Gustave Aimard

Gustave Aimard

Résumé

Portrait de Gustave Aimard Gustave Aimard Les Bohèmes de la mer (1865)

Maintenant, je suis heureuse : j’espère !
— Je vous obéis, Juana ; je pars, puisque vous l’exigez ; un dernier mot encore.
— Dites.
— Quoi qu’il arrive, quelque chose qu’on vous rapporte sur mon compte, il en est une que vous ne devrez jamais croire, c’est que je puisse jamais cesser de vous aimer.
— J’ai foi en vous, Philippe, je ne croirai que vous, je vous le jure.
— Je reçois votre serment, Juana ; il est désormais écrit dans mon cœur en caractères ineffaçables, et maintenant je pars plein de foi et de confiance, ma bien-aimée ; ainsi, je ne vous dis pas adieu, mais au revoir.
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Portrait de Gustave Aimard Gustave Aimard Les Bohèmes de la mer (1865)

Juana !... Oh ! vous ne le croyez pas ! s’écria-t-il avec douleur.
La jeune fille hocha tristement la tête.
— L’absence, c’est la mort, murmura-t-elle.
Le jeune homme lui lança un clair regard, et, lui saisissant la main qu’il pressa doucement :
— Vous m’oublierez donc, vous, Juana ? lui demanda-t-il d’une voix tremblante.
— Moi ? Oh ! non, fit-elle ; je mourrai fidèle à mon premier, à mon seul amour. Mais vous, Philippe, vous êtes beau...
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Portrait de Gustave Aimard Gustave Aimard Les Bohèmes de la mer (1865)

Mais presque aussitôt le chevalier s’était relevé et s’était précipité, l’épée à la main, dans la salle en poussant des rugissements de fureur.
Il était livide ; une écume sanglante marbrait le coin de ses lèvres crispées par la colère.
— Sa vie ! il me faut sa vie ! s’écriait-il.
— Je suis sans armes ; voulez-vous donc m’assassiner ? répondit railleusement Martial sans faire un mouvement pour éviter le coup dont il était menacé.
Le capitaine s’arrêta.
— C’est vrai, murmura-t-il d’une voix étranglée. Cependant il faut qu’il meure ! Qu’on lui donne une épée, un poignard, n’importe quoi.
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