Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire Médée/Édition Garnier

Ces tragédies uniquement tirées de la table, et où tout est incroyable, ont aujourd’hui peu de réputation parmi nous, depuis que Corneille nous a acoutumés au vrai ; et il faut avouer qu’un homme sensé qui vient d’entendre la délibération d’Auguste, de Cinna, et de Maxime, a bien de la peine à supporter Médée traversant les airs dans un char traîné par des dragons. Un défaut plus grand encore dans la tragédie de Médée, c’est qu’on ne s’intéresse à aucun personnage.
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Portrait de Voltaire Voltaire Médée/Édition Garnier

Un ouvrage peut toucher avec les plus énormes défauts, quand il est animé par une passion vive et par un grand intérêt, comme le Cid; mais de longues déclamations ne réussissent en aucun pays ni en aucun temps. La Médée de Sénèque, qui avait ce défaut, n’eut point de succès chez les Romains ; celle de Corneille n’a pu rester au théâtre.
On ne représente d’autre Médée à Paris que celle de Longepierre, tragédie à la vérité très-médiocre, et où le défaut des Grecs, qui était la vaine déclamation, est poussé à l’excès
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Corneille avait trente ans quand il donna sa Médée; c’est l’âge de la force de l’esprit ; mais il était subjugué par son siècle. Ce n’est point sa première tragédie ; il avait fait jouer Clitandre trois ans auparavant. Ce Clitandre est entièrement dans le goût espagnol et dans le goût anglais : les personnages combattent sur le théâtre ; on y tue, on y assassine ; on voit des héroïnes tirer l’épée ; des archers courent après les meurtriers ; des femmes se déguisent en hommes
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