Résumé

René Crevel Le Clavecin de Diderot

Ses recherches, son alchimie, si verbale puisse-t-elle paraître, ne font point de lui un de ces spécialistes que la société volontiers protège, sachant que toute spécialité à soi-même confinée, ne risque guère de lui être danger.
Un contemporain de Diderot imagine un clavecin de couleurs, Rimbaud, dans le sonnet des voyelles, nous révèle le prisme des sons, les objets surréalistes de Breton, Dali, Gala Éluard, Valentine Hugo, sont des objets à penser amoureusement : la poésie, ainsi, lance des ponts d’un sens à l’autre, de l’objet à l’image, de l’image à l’idée, de l’idée au fait précis.
Source : Wikisource

René Crevel Le Clavecin de Diderot (1932)

De ce prix se paie l'idéalisme, philosophie de luxe. Et d'abord le renoncement même est un luxe, car, à quoi, pourrait bien renoncer celui qui ne possède rien. Que soit nié l'objectif, méprisé l'objet, ce ne peut être qu'au bénéfice, à l'avantage du subjectif, de la sensation. Quant à ceux qui ont fui le siècle, dans leur austérité la plus frugale, il est facile de dénoncer une gourmandise assez sûre de soi pour accepter comme un hommage, à elle dû, la maturité des fruits. L'indifférence à la vie ne va point se préoccuper d'imaginer la graine, l'arbre, le fruit.
Source : Gallica

René Crevel Le Clavecin de Diderot (1932)

Tuer les vivants, passe encore, mais bombarder les tombes.
Or, le premier bond révolutionnaire ira droit à ces tombes qu'il s'agit de profaner, les unes pour jeter au fumier leurs cadavres-symboles, les autres pour rendre au jour ce qui agonisait, enterré vif.
Mais combien se réjouissent d'être cercueil à soi-même, de perpétuer dans la paralysie et le silence, ce moment de délire, où selon Diderot, le clavecin sensible a pensé qu'il était
le seul clavecin qu'il y eût au monde et que toute l'harmonie (1) de l'univers se passait en lui.
Source : Gallica

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