Résumé

Paul Girard Revue des Deux Mondes

Athènes, à ce moment, est au comble de la puissance : placée par sa victoire sur les Perses à la tête d’une vaste confédération destinée à prévenir une nouvelle invasion barbare, maîtresse de la mer, par ses vaisseaux, forte au dedans, riche, aimant les fêtes, où la religion déploie sa magnificence, imposant à tous les Grecs l’ascendant de son génie, suivant la belle expression de Thucydide, « véritable école de l’Hellade, » elle offre ce spectacle, assez rare dans l’histoire, d’un peuple vraiment digne de sa haute fortune par la façon dont il la tourne au profit général de la civilisation.
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Paul Girard Revue des Deux Mondes

Si quelqu’un, dit Démosthène, osait soutenir devant vous, juges, que ce sont les plus jeunes, ou les plus riches, ou ceux qui ont acquitté les contributions les plus fortes, en un mot, les citoyens d’une classe déterminée, analogue à celles que je viens de nommer, qui doivent parler devant le peuple, vous le condamneriez à mort, j’en ai l’assurance, comme le pire ennemi de la démocratie, et votre sentence serait juste.
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Paul Girard Revue des Deux Mondes

Lorsqu’on étudie leur rôle au IVe siècle, et déjà même au temps de Périclès, on ne peut séparer ces deux formes de leur activité ; l’orateur, à Athènes, ne s’en tient pas à la politique proprement dite : il est tout ensemble un homme d’Etat et un justicier.
Par là il possédait un pouvoir énorme qui, au dedans, s’étendait à tout, qui, au dehors, compromit plus d’une fois la fortune d’Athènes par la terreur qu’il inspirait aux généraux en campagne.
C’est un curieux conflit que celui qui existe en permanence, chez les Athéniens, entre orateurs et hommes de guerre.
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