Jules Bois

Jules Bois

Résumé

Portrait de Jules Bois Jules Bois Le Satanisme et la magie (1895)

Il a mal vu, ne se haussant pas au-dessus de la sorcellerie confuse, ne pénétrant dans la magie que par cette seule porte basse que lui laisse l’Eglise, — la porte de Satan. Le diable n’est point le Dieu Pan, l’immense Androgyne au double mouvement, au double sexe qui palpite dans le monde. C’est le Verbe seul qui est le Dieu Pan, — le Λογος des gnostiques, l’Adam Kadmon des Kabbalistes. L’Esprit de lumière, l’Esprit de vie ne peuvent se nommer sans profanation et blasphème, le Diable. Le Diable, c’est l’esprit de ténèbres et de mort, l’esprit, que dis-je ?
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Portrait de Jules Bois Jules Bois Le Satanisme et la magie (1895)

Le mage est seul.
Je sais bien que la sorcière est fugitive, que le sorcier est maudit ; mais ils aiment la nature, ils communient avec l’universel soupir. La terre, sinon les hommes, leur est fraternelle, maternelle. Ils sont des parias, jamais des exilés ; ils ont de quoi reposer leur tête, sinon leur cœur, ils ont où dormir, sinon où aimer ; que dis-je ? ils aiment. Un esprit diabolique, mais tendre parfois, les berce au creux de son inconscience. Ils s’anéantissent, donc ils ne méconnaissent pas toute joie. Le Mage, lui, est seul vraiment
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Portrait de Jules Bois Jules Bois Le Satanisme et la magie (1895)

L’obstination n’est jamais déçue avec le secours du Diable [53] . Ta doutes de sa puissance à certaines heures de vide ! Ton ange imbibe ton âme de cette méfiance ; c’est lui, lui seul, qui cherche à te faire croire que le Diable ne sait pas, ne peut rien.
Et le sorcier, l’initiateur, l’index à la tempe, son teint brouillé s’animant de méfiance et de plaisir, va t’expliquer, te croyant mûr, l’ultime secret pour correspondre avec Satan ; il t’indiquera l’orthodoxe route, si j’ose dire, où marcher vers ce pape des hérétiques ; il te révélera que le Diable est presque un saint.
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