Pierre Mille

Pierre Mille

Résumé

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Le Diable au Sahara (1925)

Les anciens de sa tribu étaient parfois allés jusque-là ; mais Moutou-Apou y trouva un spectacle qu’ils n’avaient point connu ; les Blancs étaient arrivés.
Dans ces solitudes affreuses, une grande ville venait de naître : vingt mille Européens s’y pressaient, avant de partir pour les régions désertes et fabuleuses où l’or, à ce qu’on disait, se cache sous la neige et la boue glacées. Il y avait des bars innombrables, où l’on vend, au poids de cet or, des breuvages violents qui échauffent le sang bien plus encore que l’huile de poisson.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Le Diable au Sahara (1925)

C’est elle qui m’a fait comprendre la beauté miraculeuse, inégalable, de ce pâle croissant que mes yeux contemplent cette nuit : mes yeux, la seule chose, avec mon cœur et mes sens, qui soit restée ce qu’elle était dans ce temps-là. Anna me disait :
— Vois comme il est jeune ! Tous les mois, la lune est vierge ! Tous les mois elle est comme le premier jour qu’elle a brillé sur la terre, il y a des milliers et des milliers d’années ! Ah ! comme elle est heureuse ! Elle est bénie : c’est un miracle réservé pour elle !
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Le Diable au Sahara (1925)

On est comme des poissons volants, avec cette aggravation qu’on ne peut pas voler. Vous savez, les poissons volants qui sautent hors de l’eau pour échapper à un ennemi, à un autre poisson ennemi, et trouvent en l’air une mouette qui leur tombe dessus ! Pour nous, c’est la même chose. Sous l’eau, il y a les mines et les filets. En surface, les torpilleurs qui vous cherchent, et, dans le ciel, les hydravions. Il faut avoir les yeux partout, ou du moins il faudrait les avoir partout : et c’est impossible.
Source : Gutenberg

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