Résumé

Portrait de Henri Blaze de Bury Henri Blaze de Bury Shakspeare et ses Musiciens : Roméo et Juliette de Charles Gounod au Théâtre-Lyrique

Et quand la musique s’est si mal accommodée du caractère philosophique d’un marquis de Posa, comment supposer qu’elle puisse tirer profit d’un drame qui du début à la fin s’agite dans les profondeurs de la conscience, d’un drame où l’amour joue un rôle si effacé, où l’idée esthétique et morale ramène inexorablement tout à soi, où les coupables et les innocens, les amis et les ennemis, les vainqueurs et les vaincus, tout le monde meurt, où finalement, comme pour châtier la faiblesse du héros qui n’a point su au moment donné se résoudre à verser le sang voulu, un bain de sang inonde le théâtre.
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Portrait de Henri Blaze de Bury Henri Blaze de Bury Shakspeare et ses Musiciens : Roméo et Juliette de Charles Gounod au Théâtre-Lyrique

Cette consécration divine de l’amour, cette glorieuse marque d’élection qui ne permet à ceux qui en sont l’objet ni le calme ni la félicité du monde, qui les voue au contraire aux douleurs et au renoncement, cette existence dont l’irradiation n’a guère qu’une seconde, Shakspeare l’a symbolisée dans Roméo et Juliette. Et comme sans que la grande majorité aille au fond du mystère, tous les cœurs en apportent en naissant le secret pressentiment, on peut compter que l’œuvre du poète vivra aussi longtemps qu’il y aura des hommes sur la terre.
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Portrait de Henri Blaze de Bury Henri Blaze de Bury Shakspeare et ses Musiciens : Roméo et Juliette de Charles Gounod au Théâtre-Lyrique

L’adorable violette du jardin de Shakspeare, son Ophélie, je le sais, a pris la physionomie conventionnelle d’une de ces princesses de tragédie qu’on appelle madame et qui sont filles de tant de héros. Très honnêtement elle s’abstient de mourir pour ôter toute espèce de prétexte à cet ignoble et repoussant spectacle de fossoyeurs où « les morts eux-mêmes fournissent à la scène la tête d’un fou ! » Son Hamlet porte des manches à crevés, une toque de velours noir à créneaux, et promène sur le théâtre une urne voilée contenant les cendres d’un père, avec les quelles il se complaît à s’entretenir.
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