Pierre Mille

Pierre Mille

Résumé

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille L'ange du bizarre (1921)

M. Aristide Pimperel était un homme qui passait pour ne s’ennuyer jamais, bien qu’il n’eût rien à faire, se trouvait affligé d’une agréable fortune. C’était, comme on dit en Belgique, une riche nature, douée d’une intarissable gaieté. Blond jusqu’au jour qu’il devint chauve, solide, grand, gros et gras, bon garçon et bon vivant, il avait des éclats subits de bizarrerie formidables. Ce sont ces sortes de gens-là qui inventent les zwanzes : la galéjade méridionale est un mot ou une histoire ; la zwanze belge est un acte, une plaisanterie en acte, énorme, imprévue, déconcertante.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille L'ange du bizarre (1921)

Mais ils s’évadèrent dans le couloir du wagon.
— A Paris ? proposa nettement M. Luze.
Mais elle secoua la tête.
— Nous y allons pour vingt-quatre heures, et mon mari ne me quittera pas.
— Alors, fit-il, jamais ?
Elle goûta ses yeux insatiables et attristés. Le goût du romanesque hâta la décision de son âme intrépide.
— Ecoutez, dit-elle : seriez-vous homme à descendre dans le jardin de l’hôtel la nuit ?
M. Luze calcula. Le mur n’a que deux mètres de haut, et, avec une échelle de son côté... il n’y a pas besoin d’être un athlète complet.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille L'ange du bizarre (1921)

Marlis continua donc de courir. Il ne se trompait point sans doute, car l’homme, un peu plus loin, lui sembla jaillir de l’ombre. C’était la même silhouette, la même taille, le même chapeau melon, le même pardessus au col relevé au-dessus des oreilles, pour cacher la figure, évidemment. Mais cette fois il marchait d’un pas de promenade, comme quelqu’un qui n’a rien à se reprocher, parce que c’est la ruse inévitable, imposée, nécessaire. Car un homme qui court, n’est-ce pas ?
Source : Gutenberg

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