Pierre Mille,
Paraboles et diversions
(1913)
“ Il n’est plus dans le destin de personne, aujourd’hui, de naître et de mourir sous le même toit. N’importe : il y avait si longtemps, si longtemps que j’habitais la même demeure ! J’ai eu en la quittant des sensations probablement très banales, des sensations que tout le monde a éprouvées, — mais si neuves pour moi, et si fortes, qu’aujourd’hui encore je ne puis penser à autre chose. Il me semble un peu que j’ai vidé mon âme, en même temps que ma maison...J’avais commencé avec une espèce de bonheur puéril et sauvage. Sortir de chez soi à jamais, c’est comme s’en aller de soi-même. ”
