Jean Darricarrère, Au pays de la fièvre : impressions de la campagne de Madagascar (1904)
“ Les camarades sont rejoints à sept heures, tous navrés de ne pas s'être retrouvés à Maroway. Je n'ai qu'à m'installer; l'excellent Bourgeois m'a réservé la moitié de sa case. Repas lugubre; tous les « retour de Miadana » eussent préféré s'engager dans le marais. La nuit est superbe, que la fatigue et la mauvaise humeur ne s'attardent pas à contempler. A dix heures un silence absolu couvre le camp d'un triste manteau de fatigue et de déception; tous les feux morts, toutes les lumières éteintes. Tout dort, les âmes comme les corps, dans l'anéantissement de la souffrance physique et morale. ”
