Pierre Mille

Pierre Mille

Résumé

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille,  Paraboles et diversions (1913)

“ Il n’est plus dans le destin de personne, aujourd’hui, de naître et de mourir sous le même toit. N’importe : il y avait si longtemps, si longtemps que j’habitais la même demeure ! J’ai eu en la quittant des sensations probablement très banales, des sensations que tout le monde a éprouvées, — mais si neuves pour moi, et si fortes, qu’aujourd’hui encore je ne puis penser à autre chose. Il me semble un peu que j’ai vidé mon âme, en même temps que ma maison...
J’avais commencé avec une espèce de bonheur puéril et sauvage. Sortir de chez soi à jamais, c’est comme s’en aller de soi-même.
”
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille,  Paraboles et diversions (1913)

“ Alors Jérach-Satan souffla perfidement à l’un de cette plèbe, qui s’appelait Ahira :
— Ça ne nous sert à rien, les miracles de Jésus, si Jésus n’en fait pas pour nous !
— Mais, répondit Joël, vous n’avez pas reçu de pierre dans l’œil ! Vous n’êtes pas malades, vous n’êtes pas boiteux, vous n’êtes pas manchots, vous n’allez pas mourir ; vous n’avez besoin d’aucun miracle, vous n’avez besoin de rien !
— Si, répondit Ahira. Nous avons besoin de ne pas travailler !
Et tous crièrent, illuminés :
— C’est vrai ! Nous avons besoin de ne pas travailler ! Le travail, c’est la vraie douleur !
”
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille,  Paraboles et diversions (1913)

“ Des colchiques y portent le deuil de la saison, en violet, et puis c’est une haie de ronces. Une araignée est là, au milieu de sa toile semblable à la roue d’un char antique aux mille moyeux, aux mille cercles, et si moite de pluie qu’un rayon du couchant la teinte d’arc-en-ciel. Et je me rappelle un jeu, un jeu cruel de mon enfance : on allait chercher une araignée, on la déposait sur la toile d’une voisine ; et les deux bêtes, tout à coup féroces, se précipitaient l’une sur l’autre et luttaient jusqu’à la mort de la plus faible. C’est un spectacle qu’on ne peut s’offrir qu’en automne. ”
Source : Gutenberg

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