Ménexène

Définition et enjeux

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant La bigarrure plait (1938)

MÉNEXÈNE. — N'essaie point de la surmonter, ô enfant de Lysis. A ton âge il n'est pas de vertu plus aimable, elle est la parure de ta beauté.
DÉMOCRATES. — Ce qui te trouble et t'enchante, ô très bon Ménexène, alarme mon père. Vous regardez ensemble timidement s'entr'ouvrir aujourd'hui, prête à s'épanouir demain, la fleur de mon adolescence, et tu frémis de joie, ô Ménexène, mon père frémit d'inquiétude. Vos
yeux, qui jadis à la vue des mêmes spectacles sentaient si pareillement, ne s'accordent plus dès que leur objet visible, c'est moi.
Source : Gallica

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant La bigarrure plait (1938)

Mais j'espère que tu as sur son histoire des documents un peu plus sérieux que sur son iconographie?
MÉNEXÈNE. — J'ai commencé déjà de te la raconter, en faisant allusion à Périclès qui fut, tu ne l'ignorais pas sans doute, l'un d'entre ses amants, et le plus célèbre.
DÉMOCRATÈS. — C'est une des rares choses que je n'ignore point. Mais permets-moi de te le dire, ô Ménexène, en commençant par Périclès — par Olympios — tu as sans doute commencé par Zeus ainsi que le veut le proverbe : tu n'as pas commencé par le commencement.
Source : Gallica

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant La bigarrure plait (1938)

Mais toi seul me comprends, ô Ménexène, et mon père ne m'aime pas.
MÉNEXÈNE. — Tu dis cela pour me faire plaisir... Que dis-je moi-même ? Tu es stupide, ô Démocratès. Ton père t'aime de tout son cœur. Il sait, hélas! t'aimer beaucoup mieux que moi.
DÉMOCRATES. — Tu as raison de dire : « hélas ! » Plût aux dieux qu'il m'aimât aussi mal que toi, ô Ménexène, corrupteur de la jeunesse. Je commence à croire qu'il n'y a que ceux qui aiment mal qui aiment bien.
MÉNEXÈNE. — Tu as trop d'esprit, ô méchant garçon.
DÉMOCRATES. — Je veux dire : qui aiment d'une façon pratiquement agréable.
Source : Gallica

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