“ C’est chez les Massagètes que s’observe cette coutume, et non chez les Scythes, comme le prétendent les Grecs. Lorsqu’un Massagète devient amoureux d’une femme, il suspend son carquois à son chariot, et en jouit sans honte et sans crainte. Ils ne prescrivent point de bornes à la vie ; mais lorsqu’un homme est cassé de vieillesse, ses parents s’assemblent et l’immolent avec du bétail. Ils en font cuire la chair, et s’en régalent. Ce genre de mort passe chez ces peuples pour le plus heureux. Ils ne mangent point celui qui est mort de maladie ”
Massagètes
Définition et enjeux
Citations sur “Massagètes”
“ Si nous recevons l’ennemi dans notre pays, et qu’il nous batte, n’est-il pas à craindre que vous perdiez votre empire ? car si les Massagètes ont l’avantage, il est certain qu’au lieu de retourner en arrière ils attaqueront vos provinces. ”
“ J’opine donc que vos troupes passent le fleuve, que vous avanciez à mesure que l’ennemi s’éloignera, et qu’ensuite vous cherchiez tous les moyens de le vaincre. Je sais que les Massagètes ne connaissent pas les délices des Perses, et qu’ils manquent des commodités de la vie. Qu’on égorge donc une grande quantité de bétail, qu’on l’apprête, et qu’on le serve dans le camp ; on y joindra du vin pur en abondance dans des cratères, et toutes sortes de mets. Ces préparatifs achevés, nous laisserons au camp nos plus mauvaises troupes, et nous nous retirerons vers le fleuve avec le reste de l’armée. ”
Gratien-Michel Ollivier-Beauregard, Kachmir et Tibet, étude d’ethnographie ancienne et moderne
“ Pomponius Mela, géographe latin de la première moitié du premier de notre ère, place des Massagètes dans le voisinage de la mer Caspienne et à proximité des Hyrcaniens et des Ibères [17] . Les historiens latins, les historiens grecs nous donnent sur l’établissement des Massagètes au-delà de l’Oxus des témoignages identiques à ceux des géographes. ”
Paul Lafargue,
Le Droit à la paresse
“ ↑ Les Indiens des tribus belliqueuses du Brésil tuent leurs infirmes et leurs vieillards ; ils témoignent leur amitié en mettant fin à une vie qui n’est plus réjouie par des combats, des fêtes et des danses. Tous les peuples primitifs ont donné aux leurs ces preuves d’affection : les Massagètes de la mer Caspienne (Hérodote) aussi bien que les Wens de l’Allemagne et les Celtes de la Gaule. Dans les églises de Suède, dernièrement encore, on conservait des massues dites massues-familiales, qui servaient à délivrer les parents des tristesses de la vieillesse. ”
Gratien-Michel Ollivier-Beauregard, Kachmir et Tibet, étude d’ethnographie ancienne et moderne (1883)
“ Quand un hoqame n'a pas de frères, il s'associe avec d'autres hommes et c'est alors seulement qu'il peut se marier ; autrement il resterait célibataire jusqu'à la fin de ses jours. Les enfants qui naissent dans ces unions appartiennent à l'aîné defil frères. Abel -Rémusat, Nouveaux Mélanges asiatiques, t. II, p. 240 et 245. La justesse de cette observation s'affirmera à propos des Massagètes aussi exactement que pour tout autre peuple. Reprenons en quelques mots l'histoire générale de l'enfance des peuples, elle nous dira quelle a été dans l'antiquité l'industrie principale des Massagètes. ”
Gratien-Michel Ollivier-Beauregard, Kachmir et Tibet, étude d’ethnographie ancienne et moderne
“ Tout à l’heure nous avons vu que, chez les Massagètes, la polyandrie trouvait sa raison d’être dans la nécessité, pour les femmes, de s’assurer la possession de plusieurs maris afin qu’il leur en pût rester au moins un quand les devoirs publics appelaient les autres à un service lointain et prolongé. Au moderne Tibet nous allons voir les hommes dans la fâcheuse nécessité de partager en famille la possession d’une seule femme par suite de la rareté des femmes disponibles dans la vie civile. ”
Jean-Chrétien-Ferdinand Hœfer,
Histoire de la chimie
“ Les peuples primitifs employaient, comme le font encore aujourd’hui les peuples sauvages, le cuivre, ou des alliages de cuivre et d’étain ou de zinc (airain, bronze) , pour les mêmes usages auxquels nous faisons aujourd’hui servir le fer ou l’acier, « Les Massagètes emploient, dit Hérodote, l’airain pour la fabrication des lances, des pointes de flèche, des sagayes. L’or leur sert dans leurs ornements. Ils garnissent le poitrail de leurs chevaux de cuirasses d’airain, et enrichissent d’or les brides, les mors et les housses. Mais ils ne connaissent pas le fer (1 [16] ) . » ”
Joseph Thomson, Au pays des Massaï : voyage d'exploration à travers les montagnes neigeuses et volcaniques… (1886)
“ Chaque halte doit être courte, car je ne souffre pas de traînards : chacun sait, au surplus, que s'il se permet de fermer l'oeil sur un des côtés de la route, il risque de se réveiller embroché par une pertuisane massaï. Je prends mes relèvements et autres observations; je fais mordre la poussière à quelque grosse bête, buffle ou rhinocéros, et préserve la caravane en même temps que je remplis ses marmites. Certes on reconnaît le sauvage quand on voit nos hommes se précipiter sur le gibier comme des hyènes et, à coups de langue ou de couteau, se disputer les parties tendres et grasses. ”
G. Valbert,
Revue des Deux Mondes
“ Le docteur tient effectivement les Massaïs pour une race de gentilshommes, ennoblie par l’instinct et l’habitude héréditaire de la domination. Comme on voit, il a beaucoup de sympathie pour eux; il en a tué un bon nombre, il n’a garde de leur en vouloir : les petits massacres entretiennent l’amitié. Les villages ou kraals des Massaïs se composent de huttes de terre, de forme arrondie, attenantes les unes aux autres, enfermées dans une enceinte de broussailles et d’épines qui atteint jusqu’à trois ou quatre mètres de hauteur et dans laquelle ils percent quelques portes. ”
Albert Londres,
Adieu Cayenne !
“ Soudain, comme sur un ordre, les moustiques nous attaquent furieusement. Deverrer, qui est jeune, geint sous la souffrance. « Silence, ordonne Menœil. Ce n’est pas la peine d’avoir échappé aux chasseurs d’hommes pour les attirer maintenant à cause de deux ou trois moustiques ! » ”
Joseph Thomson, Au pays des Massaï : voyage d'exploration à travers les montagnes neigeuses et volcaniques… (1886)
“ Leurs guerriers portent le bouclier et une petite lance, le cassetête, le simé, l'arc et les flèches. Les Massaï ont fait d'inutiles efforts pour pénétrer dans leur forêt. Chose curieuse ! la guerre au couteau reste permanente entre les deux peuplades, et les femmes circulent librement, confiantes dans la coutume qui interdit de les molester : on voit les ménagères massaï allant faire leurs emplettes dans un village kikouyou, pendant que leurs fils et leurs frères sont à quelques pas de là, engagés dans quelque lutte mortelle. ”
Joseph Thomson, Au pays des Massaï : voyage d'exploration à travers les montagnes neigeuses et volcaniques… (1886)
“ Les Massai du pays environnant étaient exaspérés par la persistance de l'épizootie qui décimait leurs troupeaux et de la sécheresse qui, rendant les plaines inhabitables, les retenait malgré le froid dans le haut pays. « Que faites-vous ici? demandaient-ils à mes hommes. Vos marchandises sont épuisées; vous ne pouvez donner à nos jeunes guerriers les présents habituels; la pluie ne vient pas; l'herbe n'a pas poussé; tous nos boeufs meurent les uns après les autres. C'est votre maître qui en est la cause ! » ”
Samuel White Baker,
L'enfant du naufrage
(1888)
“ « Les Mazitas sont sur nous! dit-il, hors d'haleine. Lève-toi, fils aux blonds cheveux, et viens combattre avec nos hommes ! C'est à cause de toi que nous allons être égorgés! » A ces bruits de guerre, la jeune amazone bondit sur ses pieds; ses yeux étincelaient. ”
L.-Raymond-Balthasard Maiseau, Vie du maréchal Ney,... comprenant le récit de toutes ses campagnes… (1816)
“ De telles positions ne pouvant être tournées, Masséna fit de vaines tentatives pour passer le Tage; il borna ensuite tous ses efforts à attirer les Anglais hors de leurs retranchemens, pour les forcer à accepter la bataille ; mais il ne put réussir dans ce dessein. La disette et les maladies contagieuses faisaient des ravages effrayans dans son armée , par la précaution qu'avaient eue les habitans de détruire leurs provisions. A l'approche des Français, les hommes s'étaient retirés dans les montagnes, avec leurs armes et leurs bestiaux. ”
Joseph Thomson, Au pays des Massaï : voyage d'exploration à travers les montagnes neigeuses et volcaniques… (1886)
“ Les diverses soustribus de la Massaïe n'ont pas la moindre cohésion : la guerre est fréquente entre les unes et les autres; mais, tant qu'elle n'est pas déclarée, les naturels vivent dans les termes les plus amicaux. ”
Joseph Thomson, Au pays des Massaï : voyage d'exploration à travers les montagnes neigeuses et volcaniques… (1886)
“ Un peu sot, je retourne au camp pour entendre les éclats de rire de mes hommes, parmi lesquels l'histoire avait bien vite circulé. Le soir, je convoque en conseil Martin et les chefs de caravane : il s'agit des mesures à prendre pour empêcher les désertions. « Maintenant ou jamais! » doit être cette nuit la devise des porteurs : chez nos amis de la forêt ils ont entendu conter tant de choses sur la férocité des Massaï, qu'ils sont saturés de terreur, comme l'est d'électricité une pile galvanique. ”
Joseph Thomson, Au pays des Massaï : voyage d'exploration à travers les montagnes neigeuses et volcaniques… (1886)
“ Les tours qu'il joue à ces « bourricots » — les Massaï nomment ainsi les porteurs, bêtes de somme s'il en fut — servent d'amusement au kraal, et de longues fusées de rire accueillent les récits du guerrier : comment il avait épouvanté l'un d'eux à lui faire perdre la tête, embroché le second avec sa grande lance, écrasé le crâne d'un troisième ; puis il partage entre ses bonnes amies les perles et le senengé extorqués aux traitants. Ainsi, entre la gloire et l'amour, sa vie s'écoule triomphante et heureuse. ”
Jean Darricarrère, Au pays de la fièvre : impressions de la campagne de Madagascar (1904)
“ L'officier au milieu de ses souffrances pensait à ses camarades. Nuit horrible durant laquelle nos corps meurtris se mirent plusieurs fois en quête de défense contre les moustiques, nombreux au niveau du sol. Longs et plaintifs gémissements, cris de douleur, bruits de mulets détachés de leurs entraves et galopant à travers le camp par le ciel noir, blasphèmes de tous tempêtant contre les piqûres incessantes des moustiques, telle est la nuit d'un bout à l'autre. ”
Gabriele D'Annunzio,
Episcopo et Cie [et autres nouvelles…
(1913)
“ Massacese commença l'opération. Au premier contact de la lame, Gialluca poussa un hurlement ; puis il serra les mâchoires, et on n'entendit plus qu'une sorte de mugissement étouffé. Massacese coupait lentement, mais d'une main ferme, avec le bout de la langue hors de la bouche, comme c'était son habitude lorsqu'il voulait conduire une besogne avec attention. Mais le lougre avait un terrible roulis, et l'incision se faisait d'une façon irrégulière ; le couteau pénétrait tantôt moins tantôt plus profondément. Un coup de mer fit enfoncer la lame dans les chairs saines. ”
Pierre Bauron, Les rives illyriennes : Istrie… (1888)
“ Je vais en explorateur aux aguets et je surprends l'un de mes compagnons dans un état d'exaspération impossible à décrire. Air, murs, portes, meubles, en reçoivent des chocs violents. Si le massacre des moustiques égale la fureur qu'ils provoquent, il est certes considérable. ”
“ Mélancoliquement, elles vibrent, durant des heures, des jours ou des années. Cette attaque mesquine et bête, cette méchanceté des choses, en choquant leur partie la moins noble, réveillent des échos, suscitent des études, évoquent des souvenirs aussi, les mettent enfin en présence de leur monstrueuse petitesse. Elles généralisent, poussées à bout. Une piqûre de moustique a rouvert des plaies qui s’enflamment dans une renaissance des douleurs assoupies, — et le moustique est oublié. ”
Alexandre Le Roy,
Au Kilima-Ndjaro (Afrique orientale…
(1930)
“ Et c'est une chose curieuse et saisissante que de voir un bataillon de ces guerriers apolloniens se lancer dans cet accoutrement à la conquête des troupeaux d'alentour. La vue d'un seul d'entre eux a suffi bien souvent pour mettre en fuite des centaines de Noirs. Les Massaïs se battent en silence et savent au reste faire preuve d'une discipline, d'un sang-froid, d'une ruse, d'une tactique, d'une énergie, d'une audace, et au besoin d'une bravoure supérieurs. ”
Guy de Maupassant,
La Vie errante
“ Par tout le haut de la ville arabe, entre les merceries, les épiceries et les fruiteries des incorruptibles Mozabites, puritains mahométans que souille le seul contact des autres hommes, et qui subiront, en rentrant dans leur patrie, une longue purification, s'ouvrent tout grands des débits de chair humaine, où l'on est appelé dans toutes les langues. Le Mozabite, accroupi dans sa petite boutique, au milieu de ses marchandises bien rangées autour de lui, semble ne pas voir, ne pas savoir, ne pas comprendre. ”
Eugène-Louis Blanchet, En représailles (1918)
“ Mais pas un de nous ne s'habitua aux moustiques, moustiques, du diable. Les yeux clos, au hasard, nous pouvions fermer brusquement la main : nous en avions à coup sûr capturé quelques-uns. Vainement nous réclamons des moustiquaires. Seuls nos gardiens en portent. Cet intolérable et toujours renouvelé supplice durera des semaines, des mois, cinq mois ! Nos figures se tuméfient, grattées des dix doigts. Comment y tenir ? Elles saignent. Nous avons tous la fièvre. Cauchemar des moustiques ! Cauchemar lancinant, continuel, qui me poursuit encore pendant que je trace ces lignes ! ”
Les Apparitions de Lourdes, souvenirs intimes d'un témoin… (1899)
“ Je n'ai pas besoin de rappeler que le baron Massy ne voyait dans le surnaturel divin ou diabolique qui se manifestait à Massabieille qu'un assemblage confus de fourberies et de pantomimes. Il était donc naturellement porté à faire la guerre à ce qu'il croyait être une vaine superstition; mais en se mettant en avant, il ne s'aperçut pas qu'il obéissait moins à son propre mouvement qu'aux impulsions d'une volonté supérieure., Se l'appelant l'insuccès de ses premières entreprises, le baron Massy était devenu circonspect. ”
Guy de Maupassant,
La Vie errante
“ Il est d'une beauté rare cet homme, dont la barbe noire, courte et frisée, rend le teint livide et superbe. Le nez est fin, la figure longue, élégante, d'une distinction parfaite C'est un Mozabite, devenu fou après avoir trouvé mort son jeune fils, qu'il cherchait depuis deux jours.Puis en voici un vieux qui rit et nous crie, en dansant comme un ours:—Fous, fous, nous sommes tous fous, moi, toi, le médecin, le gardien, le bey, tous, tous fous! ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Les villes de Pamiers, Foix, Mazères, Tarascon, Saverdun, St-Girons, St-Lizier, prises et reprises tour à tour par les protestants et les catholiques, furent en proie aux atrocités de ces guerres fratricides. Massat en connut aussi les horreurs. Par trois fois en 1568 et 1569, des bandes de huguenots venues du Mas-d'Azil et de Tarascon par Péguère et le col-de-Port entrèrent dans la vallée et sur le versant de la Soulèlhe saccagèrent, pillèrent, incendièrent récoltes, hameaux, granges, maltraitant et rançonnant les habitants, volant leurs bestiaux. ”
“ Possédant un courage sans mesure, connaissant l’art de faire le moulinet avec la massue, il errait, exerçant les leviers de fer et les épées, faisant vibrer la massue ou le pilon. 2836. Il errait dans la forêt, tuant les quadrupèdes et les oiseaux sauvages. Les rois des animaux abandonnaient ce vaste bois, troublé par ces guerriers amis des combats et ce monarque d’une merveilleuse bravoure. ”
René Basset,
Contes populaires d’Afrique
“ Alors l’oiseau remplit de lait tous les pots à bière. Ils commencèrent à manger et quand ils eurent fini, Masilo donna cet avertissement à ses enfants : — Gardez-vous bien de dire quoi que ce soit de cela, pas même à un de vos compagnons. Ils lui jurèrent qu’ils n’en diraient rien. Masilo et sa famille vécurent alors grâce à l’oiseau. Les gens étaient surpris quand ils le voyaient avec sa famille ; ils disaient : — Comment se fait-il qu’on soit si gras dans la maison de Masilo. Il est si pauvre ! mais, maintenant, depuis que son jardin a apparu, lui et ses enfants sont si gras ! ”
Alexandre Le Roy,
Au Kilima-Ndjaro (Afrique orientale…
(1930)
“ C'est pendant cette période de son existence que le Massaï est l'être tapageur, discoureur, exigeant, fanfaron et casseur de têtes, auquel tant de caravanes se sont heurtées. La vie d'un homme de la Côte, le Massaï s'en soucie comme d'un ver. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Quel compte tenaient de ces condamnations souvent fictives ces seigneurs turbulents et insoumis ? On ne sait. Mais les événements nous renseignent; car c'est à ce moment que va se produire la fameuse insurrection des paysans de Massat contre leur seigneur qu'ils chassèrent du pays, lui et ses gens, pillant et incendiant son château et ses fermes. Nous avons connaissance de ces actes de violence par la transaction de 1646 passée entre les habitants de Massat et Jean-Pierre-Gaston de Foix à qui son père avait fait le délaissement de la terre et vicomté de Massat. ”
