J.-M. Guardia

Résumé

J.-M. Guardia Revue des Deux Mondes

L’autonomie est perdue, la nationalité absorbée, la langue compromise. La principauté de Catalogne n’est plus qu’une province de l’Espagne. De ses comtes, de ses princes, de ses rois, de ses privilèges, de ses franchises municipales, elle ne garde qu’un vague et amer souvenir. Comme la civilisation jadis florissante du Midi, elle a été vaincue, après des luttes mémorables et une résistance héroïque. Voilà de quoi inspirer un grand poète ou un grand historien ; voilà les sources vives de l’histoire et de la littérature nationales, de la poésie qui cherche la vérité dans la réalité.
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J.-M. Guardia Revue des Deux Mondes

« Si je m’élève de la terre, j’emporterai tout avec moi, » et les persécutés répétaient en allant au supplice les mots du même évangéliste : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous connaîtra, et vous serez vraiment libres. » Ainsi les deux partis invoquaient également l’Évangile ; mais ce fut le premier qui triompha. L’inquisition, devenue l’idéal politique de l’Espagne, étouffa le germe de la vérité, le principe de la liberté, raffermit le règne de l’autorité sur la conscience, et à ce prix rétablit le calme et l’uniformité religieuse.
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J.-M. Guardia Revue des Deux Mondes

On y trouvera la preuve, nous l’espérons, que la victoire de l’inquisition a été toute matérielle, et que la tentative des réformateurs espagnols n’a pas été entièrement stérile. L’inquisition n’a fait en définitive qu’exclure par la terreur l’esprit de réforme du domaine religieux ; elle n’a pu empêcher le mouvement de libre pensée que représentent hors du pays les réformés espagnols échappés au supplice, et qu’on peut suivre en Espagne même, dans la littérature, jusqu’à l’avènement de Philippe IV, c’est-à-dire jusqu’au moment où s’éteint la forte race du XVIe siècle.
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