“ Le sol, toujours marécageux, malgré cette chaleur infernale, disparaît sous un inextricable amas de lianes, de fougères, de joncs touffus, d’une fraîcheur, d’une vigueur de végétation incroyables, et qui atteignent presque au toit de l’ajoupa caché là, ainsi qu’un nid dans l’herbe. ”
Ajoupa
Définition et enjeux
Citations sur “ajoupa”
Théodore Lacordaire, Revue des Deux Mondes
“ Il était situé sur un petit plateau élevé d’environ quarante pieds au-dessus du Yarupi, et l’on ne pouvait y monter que par un sentier presque à pic et de difficile accès. À mi-côte était un petit carbet à peine suffisant pour tendre quelques hamacs, dont quelques bagatelles nous valurent la possession momentanée pour la nuit. Les Indiens construisirent à la hâte un ajoupa dans leur abatis, et le lendemain au jour nous ne les revîmes plus ; ils étaient partis malgré l’obscurité et la pluie qui n’avait cessé de tomber avec violence. ”
Paul Gaffarel,
Les Colonies françaises , par Paul Gaffarel…
(1880)
“ Parfois même, ils déménagent par pur caprice. Il est vrai de dire que leurs frais d'installation sont médiocres, la plupart d'entre eux ayant pour demeures des ajoupas, toits de feuilles soutenus par des piquets fourchus, ou des carbets, cabanes supportées par des piquets de quatre mètres de haut. ”
Henry Alford Alford Nicholls, Petit traité d'agriculture tropicale… (1895)
“ La méthode des Indiens du Mexique est à suivre par ceux qui entreprennent une culture de jalap. On peut construire sans dépense des ajoupas et y sécher les tubercules lentement au-dessus d'un feu de bois, ce qui ne cause que très peu de dépense et de peine. Pour prévenir les accidents, les feux sont éteints pendant la nuit ; la fumée et la chaleur empêchent la fermentation et la moisissure. ”
Victor Segalen,
Les Immémoriaux
“ Par-dessus tout, la voix sifflante des cimes d'aïto—qui cernent les lieux tapu,—s'épandit; la foule s'arrêta, houla comme une vague qui s'étale, et remplit le creux de la vallée. Malgré l'éclaircie dans le fourré, malgré qu'il fit bâiller toutes grandes ses paupières, Iakoba ne put rien discerner encore, sous la caverne du ciel noir, que des formes indécises d'arbres balancés. Autour de lui, à hauteur d'humain, la haie de ténèbres demeurait impénétrable. ”
Armand Sinval, Les pionniers de l'inconnu : essai sur les explorateurs modernes… (1884)
“ « L'Oyapock, comme le Maroni et le Yary, présente trois parties distinctes. La région la plus pittoresque, la plus saine, la plus facile pour l'alimentation, est celle des chutes, où l'on trouve des poissons exquis à profusion. C'est dans cette portion du Maroni que les nègres marrons hollandais sont venus se réfugier. Les régions situées en amont et en aval, c'est-à-dire les sources et l'embouchure sont marécageuses. » L'Oyapock se divise en une infinité de criques ramifiées au pied du versant oriental des monts Tumuc-Hamac que les indigènes appellent Cumu-Cumu, du nom du palmier Comou. ”
Alfred Jacobs, Voyage en Asie et en Afrique, d'après les récits des derniers voyageurs (1866)
“ Lorsque nous parvînmes à l'embouchure de l'Aldane, une grande plaine peuplée de Iakoutes s'ouvrit devant nous. Ces Iakoutes sont un peuple de pasteurs; tout leur avoir consiste en tabounes ou troupes considérables de chevaux et en quelques bêtes à cornes. Ils sont de plus passionnés pour la chasse et s'y montrent trèshabiles. Habitués dès leur enfance à tous les genres de privations, ils supportent avec une égale patience le froid et la faim. Un Iakoute, pour voyager en hiver, ne s'embarrasse pas de tentes, il conserve son costume habituel. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde…
(1851-1854)
“ La plupart sont idolâtres, ils se nourrissent des produits de la chasse et de la pêche, et passent leur vie dans une succession continuelle de jeûnes et de repas où ils se livrent à leur intempérance naturelle. Contre l'usage des peuples leurs voisins, les Iakoutes portent les cheveux longs et les habits courts et ouverts. Leur principale vertu est l'hospitalité prévenante qu'ils exercent envers les étrangers. D'après des renseignements qui paraissent être exacts, le nombre des Iakoutes mâles est d'environ 66,000. ”
Georges Haurigot, Excursion aux Antilles françaises
“ Le rat musqué, remarquable par la petite poche qu’il possède et qui sécrète une liqueur fortement imprégnée d’odeur de musc, est connu de nos lecteurs ; son espèce est du reste répandue à profusion dans l’Amérique du Nord. L’agouti est un rongeur, de la famille des caviens, dont on connaît trois espèces : l’agouti simple, l’agouchi et l’agouti huppé. Les agoutis sont de jolis animaux, de la taille et presque de la forme de nos lapins. Ils vivent dans les bois, mais ne se creusent pas de terriers préférant se retirer dans les troncs d’arbres creux. Ils se nourrissent d’écorces et de fruits ”
Léon Jacob, Les Colonies françaises d'Amérique… (1924)
“ Introduit à la colonie depuis peu, il s'est bien acclimaté dans toute l'île. Omnivore, il s'attaque aux volailles, aux arbres fruitiers, à la canne à sucre. C'est donc un voisin malfaisant. L'agouti, né dans la colonie, est de l'espèce des rongeurs; il a la taille d'un gros lapin. Facilement domesticable, il donne une chair de bon goût. Les chauves-souris très nombreuses sont les ennemies des fruitiers. La mangouste destructrice de rats s'est multipliée de telle sorte qu'aujourd'hui, faute de rats, elle s'attaque aux agoutis et aux petits animaux utiles ou inoffensifs. ”
“ À midi, on laissait sur la gauche l’embouchure du Yacurupa. Ce tributaire n’est, à proprement parler, qu’un véritable canal, puisqu’il déverse ses eaux dans l’Iça, qui est lui-même un affluent de gauche de l’Amazone. Phénomène particulier, le fleuve, en de certains endroits, alimente lui-même ses propres affluents. Vers trois heures après midi, la jangada dépassa l’embouchure du Jandiatuba, qui apporte du sud-ouest ses magnifiques eaux noires, et les jette dans la grande artère par une bouche de quatre cents mètres, après avoir arrosé les territoires des Indiens Culinos. ”
Théodore Lacordaire, Revue des Deux Mondes
“ Le reste s’est répandu le long de l’Oyapock et de ses affluens jusqu’au près du Camopi, qu’ils n’ont pas encore dépassé. Ces derniers peuvent se monter à trois cents individus, disséminés sur une étendue de quatre-vingts lieues en longueur. Au dire des autres Indiens, le mot Oyampi signifie, dans la langue de cette nation, mangeur d’hommes, et lui a été imposé par suite de ses habitudes d’anthropophagie. Cette assertion est probablement fausse comme tant d’autres de ce genre, car les Oyampis de l’Oyapock n’offrent aucune trace de cette horrible coutume, et sont les plus doux des hommes. ”
Jean Galmot,
Un Mort vivait parmi nous
“ Puis, vinrent l’agouti et l’agouchi, cousins germains, semblables à des lapins et à des rats, le jaguar souple, dont la silhouette cachait toute l’ouverture de la porte et dont les babines moustachues et retroussées souriaient à la flamme. Et les singes en bandes innombrables : le coatta, plus grand qu’un homme, et l’ouistiti, semblable à un écureuil. ”
Anonyme, Histoire des quatre fils Aymon
“ Vous pourrez les reconnaître facilement, car chacun d’eux aura un manteau d’écarlate fourré d’hermine et une rose à la main. Sire, dit Oger, ces marques sont suffisantes, et nous ferons votre commandement. Ils sortirent secrêtement de l’armée et allèrent aux plaines de Vaucouleurs ; ils se mirent en embuscade dans un bois de sapin en attendant que les quatre fils Aymon vinssent à Vaucouleurs. Grand Dieu ! que Regnaut et ses frères ne sont-ils instruits de cette trahison ! au lieu de mulets, ils auraient monté de bons chevaux et se seraient armés de tout point. ”
Victor Segalen,
Les Immémoriaux
“ Mais il n’avait gesticulé que pour les crabes et les troncs d’arbres. Il s’arrêta court, avec un dépit. Derrière lui, survenait Aüté : il n’avait pas trouvé son amie, et la mort du fétii de Papara lui semblait un parler menteur. Iakoba, se détournant, feignait une grande attention à scruter le récif, — là, devant, à gauche de la pointe... En effet, des gens couraient et criaient au long du corail, pourchassés par des hommes en pirogues qui pagayaient à leur aise dans les eaux-intérieures. Toute la troupe approchait vite : — « Regarde donc, » lança le diacre, « voilà la course-au-récif » ! ”
Victor Segalen,
Les Immémoriaux
(1907)
“ Il dit son arrivée étonnamment tardive dans la terre Vaïhu, et la déception de cette arrivée : un instant, il avait cru les signes-parleurs tout pleins d'enseignements... d'ailleurs, il en ramenait avec lui. — Et il prit à sa ceinture une palette de bois brun, polie par la peau des doigts, et sur laquelle s'incrustaient des centaines de petites figures, si confuses, si pressées, qu'elles pétillaient toutes et dansaient devant les yeux. Iakoba parut s'impatienter. Sans répondre il considérait le chemin et la plage ainsi qu'un homme qui attend ou redoute la venue d'un autre homme. ”
Léon Guérin, Promenades au Jardin des plantes (1850)
“ Comme l'écureuil, il se sert de ses pieds de devant pour saisir les objets et les porter à sa gueule. L'agouti est de tous les quadrupèdes le plus commun de certaines contrées de l'Amérique et particulièrement de la Guyane. Il peuple autant que les lapins, fait trois ou quatre petits, quelquefois cinq, dans toutes les saisons de l'année. Les agoutis font leurs demeures habituelles du creux des arbres. Ils n'habitent pas en nombre dans le même creux ”
Charles Darwin,
Voyage d’un naturaliste autour du monde
“ Quelle cause a pu modifier dans un pays sauvage, inhabité, aussi rarement visité que l’est celui-là, l’habitat de cet animal ? Il semble aussi, si l’on se base sur le nombre d’agoutis que le capitaine Wood a tués en un seul jour à Port-Desire, que ces animaux y étaient alors beaucoup plus nombreux qu’à présent. Partout où habite la Viscache, cet animal creuse des terriers, et l’agouti s’en sert ; mais aux endroits où, comme à Bahia Blanca, la Viscache ne se trouve pas, l’agouti fouille lui-même. ”
Anonyme, Histoire des quatre fils Aymon
“ Quand Aymon vit son cheval tué, il mit l’épée à la main pour se défendre ; mais sa défense aurait été de bien peu de valeur, car ses enfans l’auraient fait prisonnier, si Oger ne l’eût secouru. Que vous semble de vos fils, lui dit-il ? Quand Aymon fut remonté à cheval, il dit à ses gens : poursuivons ces misérables, car s’ils vivent longtems, ils nous feront du tort. Regnaut voyant son père qui pressait ainsi ses gens, tourna Bayard, et secouru de ses frères, ils firent fuir les gens de son père, car personne ne pouvait endurer le courage de Regnaut. ”
Victor Segalen,
Les Immémoriaux
“ À considérer le maintien indigne du sauvage, Iakoba sentit un orgueil : comme tous les bons disciples, il avait tondu sa chevelure et coupé les poils de son visage avec une coquille aiguisée. — Mais cet homme-là n’avait rien de chrétien avec sa barbe de bouc et son crâne broussailleux ! Iakoba détourna la tête. Pomaré prononçait : — « La partie septième de la Turé, concernant la Transgression du Sabbat, dit : ce crime sera puni d’une longueur de route égale à cinquante brasses. » L’homme hébété restait indifférent. On le chassa par de grands coups de bâtons. ”
Félicien Michotte, Agaves et fourcroyas : culture et exploitation… (1931)
“ Comme l’ortie, nous voyons l’Agave suivre l’homme dans ses pérégrinations, et se répandre dans les autres parties du monde ; elle existe actuellement dans tout le bassin méditerranéen, aux Indes, en Indochine, en Australie, en Égypte, à la Côte d’Afrique, à Madagascar, à Maurice, à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie, partout elle croît à l’état sauvage. ”
Victor Segalen,
Les Immémoriaux
“ Le dieu ne répondit pas: nul penser ingénieux ne vint surgir dans les entrailles du fidèle, qui prit peur: le dieu lui en voulait! Aussi, n'était-ce pas d'une bien mauvaise adresse que de s'obstiner à bâtir ce faré chrétien si près du maraè détestable! Iakoba vacillait dans un embarras mélangé de crainte. Cependant, des clous, il savait fort bien où l'on s'en pouvait fournir: il en était chargé, par gros sacs, ce navire Farani, qui, voilà près de onze lunaisons, avait ramené le voyageur dans son île. ”
Alfred Jacobs, Voyage en Asie et en Afrique, d'après les récits des derniers voyageurs (1866)
“ Établis de la sorte, nous remplissions les bouilloires de neige, et groupés autour du feu, le ganzi (pipe très-courte) à la bouche, nous tisonnions pour nous distraire. Le repas terminé, nos Iakoutes rappelaient les aventures qui leur étaient arrivées, soit à la chasse, soit en voyage. Ce sont d'infatigables conteurs, entremêlant toujours la vérité de fables ; leur esprit est porté naturellement à une exagération emphatique qui dénature tous leurs récits. ”
Victor Segalen,
Les Immémoriaux
“ Le vieillard ricana:—«Toi aussi, Térii, comme tous les autres? La honte même! Les gens de Tahiti sont devenus les petits chiens des étrangers; des petits chiens bons à rôtir!» Il siffla de haine et vint s'asseoir sur les nattes. Son dos était penché comme un tronc de haári fléchi par le vent maraámu: mais le vieil homme en imposait encore. Bien que l'accoutrement fut resté celui d'un païen sans aveu, il traînait dans les plis du maro blanc sacerdotal une imprescriptible noblesse. Iakoba fut saisi d'un respect inattendu. ”
Charles Livingstone, Exploration du Zambèse et de ses affluents et découverte des lacs Chiroua et Nyassa… (1866)
“ Les Ajahouas proposent de l'étoffe, des anneaux de cuivre, de la vaisselle, quelquefois de jolies femmes, et ne demandent, en échange, que la permission d'enlever pendant la nuit ceux que le chef désignera. Ils donnent quatre yards de cotonnade pour un homme, trois pour une femme, et deux pour un enfant. Ces esclaves sont conduits aux marchands portugais de Mozambique, d'Iboé et de Quilimané. Il arrive quelquefois qu'une partie de la tribu, entraînée par l'appât du gain, se met à capturer ses compatriotes et à les vendre. ”
Anonyme, Histoire des quatre fils Aymon
“ Sire, dit Pignaut, j’ai trouvé les quatre fils Aymon au gué de Balançon, qui emmenaient plusieurs de vos gens prisonniers. Ami, lui dit Roland, vous méritez récompense pour ces bonnes nouvelles. Olivier lui dit : Montons présentement à cheval, menons avec nous Guidelon et Richard de Normandie, et il dit ensuite à Oger : Vous viendrez aussi avec nous, et verrez la valeur de Regnaut ; nous ne mènerons que quatre mille chevaliers ; Regnaut en a autant de son côté, ainsi nous pourrons combattre sans aucun risque. ”
Alfred Jacobs, Voyage en Asie et en Afrique, d'après les récits des derniers voyageurs (1866)
“ En Sibérie on a donné aux Iakoutes le surnom d'hom.m.es de fer. Leur vue est perçante : l'un d'eux assura un jour avoir observé dans le ciel une grande étoile de couleur bleuâtre qui en dévora successivement plusieurs de moindre dimension et les rendit ensuite. En comparant les époques, on put se convaincre que cet homme avait bien réellement vu les éclipses des satellites de Jupiter. Les Iakoutes mangent de la viande de bœuf et de cheval toujours bouillie, et boivent du lait de vache et de jument. ”
Louis Ange Pitou,
Voyage à Cayenne, dans les deux Amériques et chez les anthropophages…
“ Comme nous nous en retournions, je voulus prendre le poisson et l'agouty, le chef y consentit d'un air dédaigneux. Au milieu de la route, la patte de l'agouty, retournée par les branches d'un bois de panacoco sur lequel reposoient deux oiseaux diables ou noirs, se trouva croisée sur l'ouïe du poisson. «Hyrouca! Hyrouca!» s'écria l'Indien en brisant ses flèches, «grâce, grâce.... punis cet étranger, lui seul a touché ton arbre chéri avec des victimes impures; elles ont reculé d'effroi à ton aspect....» ”
Victor Segalen,
Les Immémoriaux
“ Aüté ne put se contenir : — « Je vais à sa rencontre, sur la route Papara... Iakoba sourit, qui savait combien Eréna était loin de ce chemin : tout à l’opposé ! Il dit seulement avec politesse : — « Tu t’en vas, toi ? » ainsi qu’il est d’usage. Et il s’étendit, sans oublier une seconde parole louangeuse sur le nom de Kérito. ⁂ Le jour levé, le diacre vint guetter la route : la fille ne se ferait pas attendre. Le chemin blanchissait dans la lumière vive, très long et très droit. Iakoba le parcourut d’un long regard bienveillant — ne menait-il pas vers le Temple promis ? ”
Charles Livingstone, Exploration du Zambèse et de ses affluents et découverte des lacs Chiroua et Nyassa… (1866)
“ En approchant de leur principal village, qui est bâti au milieu d'un bouquet de palmiers et de figuiers magnifiques, nous avons entendu le bruit du tambour, accompagné de cris joyeux. Les pauvres gens étaient en fête; ils dansaient, buvaient et se réjouissaient, tandis qu'un ennemi puissant était à deux pas, leur apportant la mort ou la servitude. Quelques-uns étant venus sur la rive, un de nos hommes leur a crié que les Ajahouas étaient au village de Mikéna, et qu'ils allaient arriver ; mais ces malheureux, étourdis par la bière, n'ont pas tenu compte de l'avertissement. ”
