Résumé

George Perrot Démosthène et ses contemporains…

Ce qui fait la fortune d’un banquier, c’est surtout la confiance qu’il inspire. S’il est habile et intelligent, c’est tout profit ; mais être intègre ou du moins en avoir la réputation, voilà ce dont à la longue il ne saurait se passer. La vertu, dans le vrai sens du mot, n’a jamais été, ne sera jamais l’apanage que d’un petit nombre d’âmes d’élite ; cependant à côté ou, si l’on veut, au-dessous d’elle il y a place pour une honnêteté moins noble et plus répandue, qu’imposent les nécessités de certains métiers. Cette probité professionnelle, on la trouvait, sauf exceptions, chez les trapézites.
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George Perrot Démosthène et ses contemporains…

Rappelant, une quarantaine d’années plus tard, les origines de cette fortune, très humble à ses débuts, Démosthène disait, sans crainte d’être contredit : « Pasion obtint la confiance ; c’est une chose merveilleuse et rare, chez les hommes qui travaillent sur le marché et qui s’occupent du commerce de l’argent, que de paraître à la fois actifs et honnêtes. » Sa maison devint la première d’Athènes ; les citoyens les plus riches et les mieux posés, tels que Timothée, le fils de Conon, tels que Callistrate d’Aphidna, lui remirent leurs fonds ou lui empruntèrent de l’argent.
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George Perrot Démosthène et ses contemporains…

Dans ce monde mêlé de citoyens et d’étrangers, parmi ces spéculateurs de toute provenance, il en était bien peu qui ne se sentissent à part eux très capables de chercher à s’approprier le bien d’autrui le jour où, comme le dit un orateur dans une affaire de ce genre, « la chose vaudrait la peine de sa mettre au-dessus de la honte ; » jugeant les autres, d’après soi-même, on n’osait faire fonds sur la probité de ses compagnons les plus familiers. Or, pas plus que Rome, Athènes n’a connu l’institution des officiers ministériels.
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