Fersen, Le baiser de Narcisse (1907)
“ À des énigmes ou à des sphinx ?... continuait Scopas... Ah ! Milès, tu n’as même plus la force de mentir. Tout nous sépare, j’avais donné ma vie pour toi, mon repos, mon avenir, mon bonheur. Ne t’ai-je pas sauvé de Cnide, tout ivre que j’étais ? Tu aurais pu rester ta vie entière esclave. Et voilà... Tu as pris, au contraire, mes destins dans tes jolis doigts frêles, et souvent je m’imagine que tu briseras mon cœur, quelque jour, comme une lampe d’argile... Chaque heure qui vient t’assombrit ; tu n’as point à ton réveil l’étonnement clair des enfants qui se lèvent. ”
