Résumé

Jules Morel Inquisition et libéralisme : avis doctrinal soumis à MM. Louis Veuillot… (1857)

C'est une injustice absurde d'exiger d'un législateur qu'il se mette tout à fait en dehors et au-dessus des idées du temps où il vit. Quand une loi apparaît conforme à l'esprit du peuple qu'elle doit régir, nul n'a le droit de la condamner absolument, surtout lorsque, comparée aux institutions contemporaines du même ordre, elle leur est visiblement supérieure. Tel est précisément le cas de l'Inquisition politique du xve et du xvie siècle. Ce qu'Isabelle et Ferdinand avaient fait en Espagne, les Luthériens et les Calvinistes le firent en Allemagne, un demi-siècle plus tard.
Source : Gallica

Jules Morel Inquisition et libéralisme : avis doctrinal soumis à MM. Louis Veuillot… (1857)

Pardon, il dissimule, car il n'est nullement douteux que Ximénès n'en soit pas l'auteur, et qu'il rejetterait bien loin de lui l'honneur des principes qu'on voudrait lui prêter. A quelle illusion conduit le libéralisme au-delà comme en deçà du Rhin !
Mais, me direz-vous, si le tribunal de la sainte Inquisition est le tribunal de Dieu, si l'on ne peut toucher à ses lois sans blesser l'honneur de Dieu, si la cause de Dieu resterait sans défense au cas qu'on y touchât, d'où vient que Sixte IV et Léon X aient été si mal disposés à son égard, de l'aveu de Ximénès lui-même? La réponse est simple.
Source : Gallica

Jules Morel Inquisition et libéralisme : avis doctrinal soumis à MM. Louis Veuillot… (1857)

L'Inquisition suppose que l'Espagne était un monastère comme l'Angleterre est une manufacture, et chaque citoyen un religieux, comme chaque manœuvre anglais un ilote, et chose inouïe, la nation espagnole s'est trouvée digne de cet honneur! Tous avaient fait à la conservation de la foi catholique le sacrifice de toutes les choses du temps. Chacun répétait dans son cœur ce vœu héroïque : Si je deviens hérétique, je consens à perdre mes honneurs, mes droits, mes biens, mes affections, ma vie, ma postérité. Jamais aucun peuple n'a consenti à mettre à un si grand prix sa religion.
Source : Gallica

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