Anne Claude Philippe de Caylus

Résumé

Anne Claude Philippe de Caylus Vies d'artistes du XVIIIe siècle… (1910)

Quel plaisir pour un peintre, en se délassant de ses occupations ordinaires, d'aller pour ainsi dire à la découverte dans un bon auteur ! Oui, Messieurs, vous devez goûter un attrait bien plus vif que tous les autres hommes à lire ces historiens, ces poètes, où tout est, pour l'ordinaire, en action. Votre imagination accoutumée a vous servir vous accompagne sans cesse, et d'un livre souvent froid ou indifférent pour ceux qui n'ont pas votre talent, elle en fait une galerie riche et variée de toutes les beautés de la nature et de toutes les richesses de l'esprit.
Source : Gallica

Anne Claude Philippe de Caylus Vies d'artistes du XVIIIe siècle… (1910)

La peinture choisit celui des trois jours qui peuvent éclairer une surface ; la sculpture est à l'abri du choix : elle les a tous, et cette abondance n'est pour elle qu'une multiplicité d'étude et d'embarras ; car elle est obligée de considérer et de penser
toutes les parties de sa figure et de les travailler en conséquence; c'est elle-même en quelque façon qui s'éclaire. C'est sa composition qui lui donne ses jours, et qui distribue ses lumières. A cet égard le sculpteur est plus créateur que le peintre.
Source : Gallica

Anne Claude Philippe de Caylus Vies d'artistes du XVIIIe siècle… (1910)

Le goût naturel est une pente, un instinct qui nous porte à une chose plus qu'aune autre; c'est une aptitude, un discernement qui ne coûte aucune réflexion et qui fait préférer et démêler le bon d'avec le mauvais, sans pouvoir en donner les raisons.
Le goût acquis met en état, suivant le plus ou moins d'études, de rendre compte de sa critique ou de son éloge.
Le goût naturel est donc le premier bien de l'amateur ; il est un don : ce mot renferme sa définition.
Il n'en est pas de même du goût acquis. On peut du moins détailler les moyens les plus assurés pour sa perfection.
Source : Gallica

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