Méryem

Définition et enjeux

Camille Périer Meryem, scènes de la vie algérienne… (1863)

Si quelqu'un peut avoir vu Meryem, c'est toi.
— Je ne l'ai point vue, El-Romari, et je crois que tu ne la reverras jamais, répondit le Kaïd, grave et calme.
El-Romari ne s'étonna pas, ne pâlit pas, ne fit pas un geste, ne poussa pas un cri : il ne tremblait plus, il riait.
— Est-ce qu'on peut se séparer de son âme? ditil; est-ce qu'on oublie sa soeur? Sidi-Hamza, tu n'aimais pas Meryem, sans cela tu saurais ce qu'elle est devenue!...
Ceci fut accompagné d'une ironie profonde, fine, mais sourde : car la colère grondait dans la poitrine du chérif et étranglait sa voix dans sa gorge.
Source : Gallica

Camille Périer Meryem, scènes de la vie algérienne… (1863)

Puis, regardant avec une pitié glacée les larmes de sa soeur, elle ajouta :
180 MERYEM
— Tu as raison, je ne suis qu'une sauvagesse; j'ai pris comme une vérité la croyance poétique à l'amour unique, aux liens indissolubles; toi, tues la femme civilisée, qui danse, pleure et aime à la fois sur une tombe ! Va, sois, heureuse, puisque tu as le coeur de l'être !
Et elle fit quelques pas pour se retirer ; mais Elise la suivit résolument et l'arrêta d'une main dont Meryem ne connaissait pas la forte étreinte.
— Tu te trompes, Meryem! protesta Elise avec fermeté.
Source : Gallica

Camille Périer Meryem, scènes de la vie algérienne… (1863)

Il embrassait Meryem, et des larmes de désespoir
tombaient sur sa rude moustache.
La pauvre victime restait insensible à ses caresses et à ses pleurs.
Elise, ranimée par les soins de sa mère, madame de Juilly, Georges et le capitaine, se groupèrent autour de Meryem et s'efforcèrent de la rappeler à la vie.
Au bout d'une demi-heure, elle ouvrit des yeux ternis, et, jetant sur tous un indicible regard, l'arrêta sur son fiancé, qui s'était agenouillé et répétait éperdu :
— Marie! Meryem!
— Ne pleure pas, lui dit-elle; peut-être vaut-il mieux...
La mort coupa sa voix.
Source : Gallica

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