appartenir à l'état naturel de sa position géographique, soient encore entre les mains d'une puissance étrangère, comme aussi n'est-ce pas une honte pour l'Espagne que Gibraltar appartienne à une autre puissance? Mais tant que les Anglais étendront leur domination sur la mer, il sera bien difficile de se rendre maître de ces divers points. ”
Édouard Cat,
Découvertes et explorations du XVIIe au XIXe siècle…
“ Les Espagnols et les Portugais avaient, dès le commencement du XVIe siècle, navigué dans ces régions que baigne la mer appelée tantôt « Océan Pacifique » tantôt « Mer du Sud ». Au temps de Magellan, de longues contestations et des luttes à main armée avaient eu lieu au sujet des îles à épices ou Moluques, puis l'Espagne avait, pour de l'argent, renoncé à ses prétentions. Mais les Moluques n'étaient que l'annonce et la partie avancée de l'Océanie, et de proche en proche, pendant une durée de deux siècles, les navigateurs des diverses contrées de l'Europe, découvriront des îles nouvelles. ”
Élisée Reclus,
Nouvelle géographie universelle…
(1876)
“ Il est vrai que les habitants des îles ne sont pas les seuls auxquels on doive attribuer le mérite de cette bonne tenue des terres. Au commencement du siècle, pendant que la guerre étrangère ravageait la Péninsule, et depuis, pendant que cristinos, carlistes ou combattants de quelque autre parti se disputaient la possession de l'Espagne, nombre de Catalans laborieux ont émigré dans les îles pour y trouver la paix et le bien-être: ils se sont établis surtout dans la partie centrale de Majorque, aux environs d'Inca. ”
Jules Goury du Roslan, Essai sur l'histoire économique de l'Espagne (1888)
“ L'art de la navigation ne cessa plus dès lors de se développer. Les guerres maritimes que les Catalans soutinrent aux treizième, quatorzième et quinzième siècles contre des ennemis puissants, les escadres importantes qu'ils mirent à la disposition des rois d'Aragon pour la conquête des îles Baléares, de Naples, de la Corse et de la Sicile, et les expéditions qu'ils entreprirent en Grèce, en Syrie et en Barbarie, tout cela montre que Barcelone avait atteint un haut degré de prospérité navale. ”
Jean-Baptiste-Auguste Bertrand, Mémoires de l'abbé Bertrand, de Chaumont… (1880)
“ Aussi les officiers et les marins qui visitèrent Palma furent-ils traités avec les témoignages de la plus sincère cordialité. V. — Palma, capitale des îles Baléares et chef-lieu de l'île Majorque, est située au pied d'une colline, sur les bords de la mer- Elle a été fondée en l'an 123 avant Jésus-Christ, selon les uns, en l'an 58, selon les autres, par Cœcilius-Metellus, consul romain, après qu'il eut fait la conquête de ces îles, d'où il prit le nom de Balearicus. Cette ville a une population de trente-cinq mille âmes. Les rues sont étroites avec balcons en saillie. ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Dans toutes les géographies descriptives que j'ai consultées, j'ai trouvé à l'article Baléares cette courte indication que je confirme ici, sauf à revenir plus tard sur les considérations qui en atténuent la vérité: «Ces insulaires sont fort affables (on sait que, dans toutes les îles, la race humaine se classe en deux catégories: ceux qui sont anthropophages et ceux qui sont fort affables) . Ils sont doux, hospitaliers; il est rare qu'ils commettent des crimes, et le vol est presque inconnu chez eux.» ”
Louis Jacolliot,
La Cité des sables. El Temin, par Louis Jacolliot…
(1877)
“ La manœuvre réussit au gré de ses désirs, et le lendemain matin les navires qui se trouvaient à l'ancre ne furent pas peu étonnés de voir l'Yvonne mouillée à quelques encâblures d'eux. Majorque, en espagnol Mallorca, est une des plus belles îles de cette Méditerranée, qui renferme un aussi grand nombre de ces parcelles de terre entourées d'eau qui pour la plupart sont de véritables nids de verdure et de fleurs ; elle possède environ cent quatre-vingt mille habitants, et Palma, sa capitale, en compte, à elle seule, quarante mille. ”
Paul Marès, Catalogue raisonné des plantes vasculaires des îles Baléares… (1880)
“ Les notes que nous donnons plus loin (p. 339) « pour quelques excurtions botaniques dans les Baléares » permettent à chacun de suivre avec facilité et selon ses désirs, le peuplement détaillé des diverses parties de ces îles; nous n'avons donc pas à nous étendre davantage sur ce sujet, mais nous le compléterons par la description de ce que nous avons nommé la zone baléarique (1) , dont la présence est si caractérisée et si caractéristique, principalement à Majorque. ”
Ch. Davilliers, L'Espagne par le baron Ch. Davilliers… (1874)
“ La quinta d'Alfabia. – Le château de Raxa : un musée d'antiquités rômaines. – Le plateau d'Aumalluch. – Le Gorch Blau. – Pollenza. – Alcudia. – Le Port-Mahon. – L'île de Minorque. – Arta et ses grottes. – Les Clapers del Gegans et les Talayots. – Manacor. – Felanitx et ses vases d'argile. – Llumayor. I II y a dans la Méditerranée, non loin de la côte orientale d'Espagne, à distance égale de Marseille et d'Alger, un petit groupe d'îles, les Baléares, pays bien rarement visité par les touristes, et que beaucoup de personnes ne connaissent que de nom. Les îles Baléares offrent cepen¬ ”
Alphonse Roswag, Nouveau guide du touriste en Espagne et en Portugal… (1879)
“ Ile Majorque. Palma, située dans l'île Majorque, est le cheflieu de la province formée avec les îles Baléares; c'est une ville, aux rues étroites, qu'entoure un riant paysage formé par des bois et des jardins. On y trouve des édifices remarquables, parmi lesquels nous mentionnerons d'abord: la Lonja ou ancienne Bourse, bel et somptueux édifice dans le style ogival, commencé en 1426 et terminé vingt-deux ans plus tard, qui possède une salle remar- ”
Élisée Reclus,
Nouvelle géographie universelle…
(1876)
“ Entre Formentera et Ibiza, les grands navires trouvent un excellent abri.Le climat des Pytiuses est tout particulièrement salubre. Les insulaires, encore bien ignorants des lois de la dispersion des espèces, attribuent à la pureté de l'atmosphère locale l'absence complète des serpents et de tous autres reptiles: aucun poison, disent-ils, ne peut naître dans leur île fortunée. D'ailleurs toutes les Baléares, comme la plupart des autres îles éloignées du continent, ont une faune naturelle plus pauvre que celle de la grande terre. ”
Georges Bernard Depping, Dictionnaire géographique de l'Espagne et du Portugal… (1829)
“ MAJORQUE , en espagnol Mallorca , la plus grande des îles Baléares , située entre 0 et, 1e de longitude et 39 et 40° de latitude, a 18 l. de long sur 14 ou 15 de large, 48 l. de tour et 112 l. carrées de surface. Une chaîne de montagnes la traverse du sud-est au nordouest; la partie enveloppée par ce rideau de montagnes, et abritée contre le vent du nord, a un climat extrêmement doux, sous lequel prospèrent, dans un sol naturellement fertile, les oliviers, mûriers, figuiers, amandiers , les céréales, les dattiers, limoniers, citroniers, orangers, câpriers, les vignes, le lin, chanvre et safran ”
Vladimir Karenin, George Sand, sa vie et ses œuvres
“ Au commencement d’octobre encore George Sand écrivait au major Pictet qu’elle projetait de passer quelques mois en Italie, mais bientôt le but du voyage fut changé et les îles Baléares élues pour lieu de séjour, parce que les deux frères Marliani, Manuel et Enrico, leur ami M. Valdemosa, dont les parents habitaient Majorque, et un autre ami des Marliani encore, Mendizabal, homme politique espagnol très connu, exaltaient tous le climat, les beaux sites de la Balearis Major et l’hospitalité des insulaires. ”
Jean-François-Nicolas Loumyer, Moeurs, usages et costumes de tous les peuples du monde… (1843-1844)
“ Ces îles sont situées entre 590 6' et 40° 5' de latitude nord, et entre 0° 2' et 4° 50'de longitude est. Les Grecs les appelaient Gymnesiœ, parce que leurs habitants allaient nus; ils les nommèrent aussi Baléares, du mot grec /, qui signifie lancer, à cause de l'habileté des habitants à manier la fronde. Ces îles sont au nombre de cinq : Majorque, Minorque, Iviça, Formentera, Cabrera. Elles formèrent une subdivision de la couronne d'Aragon; elles composent maintenant la province de Palma. Les villes les plus considérables sont : Palma, Mahon et Iviça. Le climat est tempéré et sain. ”
Adolphe de Chesnel, Dictionnaire des merveilles et curiosités de la nature et de l'art… (1853)
“ Le bassin occidental de cette Méditerranée baigne les côtes de l'Espagne de la France, de l'ltalie, de la régence de Tunis, de l'Algérie et du Maroc. Les grands ports situés sur cette partie, sont Carthagène et Barcelone, en Espagne Port-Mahon, dans les îles Baléares; Port-Vendre Celte Marseille et Toulon, en France Gênes, 1,ivourne, Civita-Vecchia et Naples, en Italie; Palerme et Messine, en Sicile Tunis Alger, Oran et Tanger sur la côte d'Afriquc. On y trouve les îles Baléares, à l'est do l'Espagne; les îles d'Hyères et de Lérins sur les côtes de Provence ”
Edmond Jurien de La Gravière,
Les corsaires barbaresques et la marine de Soliman le Grand
(1887)
“ Fallait-il appeler ces deux cents vaisseaux à Palma? L'Empereur jugea la chose parfaitement inutile. Partant au même moment des îles Baléares, les portions de la flotte arriveraient très-probablement à la fois en vue de la côte africaine; la traversée n'en serait que plus sûre, si on les laissait cingler séparément vers Alger. Cinq cent seize voiles couvrent un vaste espace de mer : pourquoi s'imposer la tâche, puisque l'intervention d'une flotte ennemie n'était pas à craindre, de plier aux mêmes allures des galères et des navires de transport? ”
Ramón de la Sagra,
Voyages en Europe
(1855)
“ L'Espagne a an nord l'océan Atlantique et les Pyrénées, qui la séparent de la France; à l'est, la Méditerranée au sud, le détroit de Gibraltar et l'océan Atlanlique à l'ouest, le Portugal. Sa superficie est de 23,500 lieues. Les îles Baléares, qui dépendent de l'Espagne, laissent entre elles et la côte de la Méditerranée un canal de 35 à 10 lieues de large. Les iles Canaries qui dépendent aussi de l'Espagne, se rattachent à la côte occidentale d'Afrique. ”
Alfred Germond de Lavigne,
Espagne et Portugal, par A. Germond de Lavigne…
(1892)
“ Les femmes ont les yeux noirs et grands, les extrémités petites, la taille bien prise, et, dit-on, toute l'ardeur du tempérament africain. Les riches et les bourgeois ont adopté le costume européen; les femmes et les paysans paysans seuls restés fidèles aux vieilles traditions. Palma, V. de 65 480 hab., capitale de Majorque, siège d'un évêché suffragant de Valence, et résidence du capitaine général des iles Baléares, s'élève en amphithéâtre au fond d'une baie, qui a 20 kil. de large, entre le cap Cala-Figuera et le cap Blanco, et 25 kil. de profondeur. ”
Victor Bérard, Les phéniciens et l'Odyssée. Tome 1 (1902)
“ Les archipels de la mer Occidentale doivent avoir sept îles : « certains veulent que les Baléares soient au nombre de sept.... Mais Strabon n'en mentionne que deux 5 »; les Baléares en réalité sont au nombre de quatre grandes îles avec une multitude de rochers. Les Lipari sont au nombre de huit ou dix îlots, ce qui n'empêche pas les Anciens de parler toujours des sept îles Éoliennes. Toute l'antiquité savait que les Baléares étaient une colonie phénicienne et l'Odyssée nous montrera dans l'île d'Éole une station des Sémites. ”
Mme E. Roy, Livre-atlas de géographie. Livre-atlas de géographie… (1906)
“ Les îles Baléares, en face de la Catalogne, sont bien cultivées et renferment une population dense et active. Palma, dans l'île Majorque, est un bon port; Mahon, dans Minorque, est une excellente position maritime. Les habitants de Minorque émigrent vers l'Algérie. Les provinces de Valence et de Murcie renferment de riches plaines d'alluvions (huertas) , fertilisées par l'irrigation ; on y cultive l'oranger, l'olivier, le citronnier, le cédrat, le mûrier, la vigne, le riz, le maïs, et même le cotonnier, l'aloès, le palmier. Valence (213000 hab.) ”
Léon Ville, Aventures d'un numismate (1901)
“ LES SUITES D'UNE RELACHE AUX BALÉARES ES îles Baléares se rattachent sous-marinement à la péninsule espagnole. Par les conditions géographiques, aussi bien que par le déve- loppement de l'histoire, elles sont une dépendance naturelle de Valence et de la Catalogne. Du cap de la Mao vers Ibiza (lviça) , et d'Ibiza vers Mayorque et Minorque, s'avance entre les abîmes de la Méditerranée un plateau de hautsfonds qui semble indiquer l'existence d'une ancienne terre de jonction. La direction de cet isthme sous-marin est la même que celle des montagnes de Murcie et de Valence. ”
Paul Marès, Catalogue raisonné des plantes vasculaires des îles Baléares… (1880)
“ Végétation. — En approchant des Baléares, on voit sur leurs côtes de nombreux Pins d'Alep : les collines, les plage?, en sont parsemées; ils croissent aussi dans les anfractuosités et sur les flancs inaccessibles des rochers à pic de l'immense écueil que présente, au N. 0., la chaîne principale de Majorque, mais ils ne dépassent guère l'altitude de 600 à 700 mètres. Dans l'intérieur de l'île, dans les lieux où la terre est pauvre et argileuse, dans certaines garigues à sol argilo-marneux jaunâtre, on trouve encore ces Pins que la culture tend à faire disparaître peu à peu. ”
Paul Lefort, Espagne et Portugal, par Paul Joanne… (1906)
“ Les Baléares sont avant tout des terres pastorales. habitées par un peuple d'agriculteurs et de marins, et elles n'ont d'autres industries que celles qui utilisent les produits des îles. Les oranges, les figues, les amandes, les caroubes et surtout les abricots de Palma donnent lieu à une exportation assez considérable de fruits secs et de fruits confits. ”
Émile Decaisne,
Guide médical et hygiénique du voyageur
(1864)
“ Les îles Baléares, dit M. Brochard, présentent de nombreux avantages pour les personnes atteintes de phthisie pulmonaire. La ville de Palma, à Majorque, me paraît réunir les meilleures conditions; elle est située au fond d'une baie ouverte du côté du sud ”
François-René de Chateaubriand,
Chateaubriand illustré : mélanges
(1835-1850)
“ Nous cinglons à travers l'écume houleuse de l'Océan : les baleines effrayées plongent au fond de l'abîme, les îles fuient; elles s'abaissent tour à tour derrière nous sous l'onde, et Duthona sort peu à peu devant nous du sein des flots. Les vagues roulantes et élevées nous en dérobent de temps en temps la vue. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie complète et universelle…
(1856)
“ Canaria, les Canaries; l'île Fortunée. Puis les îles britanniques: Anglie, Walha (Galles) , Hibemia (Irlande) , la Scotie (Ecosse) , et l'île de Man. Puis viennent la Norvège et l'Islande qui se touchent, et le Danemark, Dacia, qui forme une île. Cette carte est cognée-, l'Océan, la Méditerranée et les fleuves y sont peints en vert noir uni. Les limites des contrées entre elles sont représentées par des petites lignes vermillonnées. L'orient est qu haut de la carte ; Adam et Ève y sont représentés dans l'Inde ; le sud est à droite, le nord à gauche, et le couchant au bas de la carte. ”
