Résumé

George Perrot Démosthène et ses contemporains

Il est de mode, depuis des siècles, de comparer l’un à l’autre Cicéron et Démosthène. Depuis Quintilien et Plutarque, il n’y a pour ainsi dire pas un critique et un historien qui ne se soit essayé sur ce thème. La vérité, c’est que l’on trouverait malaisément deux hommes qui se ressemblent moins ; les rapports que l’on a signalés sont tout extérieurs et superficiels. Cicéron et Démosthène ne sont point de la même famille ; ils ne sont voisins l’un de l’autre ni par le caractère, ni par l’esprit, ni par le style, ni par le rôle qu’ils ont joué.
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George Perrot Démosthène et ses contemporains

Les ennemis contre lesquels Démosthène lutte jusqu’au dernier souffle, c’est un Philippe, c’est un Alexandre, des génies comme jamais ailleurs on n’en a vu deux se succéder sans intervalle sur un même trône. Ses rivaux de succès et d’influence à Athènes, c’est Eschine, Lycurgue, Hypéride et Démade, orateurs qui laissent loin derrière eux les hommes de la génération précédente. Ils leur sont supérieurs à tous, sinon par les dons de nature, au moins par les ressources variées d’un art plus savant, par l’abondance et l’éclat de leur parole.
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George Perrot Démosthène et ses contemporains

Pour ce qui est de Démosthène, ses affections, ses faiblesses, tout est resté dans l’ombre. Ses amitiés, nous n’en savons rien. Les femmes ne tiennent aucune place dans sa vie ; tout au plus est-il question de quelques courtisanes auprès desquelles il aurait cherché une heure de plaisir et d’oubli. Rien ne nous dit qu’il ait aimé les arts, la poésie, la philosophie, qu’il ait jamais appelé à son secours ces consolatrices auxquelles Cicéron a dû, avec une partie de sa gloire, l’adoucissement de ses plus poignantes douleurs.
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