Camille Périer, Meryem, scènes de la vie algérienne… (1863)
“ Si quelqu'un peut avoir vu Meryem, c'est toi. — Je ne l'ai point vue, El-Romari, et je crois que tu ne la reverras jamais, répondit le Kaïd, grave et calme. El-Romari ne s'étonna pas, ne pâlit pas, ne fit pas un geste, ne poussa pas un cri : il ne tremblait plus, il riait. — Est-ce qu'on peut se séparer de son âme? ditil; est-ce qu'on oublie sa soeur? Sidi-Hamza, tu n'aimais pas Meryem, sans cela tu saurais ce qu'elle est devenue!... Ceci fut accompagné d'une ironie profonde, fine, mais sourde : car la colère grondait dans la poitrine du chérif et étranglait sa voix dans sa gorge. ”
