Fersen

Élements biographiques

Fersen,  Le baiser de Narcisse (1907)

“ À des énigmes ou à des sphinx ?... continuait Scopas... Ah ! Milès, tu n’as même plus la force de mentir. Tout nous sépare, j’avais donné ma vie pour toi, mon repos, mon avenir, mon bonheur. Ne t’ai-je pas sauvé de Cnide, tout ivre que j’étais ? Tu aurais pu rester ta vie entière esclave. Et voilà... Tu as pris, au contraire, mes destins dans tes jolis doigts frêles, et souvent je m’imagine que tu briseras mon cœur, quelque jour, comme une lampe d’argile... Chaque heure qui vient t’assombrit ; tu n’as point à ton réveil l’étonnement clair des enfants qui se lèvent. ”
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Fersen,  Le baiser de Narcisse (1907)

“ L’éphèbe gardait le même air mélancolique dont toujours ses prunelles s’attristaient. Ictinus, alors, crut pouvoir l’imaginer, transformer par ses moyens propres le visage immobile qui se refusait à la joie.
L’Apoxyomène, fiévreux lui aussi, avait fait apporter, en réveillant les esclaves, de nouvelles lumières, des fruits et du vin. Un souper improvisé réunissait le peintre, l’architecte, l’éphèbe et la femme inconnue qui, maintenant, parlait à Milès, à voix douce et contenue, en dialecte d’Asie...
Vingt fois Ictinus, se levant de la table, esquissa, puis effaça le sourire immatériel.
”
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Fersen,  Le baiser de Narcisse (1907)

“ Les buissons caressés avaient un bruit de mousseline ou de perles, évoquant comme un murmure de coryphées. Scopas, tour à tour inquiet et joyeux, atteignit bientôt les premiers portiques. Milès le suivait. Un instant, le vieil artiste tourna la tête, croyant que l’enfant lui parlait. Ce n’était que le vent dans les feuilles...
Alors, les paroles d’Albas lui revinrent en mémoire, et l’Apoxyomène soupira.
Cependant la colonnade, surgie de l’ombre, rassérénait ses pensées. L’âme, que si peu d’humains avaient comprise, palpitait dans les marbres insensibles. Qu’importait l’amour des mortels ?
”
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