Résumé

Georges Berger L'École française de peinture, depuis ses origines jusqu'à la fin du règne de Louis XIV… (1879)

N'allez pas au Louvre sans regarder le portrait de Poussin peint par lui-même à l'âge de cinquante-six ans, pour M. de Chantelou; ses traits sont d'une mâle régularité, son regard semble se fixer sous l'effort de la réflexion, et sa bouche serrée se refuse au sourire.
Son air glacé n'est cependant qu'un masque trompeur, car on sent que la vie anime cette rigidité d'expression ; on voit un sang généreux circuler dans ces chairs de marbre, comme on discerne un grand tempérament d'artiste à travers la froideur apparente des œuvres du maître.
Source : Gallica

Georges Berger L'École française de peinture, depuis ses origines jusqu'à la fin du règne de Louis XIV… (1879)

Les traits du personnage ont beau être vulgaires, ils prennent une expression indicible de perplexité douloureuse; le génie du peintre éclate malgré lui parce que son pinceau, guidé par une sensation intime et dominante, insuffle à la grossière image, fille de son habitude et de sa manière, la noblesse dont les secousses de l'âme illuminent parfois les visages auxquels la nature a refusé ses dons les plus précieux.
Simon Vouet aurait dû apprendre à dessiner comme Valentin, à manier comme lui les touches et les glacis du clair-obscur en leur donnant toutefois plus de transparence.
Source : Gallica

Georges Berger L'École française de peinture, depuis ses origines jusqu'à la fin du règne de Louis XIV… (1879)

Le portraitiste doit donc être à la fois naturaliste et interprète ; il doit faire vivre son modèle en face de lui, le faire causer, le regarder penser, et saisir, pour les fixer sur la toile, les éclairs de vie intérieure qui viennent illuminer son visage. La puissance de l'art éclate quand on compare, par exemple, un beau portrait à ces figures de cire qui, malgré la perfection plastique qu'on sait si bien leur donner, ont l'apparence de cadavres sur lesquels la vie aurait laissé tous ses symptômes physiques ; le pinceau du portraitiste a le privilège d'animer une apparence.
Source : Gallica

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