Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ J’y allai avec un de mes frères : nous rencontrâmes à la première auberge un jeune homme qui se désespérait ; je lui demandai quelle était sa disgrâce, il me répondit que c’était d’avoir un frère aîné. « Où est donc le grand malheur d’avoir un frère ? lui dis-je ; mon frère est mon aîné, et nous vivons très-bien ensemble. — Hélas ! monsieur, me dit-il, la loi donne tout ici aux aînés, et ne laisse rien aux cadets. — Vous avez raison, lui dis-je, d’être fâché ; chez nous on partage également ; et quelquefois les frères ne s’en aiment pas mieux. » ”
