Émile Bouilhet

Définition et enjeux

Émile Montégut Revue dramatique, 1861

M. Bouilhet a lu Apulée, qu’il goûte en connaisseur et dont il parle fort bien, et cependant il ne lui a pas dérobé son art de magicien : la scène de l’incantation est manquée et n’agit pas sur l’imagination du spectateur. En revanche, s’il faut décrire un cirque, une fête publique, un dîner d’édile, un antre du quartier de Suburre, énumérer les plats exquis dus à l’invention d’un cuisinier romain, le poète reprend aussitôt tout son avantage. Autant il tournait court devant l’action, autant il devient abondant dans les parties descriptives de son œuvre.
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Émile Montégut Revue dramatique, 1861

Le comique de la pièce de M. Bouilhet est plus sain et moins tortueux ; on rit parce que les personnages disent naïvement des choses plaisantes, ce que ne font jamais les personnages du théâtre moderne, qui ont d’avance l’intention, de faire rire et qui sont plaisans avec préméditation. J’indiquerai comme exemples de cette force comique les deux scènes qui me paraissent les meilleures de l’ouvrage, la scène qui termine le premier acte et la grande scène du cinquième acte entre le bourgeois Rousset et l’oncle millionnaire.
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Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 décembre 1860

C’est un genre injustement discrédité, et regardé à tort comme artificiel ; il n’est pas artificiel, car il a sa raison d’être dans la nature du génie humain : il répond à une des catégories de l’imagination, et peut seul servir d’expression à certaines conceptions de l’esprit poétique. Il serait donc digne d’être ressuscité et renouvelé, et le beau poème des Fossiles montre que M. Louis Bouilhet pourrait tenter l’entreprise à son honneur. Partout ailleurs, dans la poésie lyrique pure, dans la fantaisie, dans le drame, M. Bouilhet imite volontairement ou involontairement
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