Émile Bourdier

Résumé

Émile Bourdier Le Siège de Paris à vol d'oiseau (1871)

Paris se souvenait, et, malgré son courage, Des horreurs de la faim il redoutait la rag?.
L'homme voulut combattre, et s'il devait mourir, C'est rendant aux Prussiens ce qu'ils faisaient souffrir.
L'on fut au gouverneur demander la sortie; Chacun offrit son sang, chacun offrit sa vie.
Pourtant il hésita; de son œil obscurci, Il doutait, lui, si brave en face l'ennemi.
La conscience, en lui, décrivait un désastre.
Trochu n'avait pas peur, non, il cherchait cet astre Qui dit au cœur : Marchez, le succès est là-bas.
Et lui ne voyait là qu'un sinistre trépas.
Source : Gallica

Émile Bourdier Le Siège de Paris à vol d'oiseau (1871)

L'ennemi qu'il a vu c'est l'horrible famine, Sous ses bras décharnés une guerre intestine; Mais il n'a jamais vu celui que l'on combat : La mitraille n'est pas un valeureux soldat.
Ce peuple est malheureux ; que son espoir se fonde Sur la lumière un jour dont brillera le monde.
Il fut trop glorieux, il a le châtiment.
Dieu punit son orgueil, c'est le commandement; Mais il le soutiendra, guidera dans sa marche, Par un chemin plus sûr le conduira vers l'arche.
Il a sauvé, jadis, le peuple d'Israël; Comme lui son enfant, qu'il croie en l'éternel.
Source : Gallica

Émile Bourdier Le Siège de Paris à vol d'oiseau (1871)

A la Prusse, il livrait, sans se voiler la face, Toute une armée entière, une ville, Sedan, Des aigles, des canons, et, Bonaparte aidant, De la France les clefs et de la capitale Ouvrait tous les chemins à la force brutale, Vendait tous ses trésors, sa population, Sauvait l'empereur et perdait la nation.
La France se trouvait par leur faute battue, Mais son âme vivait, et n'était pas vaincue ; Car Paris espérait, arbitre de son sort, Écraser l'ennemi, la sauver de la mort.
Source : Gallica

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