“ Les plus beaux ouvrages des arts sont ceux qui expriment la pure fantaisie de l’artiste : de là l’infériorité de l’École française en sculpture et en peinture, qui fait toujours passer l'étude du modèle avant l’expression du sentiment qui domine le peintre ou le sculpteur. ”
École française de peinture
Définition et enjeux
Citations sur “École française de peinture”
J. Bertrand, Revue des Deux Mondes
“ Plus savante et plus scrupuleuse dans l’évocation du passé, plus perspicace et plus exacte dans la figuration du présent, plus ouverte à toutes les manifestations de la vie, la peinture moderne, dont l’École française occupe le premier rang, peut soutenir la comparaison avec les grandes écoles de tous les temps et de tous les pays, car, tout en se renouvelant, elle a prouvé qu’elle était capable de progrès. ”
Charles Blanc,
Les Beaux-Arts à l'Exposition universelle de 1878
(1878)
“ Condamné à satisfaire les goûts capricieux de quelques riches amateurs, et privé des besognes illustres que lui commande le gouvernement, l'art statuaire serait infailliblement conduit à une décadence rapide, ou à rapetisser de plus en plus son domaine et la perfection de ses ouvrages. Mais comment se peut-il que l'École française, avec le seul appui de la Direction des beaux arts, demeure si forte en sculpture, se maintienne toujours à un niveau relativement élevé, et ne nous donne jamais le spectacle de l'affaiblissement dans lequel nous voyons, de temps à autre, tomber la peinture ? ”
Georges Berger, L'École française de peinture, depuis ses origines jusqu'à la fin du règne de Louis XIV… (1879)
“ Le premier soin de l'académie royale de peinture et de sculpture, a donc été l'introduction du modèle vivant dans les ateliers de son école ; elle institua ensuite des cours d'anatomie, de géométrie et de perspective. Ces trois sciences sont indispensables au peintre. ”
Georges Berger, L'École française de peinture, depuis ses origines jusqu'à la fin du règne de Louis XIV… (1879)
“ Les professeurs de l'académie royale, ainsi que je l'ai déjà dit, dessinaient sous les yeux de leurs élèves. Pendant les repos du modèle ou ceux que commandait la fatigue d'une forte application, on discutait, on échangeait des observations, on dissertait sur les meilleurs profits à tirer du dessin d'imitation. Le respect et l'amour de l'art s'étendaient jusqu'aux outils de son enseignement ; c'est ainsi que le bris du moulage d'un torse antique, pendant le déménagement nécessité par l'un des changements de domicile de l'Académie, fut déploré comme la perte d'un objet du plus grand prix ”
Gustave Larroumet,
Revue des Deux Mondes
“ Or un sujet n’existe, en peinture ou en sculpture, que lorsqu’il s’impose de manière visible, lorsqu’il appelle nécessairement certains aspects de forme et certaines combinaisons de couleurs. C’est donc la faculté de combiner des couleurs et d’imaginer des formes, qui constitue l’artiste. La touche et le faire sont tellement indispensables à l’exercice de cette faculté qu’un artiste ne mérite son nom que lorsqu’il possède, au point de vue de son métier, une originalité propre, dont l’excellence ou la distinction s’appellent talent ou génie. L’École française a souvent méconnu cette nécessité. ”
Georges Berger, L'École française de peinture, depuis ses origines jusqu'à la fin du règne de Louis XIV… (1879)
“ Les débuts de notre école nationale ont été à la fois trop universels et trop adonnés aux plus belles manifestations de la pensée ou de l'imagination par le pinceau, pour que nous n'ayons pas le devoir d'inscrire en tête de notre enseignement les recommandations les plus capables de ramener nos, jeunes artistes dans l'ancienne voie. ”
Georges Berger, L'École française de peinture, depuis ses origines jusqu'à la fin du règne de Louis XIV… (1879)
“ L'académie royale de sculpture et de peinture n'avait rien perdu en renonçant au monopole de l'enseignement ; son rang était acquis, et pendant le dix-septième siècle, elle accapara tous les grands talents au point que son histoire se confondit avec celle de notre peinture nationale ; il faut reconnaître toutefois que les professeurs respectèrent dans leurs leçons les lois de l'enseignement académique plus qu'ils ne le faisaient dans leurs œuvres courantes, auxquelles la mode imposait moins d'éclec- tisme, moins de respect de la tradition antique et plus de laisser aller fantaisiste. ”
Jacques Deseine, Notices historiques sur les anciennes académies royales de peinture… (1814)
“ A peine l'académie de peinture fut-elle renversée, qu'on publia, dans les journaux , qu'elle n'était qu'une société dégénérée, d'autant plus nuisible aux progrès des beaux-arts, qu'elle exerçait son despo- tisme sur le génie des artistes , en les obligeant d'adopter sa manière de voir et de sentir les arts. Peu de temps après, oubliant cette misérable calomnie, on annonça que la petite académie, qui venait de se former au sein de la quatrième classe de l'institut, se composait de l'élite des talens de l'école française ”
Georges Berger, L'École française de peinture, depuis ses origines jusqu'à la fin du règne de Louis XIV… (1879)
“ Je manquerais à mon devoir et je serais accusé d'oublier dans quel lieu j'ai l'honneur de parler, si je ne retraçais pas en quelques mots l'histoire de la fondation et du fonctionnement de l'académie royale de peinture et de sculpture. J'ai eu soin de signaler, dans le courant de mes premières leçons, la révolution artistique qui s'était pro- duite dès la fin du douzième siècle, à l'heure du réveil de notre société. Des dissidents avaient abandonné le cloître ; l'Art, devenu laïque entre leurs mains, s'était mis à chercher la variété et les libres allures. ”
Jean-Auguste-Dominique Ingres,
Galerie des contemporains
(1840)
“ Tout le monde sait que l'École française est aujourd'hui divisée en plusieurs camps. D'abord les deux génies rivaux de la peinture, le dessin et la couleur, sont en présence, personnifiés dans deux hommes éminents, qui diffèrent autant par leurs qualités que par leurs défauts. ”
Georges Berger, L'École française de peinture, depuis ses origines jusqu'à la fin du règne de Louis XIV… (1879)
“ La Convention décréta, l'année suivante, la formation de l'Institut, dont les Beaux-Arts formèrent une classe distincte, à partir de l'année 1803. Les trois sections de peinture, de sculpture et d'architecture étaient ainsi réunies en un corps, mais celui-ci avait été immédiatement scindé en deux parties : l'une qui resta dans les attributions de l'Institut concernait spécialement la discussion des questions d'art; l'autre prit le titre d'école des beaux-arts et fut particulièrement chargée de l'enseignement. ”
Paul Lorquet, Les maîtres d'aujourd'hui : la peinture française contemporaine (1901)
“ Sans doute les uns et les autres, par l'équilibre des qualités et la forte pondération qui caractérisent l'École classique, sont des artistes complets : ni les dessinateurs ne se désintéressent de la couleur, ni les coloristes ne négligent la forme et le modelé, et nous ne voyons pas chez eux les partis pris exclusifs dont se targuent les intransigeants des autres écoles. ”
Camille Mauclair,
Un siècle de peinture française…
(1930)
“ L'attitude de l'Ecole dans le siècle à l'égard des innovations. Scheffer, Baudry, Hébert, Couture, Cabanel, Bouguereau. Gérome, Bonnat, Lefebvre, Constant, Carolus-Duran. Situation actuelle de l'Ecole devant l'opinion. Avant d'examiner l'oeuvre et l'influence des peintres de l'Ecole, il sera utile d'exposer les principes généraux de ce que nous appelons indifféremment l'académisme, l'Ecole ou la peinture officielle : car ces principes datent de la seconde Renaissance et le XIXe siècle en a vu le désagrègement. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Les quelques peintres qui s’occupent de travaux décoratifs, de peinture de portraits, de sculpture ou d’architecture, pastichent aveuglément les productions de l’art européen. Les quelques tableaux envoyés à l’exposition de 1855, par des artistes nés en Amérique, nous ont appris d’ailleurs que l’école française possède à peu près seule le privilège de fournir des modèles au nouveau monde. ”
Georges Berger, L'École française de peinture, depuis ses origines jusqu'à la fin du règne de Louis XIV… (1879)
“ Nos contradicteurs étrangers attestent seulement que nous nous complaisons au foyer séculaire des écoles maîtresses dans la continuation et même la régénération desquelles notre dix-septième siècle, — la grande époque de notre peinture, — a été absorbée au point de ne pouvoir plus rien fonder d'individuel. ”
“ On pourra m’objecter que les peintres trouvent dans les académies la chaleur en hiver et un modèle. Le modèle pour un vrai peintre c’est la vie. De toute façon, vous voyez d’ici si le modèle professionnel est plus vivant que les plâtres que l’on copie à l’École des Beaux-Arts : mais les clients de l’académie Matisse se moquent des pompiers des Beaux-Arts ; pensez donc : ils font de la peinture avancée. ”
Théophile Lavallée, Histoire de Paris, depuis le temps des gaulois jusqu'en 1850 (1852)
“ Cette académie datait de 1391; elle fut réunie à l'académie royale de sculpture et de peinture en 1676; mais elle continua de subsister comme maîtrise des peintres, sculpteurs, graveurs et enlumineurs. Elle avait, depuis 1706, au-dessus de la chapelle, une école de dessin qui ne ressemblait guère à notre fastueuse école des beaux-arts, mais d'où, en revanche, sont sortis les meilleurs artistes du XVIlle siècle. ”
Ernest Chesneau,
La peinture française au XIXe siècle…
(1883)
“ En écrivant ce livre, mon premier livre, il y a vingt ans, je voulais retracer l'histoire de la peinture française dans la première moitié du XIXe, siècle, sous la forme vivement accentuée d'une série de monographies. Je voulais clore une période d'action déterminée qui, ayant accompli son mouvement jusqu'au bout, n'avait plus rien à donner. Je voulais, en évitant le pédantisme et l'ennui, écrire une œuvre d'ensei- gnement libre et sincère, à propos de ce siècle qui jusqu'à ce jour a été plus agité qu'il n'a été grand. ”
François Guizot,
Études sur les beaux-arts en général…
(1810)
“ Le soin que l'École actuelle donne aux formes, aux dépens de la couleur, prouve clairement qu'elle méconnoît le domaine particulier de la peinture, et qu'elle suit trop exclusivement les traces des statuaires, puisqu'elle oublie de s'appliquer à une partie de l'Art dont elle ne trouve pas et ne peut trouver chez eux le modèle. ”
École nationale supérieure des beaux-arts, Examen critique du rapport adressé à S. Exc… (1864)
“ On n'enseigne pas la peinture à l'École, tout simplement parce qu'on n'enseigne pas la couleur. On naît avec l'instinct, avec le sentiment de la couleur ; on n'a pas encore de règles bien précises pour faire un coloriste. M. le surintendant sera peut-être assez heureux pour trouver ce phénix des professeurs ; il serait en droit de se plaindre, s'il ne le rencontrait pas au milieu de tous ces théoriciens au plumage varié qui, du haut de leur chaire libre, doivent jeter sur l'enseignement de l'École un éclat incomparable. ”
Joseph Comyns Carr, L'art en France : musées & écoles des beaux-arts des départements (1887)
“ La tâche de ses professeurs n'est pas de former des peintres de tableaux. Lorsqu'un étudiant fait preuve d'une aptitude et d'une préférence marquées pour la recherche de l'idéal, soit en peinture, soit en sculpture, il est envoyé, quand les circonstances le permettent, à l'École des Beaux-Arts de Paris. Les forces et les ressources de l'école sont plus spécialement diri- gées vers l'étude de l'art décoratif, vers celui principalement qui se rapporte à la fabrication céramique. ”
Ernest Chesneau,
Le décret du 13 novembre et l'Académie des beaux-arts…
(1864)
“ N'est-il pas extraordinaire que, dans une Ecole où les peintres sont en majorité, il n'y ait point de professeur de peinture ? Ne serait-il pas nécessaire cependant que les élèves apprissent de quels procédés se sont servis les grands maîtres qu'on leur propose pour modèles? ”
Ernest Chesneau,
La peinture française au XIXe siècle…
(1883)
“ Le romantisme s'est permis toutes les folies. Il représente le triomphe absolu de l'imagination sur la raison ; mais ses excès ne doivent pas nous faire oublier les services qu'il a rendus en forçant les peintres à rapprendre leur métier, en ressuscitant parmi eux l'étude et le goût des combinaisons de lumière et de couleur. Il a laissé en outre des œuvres qui feront époque. La Naissance de Henri IV, le Colloque de Poissy, les peintures des deux bibliothèques du PalaisBourbon et du Luxembourg resteront dans l'avenir à l'honneur de l'école française au XIXe siècle. ”
Charles Blanc,
Les artistes de mon temps
(1876)
“ Toute une poésie nouvelle venait de naître dans cette école française qui avait été jusque-là si peu coloriste, si peu jalouse des ressources matérielles de la peinture. Et cependant, l'expression ainsi obtenue par Delacroix s'adressait à l'âme autant qu'aux yeux. Ce n'était pas seulement une beauté optique ,r c'était une beauté émouvante et de l'ordre le plus élevé, qui était produite par ces colorations superbes. En ce premier ouvrage le jeune artiste s'était révélé à lui-même son génie. ”
Gustave Planche,
Portraits d'artistes : peintres et sculpteurs…
“ Les jeunes gens qui cultivent l’une de ces deux branches de l’art sont obligés de choisir un professeur hors de l’école, ou du moins, s’ils le trouvent à l’école parmi les professeurs de dessin, ce n’est pas dans l’enceinte même de l’école qu’ils apprennent de lui la pratique de la peinture et de la statuaire. ”
Ernest Chesneau,
Le décret du 13 novembre et l'Académie des beaux-arts…
(1864)
“ L'École des Beaux-Arts, il est vrai, n'a pas d'école de peinture proprement dite, elle n'enseigne que le dessin ; mais le dessin est tout, c'est l'art tout entier. Les procédés matériels de la peinture sont très-faciles et peuvent être appris en huit jours; par l'étude du dessin, par les lignes, on apprend la proportion, le caractère, la éonnaissance de toutes les natures humaines, de tous les âges, leurs types, leurs formes et le modelé qui achève la beauté de l'œuvre. ”
Albert Robida,
Le vingtième siècle
“ La vieille école des Beaux-Arts, regardée comme l’asile des antiques préjugés, fut supprimée et, à sa place, l’État fonda sur des bases nouvelles et scientifiques, à côté des Facultés de droit et de médecine, une troisième Faculté, la Faculté de peinture et de sculpture, qui eut pour mission de lancer la jeunesse artistique dans la voie de l’art nouveau. ”
Ernest Chesneau,
La peinture française au XIXe siècle…
(1883)
“ L'école française n'est pas arrivée en un moment à cet état de trouble et de dispersion. Il n'y a pas eu révolution subite, les transitions ont été lentes et insensibles. Dans le bleu limpide et sans orages qui couvrit de son dais pacifique les longues manifestations de David et de ses imitateurs, les nuages venaient poindre un à un, à distance; ce n'est que par une timide progression qu'ils se sont rapprochés et amoncelés de manière à voiler de leur cortège tumultueux cette sérénité imposante. ”
Ernest Chesneau,
Le décret du 13 novembre et l'Académie des beaux-arts…
(1864)
“ L'École impériale et spéciale des Beaux-Arts est consacrée à l'enseignement de la peinture, de la sculpture, de l'architecture, de la gravure en taille-douce et de la gravure en médailles et pierres fines. ”
Théodore Gosselin,
Histoire anecdotique des Salons de peinture depuis 1673
(1881)
“ L'Académie a toujours été persuadée qu'elle ne pouvait mieux faire connaître son application et son zèle pour la perfection des beaux-arts, qu'en exposant de temps en temps quelques morceaux de peinture et de sculpture faits par les Académiciens qui la composent. ”
Étienne Parrocel,
Annales de la peinture
(1862)
“ En 1751, les diverses classes de cette Académie étaient fréquentées par deux cents élèves de toute profession ; ce n'était pas seulement des jeunes gens se destinant à exercer la peinture, la sculpture et l'architecture, mais menuisiers, charpentiers, maçons, bijoutiers, horlogers, serruriers, tous venaient puiser à cette école une émulation nouvelle et ce goût et ce jugement que donne l'étude du dessin. ”
Charles Ernest Beulé,
Causeries sur l'art
(1867)
“ L'Académie émettait alors le vœu qu'on créât une chaire d'histoire et de littérature comparée, à l'École des beaux-arts, qu'on y établît une école de gravure en taille-douce, qu'on y fondât une école pratique, mais supérieure, de peinture et de sculpture, qui satisfaisait aux besoins du temps avec plus de mesure que le système des triples ateliers Ces progrès, réalisés aujourd'hui avec une exagération qui peut les compromettre, n'eût-il pas été juste d'en rapporter l'initiative à l'Académie? ”
Camille Mauclair,
Un siècle de peinture française…
(1930)
“ L'Ecole de Rome a été fondée au XVIIe siècle. En réalité elle a répondu à un besoin né dès le XVIe siècle, époque à laquelle les peintres, sculpteurs et architectes de la seconde Renaissance italienne vinrent en France et, sous la protection des Médicis, fondèrent une sorte d'académie dont l'école de Fontainebleau fut le prototype. La conception hiérarchique d'un corps d'enseignement officiel de l'art répondait bien à l'autocratisme. L'idéal de l'Ecole fut analogue à celui de la littérature, alors admiratrice des Grecs et des Romains, au point de considérer la « Renaissance » ”
“ Il n’y a plus maintenant en France qu’un endroit où les artistes puissent faire de fortes études, c’est l’École des Beaux-Arts de Paris. L’initiative individuelle languit, les grandes écoles privées disparaissent, et l’on voit tomber cette émulation féconde qui animait autrefois les ateliers des maîtres. ”
