“ Fernando les accompagna, emportant avec lui le petit Philippe. Il passa la nuit chez don Alonzo, rêvant aux moyens d’instruire son épouse de toutes ces horreurs. Lorsqu’il lui en fit le récit quelque temps après, cette digne dona répandit des larmes abondantes sur le triste sort de son enfant et de ces malheureuses victimes du fanatisme religieux. Don Fernando adopta le petit étranger, et dans la suite, lorsqu’il considérait Philippe, et réfléchissait à la manière dont il avait eu cet enfant, il lui semblait presque qu’il dût s’en réjouir. ”
Don Fernando
Définition et enjeux
Citations sur “Don Fernando”
Gustave Aimard,
Les Chasseurs d’abeilles
(1854)
“ La jeune fille, accablée par l’émotion, perdit connaissance et tomba évanouie entre les bras de don Fernando. Celui-ci, désespéré de ce qui arrivait, et ne sachant comment rappeler la jeune fille à la vie, se hâta de la transporter à l’entrée de la grotte, dans l’espoir que l’air lui ferait du bien ; il l’assit doucement sur un amas de feuilles sèches, et se retira discrètement à quelques pas. Don Fernando était un homme doué d’un courage qui allait jusqu’à la témérité ; vingt fois il avait en souriant regardé la mort en face ”
Ponson du Terrail, Les cavaliers de la nuit, deuxième partie…
“ Don Paëz surprit ce regard et un éclair jaillit de son œil:—Don Fernando, dit-il d’une voix: railleuse, vous êtes pâle et hâve comme un mort qui ressuscite, ou un homme de loi tel que messire le chancelier; vous souffrez, mon cher sire, et nous sommes exposés ici à tous les vents de l’Espagne, rentrez donc chez vous au plus vite:—l’Albaïzin et le roi feraient une perte trop cruelle si vous mouriez de vos blessures. ”
Gustave Aimard,
Le fils du Soleil (1879)
“ Oh! continua-t-elle à un geste de don Fernando, je vous connais brave, trop brave même. Les bandits gauchos abondent dans la plaine. N'exposez pas une vie qui m'est si chère, qui déjà n'est plus à vous, Fernando, et écoutez le conseil d'un coeur qui n'est plus à moi. ”
Bénédict-Henry Révoil,
Au Pôle et sous les tropiques…
(1882)
“ Combien de temps don Fernando resta-t-il dans cet état d'assoupissement? Nul ne saurait le dire. Lorsqu'il reprit ses sens, il se trouvait dans la cabine d'un navire inconnu, entouré de gens dont le visage lui était étranger. Il se frotta les yeux et regarda autour de lui avec égarement. A ses premières interrogations, on répondit qu'il était à bord d'un navire portugais en destination pour Lisbonne. On l'avait rencontré en pleine mer, sur une épave, mort de froid et inanimé. La surprise et la perplexité de don Fernando augmentait à chaque parole de ses hôtes. ”
Gustave Aimard,
Le fils du Soleil (1879)
“ Don Fernando, vous resterez ici et ne retournerez au Carmen que pour vous marier. Cela vous convient-il?--Oui, dit Fernando en regardant amoureusement Lindita, à condition que ce sera bientôt, mon père.--Voilà bien les amoureux! ils sont pressés, impatients. Chacun son tour; j'ai été comme cela, j'étais heureux alors. Nos enfants nous remplacent, et le bonheur des vieillards est fait avec leur bonheur. ”
Philarète Chasles,
Études sur l'Espagne et sur les influences de la littérature espagnole en France et en Italie…
“ Il faut que tu vives pour que l'on sache sur la terre ce que c'est que la grandeur d'âme. Il ne faut pas qu'une vengeance aveugle éteigne cette vertu si haute. Tiens, don Fernando, je pouvais te tuer; j'en avais envie : je le voulais : j'aimais mon frère; je suis jaloux de toi; la nuit est muette, et tu es fugitif. Une fureur croissante m'animait. J'aime mieux te donner la vie. Seulement, garde-toi bien que personne ne sache que tu m'as offensé ; il faudrait nous battre , entends-tu ! Au lieu que maintenant, si tu le veux, si tu veux m'avoir pour ami, mon coeur te sera obligé ! ”
Bénédict-Henry Révoil,
Au Pôle et sous les tropiques…
(1882)
“ Don Ramiro n'avait jamais envisagé avec satisfaction l'union de sa fille chérie avec don Fernando, mais Seraphita, à force de supplications, avait obtenu de lui son consentement à son mariage avec celui qu'elle préférait. Et cependant le vieil hidalgo ne pouvait point trouver d'objection sérieuse contre le rêveur qui appartenait à la fine fleur de la chevalerie portugaise. Personne mieux que don Fernando ne savait disputer le prix de la joute ou du jeu de bague. Nul mieux que lui ne montrait plus de force et d'audace dans les combats de taureaux. ”
“ Don Fernando devint furieux en voyant tomber le corps de Constance ; il agita son épée avec force, et il eût sans doute puni l’assassin, si par un bond celui-ci n’eut évité ses coups donnés au hasard. Cependant il ne pouvait résister seul à la foule qui l’entourait. Josepha, le quittant alors, s’écria : « Adieu, don Fernando ; ayez soin des enfans ; » et se jetant au-devant de la foule, pour terminer cette lutte : « Tigres avides de sang, me voici, tuez-moi. » ”
Alphonse Roswag, Nouveau guide du touriste en Espagne et en Portugal… (1879)
“ Une bulle, émanée de Rome, vint sanctifier la résolution chevaleresque de Don Fernando, à laquelle s'associa Don Henrique, qu'un secret instinct et l'amour des découvertes, entraînait, avec son frère, vers les plages africaines. Huit mille hommes seulement, purent prendre part à l'aventure; on commit la faute de ne pas se maintenir en constante communication avec la flotte. ”
“ « Ce n’est que pour quelques instans, dona Josepha, et cet enfant n’a rien pris depuis l’heure fatale qui a fait notre malheur. — Un autre motif m’imposait le silence, don Fernando ; dans ces temps horribles, personne ne refuse de partager ce qu’il possède. » Puis elle prit l’enfant et le plaça sur son sein, après avoir remis le sien propre à son père. Don Fernando fut très-reconnaissant de cette complaisance. Il leur demanda s’ils ne voulaient pas s’approcher du reste de la société qui préparait un petit déjeûner près du feu. ”
Gustave Aimard,
Les Bohèmes de la mer
(1865)
“ Ces trois personnes étaient doña Juana, cette charmante jeune fille que déjà nous avons entrevue à l’île de Saint-Domingue, sa dueña ña Cigala, et don Fernando d’Avila, gouverneur de l’île de la Tortue. Don Fernando était un homme de cinquante ans, aux traits caractérisés, à la physionomie énergique, vrai type des soldats de cette époque, qui ne connaissaient d’autre raison que l’épée, et d’autre droit que la force. ”
Henry Desnar, Le Secret de Sabine, par H. Desnar (1883)
“ Un homme va mourir. Peut-être est-il possible de le sauver ! – Le sauver !. répéta la vieille comme dans un rêve. – Oui, c'est don Fernando. – Ah ! chaque fois que cette fille infâme me parle, c'est un poignard qui s'enfonce en mon coeur ! et Gachaz Karra cacha sa tête entre ses mains. L'Indienne ne se découragea pas. Elle aimait de toute son âme damnée, elle voulait sauver son amant. – Oui, Fernando. Si tu veux, pendant que tu leur parleras pour occuper leur attention, je profiterai de l'obscurité de la nuit et je le ferai évader. ”
Gustave Aimard,
Le fils du Soleil (1879)
“ Le lendemain, au soleil levant, don Fernando Bustamente sortit de l'habitation. Au bas du perron, le capataz et deux esclaves l'attendaient. Involontairement, le jeune homme, avant de piquer des deux, tourna la tête du côté de la chambre de sa bien-aimée, dont la fenêtre s'ouvrit soudain.--Adieu! dit dona Linda avec une certaine émotion dans la voix.--Adieux! non! répondit Fernando en lui envoyant un baiser, au revoir!--C'est juste, fit-elle, au revoir.Le capataz soupira fortement; sans doute il pensait à Maria, et se disait que don Fernando était bien heureux. ”
Gustave Aimard,
Les Chasseurs d’abeilles
(1854)
“ Don Fernando se leva, prit un pistolet aux arçons de sa selle et le présenta à don Torribio. — Il est chargé et amorcé, dit-il, la détente est un peu dure. — Quel homme précieux vous faites, don Fernando ! vous prévoyez tout, aucun détail ne vous échappe. ”
Gustave Aimard,
Les Chasseurs d’abeilles
(1854)
“ Le Chat-Tigre ne put réprimer un cri de triomphe : don Fernando était sauvé ! En effet, au bout de quelques minutes, le jeune homme fit un mouvement imperceptible et poussa un profond soupir. Le chef indien se releva après avoir bandé le bras de don Fernando, et d’un signe il commanda à Pablito de le suivre dans un autre compartiment du rancho, après avoir prié don Torribio de demeurer un instant à l’endroit où il se trouvait. ”
Ernest Capendu, Dolorès, par Ernest Capendu (1865)
“ Rappelez-vous bien ce que je vous disais tout à l'heure : le Dieu que je sers et celui que votre sainte mère vous a appris à bénir, est un Dieu de paix et de miséricorde ! — Non, se disait tout bas Fernando, mon Dieu, à moi, c'est la vengeance, la Compagnie rouge ! voilà son ministre ! Le révérend père Pascual se retira en annonçant qu'il viendrait le lendemain à la même heure instruire don Fernando et Andrès du résultat de la démarche qu'il allait tenter le jour même, et qui les concernait tous deux. ”
Gustave Aimard,
Les Chasseurs d’abeilles
(1854)
“ Il est vrai que cet homme n’était autre que Tonillo el Zapote, le digne vaquero que déjà plusieurs fois nous avons eu occasion de présenter au lecteur. La réception faite à don Fernando fut des plus chaudes et des plus amicales ; ses amis, dont la curiosité était excitée au plus haut degré, brûlaient de l’interroger, d’autant plus que l’expression ouverte et presque joyeuse de sa physionomie leur donnait à supposer qu’il était porteur de bonnes nouvelles. ”
Louis de Viel-Castel,
Revue des Deux Mondes
“ La crédulité du père, trop heureux de retrouver son fils pour que son ame puisse s’ouvrir à aucun sentiment de défiance, accepte sans hésiter cette absurde invention. Dès-lors tout ce qui devrait l’éclairer ne sert qu’à accréditer de plus en plus l’imposture du malicieux gracioso. Vainement don Fernando persiste à protester contre les mensonges de son valet ; le vieillard, désespéré d’être méconnu par son fils, n’y voit qu’une preuve nouvelle du déplorable état où l’a réduit la maladie, et redouble de soins, de tendresse, d’empressement. ”
Gustave Aimard,
Le fils du Soleil (1879)
“ Tout est prêt pour le départ; les chevaux sont là, tout sellés. Partons!--Merci, José; vous êtes un brave homme, dit Fernando en lui serrant la main.--Je le sais bien.--En selle!Don Fernando et don José, escortés de deux esclaves, traversèrent au pas la foule des oisifs rassemblés devant la porte du fort afin d'apprendre les nouvelles; puis ils descendirent au grand trot la pente assez raide qui conduit de la citadelle au vieux Carmen, et ils galopèrent enfin vers San-Julian. ”
Gustave Aimard,
Les Bohèmes de la mer
(1865)
“ Cette porte, continua don Fernando en indiquant du doigt à la jeune fille une large porte-fenêtre, est celle dont je vous ai parlé et qui donne dans votre oratoire. Maintenant je vous laisse ; promenez-vous sans crainte dans ce jardin : vous n’avez rien à redouter. Si je ne puis vous revoir ce soir, veuillez agréer, niña, tous mes souhaits pour la première nuit que, depuis bien longtemps, vous passez sous mon toit. Après avoir ainsi pris congé, don Fernando se retira, et doña Juana demeura seule. ”
A. Guibout, Épisodes de l'histoire du Portugal (1863)
“ Le Maure fut ensuite emmené hors de la salle et lapidé en présence de quelques-uns des compagnons de l'infant. Attendez-vous à un même sort, disait-on aux prisonniers. Don Fernando fut, à partir de ce moment, séparé de ses amis et plongé dans une sorte d'effroyable loge, où ne pénétrait aucun rayon de lumière, et si petite, qu'un homme seul avait peine à s'y retourner. C'est là que l'infant, privé de vêtements, couché nu sur le sol, dut languir quinze mois, jusqu'à ce que l'ange de la mort vint enfin le délivrer. Ses compagnons ne l'avaient pas oublié au milieu de leur propre misère ”
S. Filippi de Fabj, Aux Espagnols, à propos de l'Espagne… (1869)
“ Cette combinaison, la meilleure jusqu'à ce jour, tout en offrant le grand avantage'de ne froisser ni l'Espagne, ni le Portugal, présenterait cependant la prévision d'un grave inconvénient dans l'avenir: c'est qu'il n'est pas certain que les héritiers de don Fernando quels qu'ils soient respectent les engagements pris par leurs ascendants. Le pouvoir peut bien se transmettre, mais non la volonté. ”
Alphonse Royer,
Histoire universelle du théâtre…
(1869-1878)
“ L'Homme du monde est une suite de conversations sans fin, aboutissant à cette moralité que traduit Dona Clara s'adressant à son époux « Avoir beaucoup vécu n'assure pas pour l'avenir le bonheur d'un EÉari. Ce qu'il a fait aux autres, il croit que tout le monde veut le lui faire, et ce continuel soupçon le tient dans une agitation perpétuelle. » Don Fernando d'Antequera est plus une pièce politique qu'une pièce dramatique. ”
Louis P A Teste, L'Espagne contemporaine, journal d'un voyageur (1872)
“ En effet, le 31 décembre suivant, Fernando convoqua ses ministres, la députation de la grandesse, l'archevêque de Tolède, le patriarche des Indes et les dignitaires de la Couronne. En leur présence, il protesta contre la violence dont il avait été l'objet et déclara solennellement que sa fille, l'infante Isabel, était la seule et légitime héritière de son trône. Sa déclaration porta au comble la fureur du parti absolutiste, à l'instigation duquel des troubles éclatèrent à Burgos, à Tolède, à Valence, à Léon, en Catalogne, en faveur de don Carlos. ”
Henri Burat de Gurgy, L'écolier de Barcelone ; suivi du Fils du braconnier… (1842)
“ Il voyait qu'à cause de son ignorance , les années s'écouleraient sans profit pour le jeune Fernando, et que lorsqu'il serait homme, il se trouverait incapable d'occuper un rang distingué dans la société, et ce malheur serait son ouvrage. ”
Maria das misericordias Xavier Telles da Gama, Le comte-amiral D. Vasco da Gama (1902)
“ Fernando au mariage, il aura pu constater avec surprise et dépit que l'obstacle qui lui semblait infranchissable s'effaçait de lui-même en face des difficultés dans lesquelles l'Espagne se débattait. A cette nation monarchique il fallait un souverain, et aucun autre prince ne valait D. Fernando à ses yeux. Si belle que soit la médaille, elle a toujours son revers. ”
Théodore Pavie,
Revue des Deux Mondes
“ Fernando avait un son de voix terrible que ne pouvait adoucir l’amour sincère et passionné qu’il portait encore à Pepa. — Fernando, s’écria doña Ventura, la dernière fois que tu étais ici, tu as quitté ma maison comme un furieux, la main sur la poignée de ton couteau ; tu y rentres aujourd’hui comme un bandit, la menace à la bouche. Va, pars et ne reviens plus ! Je n’ai pas besoin de ta protection. — Ah ! vous voulez dire que Gil Perez vous protégera ; comptez -y... il y a des temps où les beaux châles et les chaînes d’or ne valent pas un sabre et une carabine. ”
Ascargorta, Précis de l'histoire d'Espagne… (1823)
“ Don Fernand ne put pas regarder avec indifférence le danger qui menaçait ses états ; et abandonnant dès projets qu'il n'aurait pu que difficilement voir réalisés, il marcha avec ses troupes contre la forteresse d'Alcantara et intimida le roi de Portugal de telle façon, que, sortant de Badajoz par une fuite précipitée, il se heurta contre la porte, se rompit la jambe et fut fait prisonnier. Don Fernand le traita néanmoins avec de grands égards, fit soigner sa fracture, et lui rendit la liberté. ”
Henry Desnar, Le Secret de Sabine, par H. Desnar (1883)
“ L'Indienne perçut sans doute un bruit inaccoutumé, car elle écouta comme savent seuls le faire les gens de certaines de ces races, qui ont longtemps cherché à surprendre dans les vagues rumeurs de la nuit le pas de leurs ennemis. Fernando prononça entre ses dents ces paroles : – Le général n'est donc pas ici ?. M'échapperait-il ?. C'est l'âme de l'insurrection ; de sa capture dépend ma fortune à la cour de Madrid. Sans lui, le carlisme est vaincu. Avec lui et les cabecillas, l'insurrection sera triomphante ; et moi, non seulement je perdrai le bénéfice de mes efforts, mais la vie. ”
Miguel de Cervantes Saavedra,
L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
“ Toutes ces demandes et ces réponses, mon imagination se les fit en un instant ; mais ce qui commença surtout à m’ébranler et à me pousser, sans que je le susse, à ma perdition, ce furent les serments et les imprécations de Don Fernand, les témoins qu’il invoquait, les larmes qu’il répandait en abondance, et finalement les charmes de sa bonne mine, qui, soutenus par tant de témoignages de véritable amour, auraient pu vaincre tout autre cœur, aussi libre, aussi sage que le mien. ”
Miguel de Cervantes Saavedra,
L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
“ Mais, pour arriver plus vite au terme de l’histoire de mes malheurs, je veux passer sous silence les démarches que fit Don Fernand pour me déclarer ses désirs. Il suborna tous les gens de ma maison, il fit mille cadeaux et offrit mille faveurs à mes parents ; les jours étaient de perpétuelles fêtes dans la rue que j’habitais, et, pendant la nuit, les sérénades ne laissaient dormir personne ; les billets en nombre infini qui, sans que je susse comment, parvenaient en mes mains, étaient remplis d’amoureux propos, et contenaient moins de syllabes que de promesses et de serments. ”
