Paul Duplessis

Paul Duplessis

Résumé

Portrait de Paul Duplessis Paul Duplessis Les Boucaniers/Tome V

Pour le monde, pour toi-même, je ne suis pas le chevalier Renulf de Morvan : je m’appelle de Montbars ! Entends-tu, de Montbars, le flibustier de Saint-Domingue !
— Ah ! mon oncle ! s’écria de Morvan, revenu un peu de sa surprise, pourquoi m’avoir laissé ignorer jusqu’à ce jour qu’il y avait sur la terre quelqu’un qui m’aimait ?
— Il le fallait, Louis ! Un homme ne devient fort qu’à la condition d’être le fils de ses œuvres ! Rien ne développe une nature d’élite comme l’isolement et l’abandon !
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Portrait de Paul Duplessis Paul Duplessis Les Boucaniers/Tome V

En dehors de la liberté, voyez-vous, mon cher Louis, il n’y a rien de complètement beau sur la terre ! sans liberté, l’existence devient, pour les natures d’élite, une longue et intolérable torture : car, privé de liberté, l’homme n’est plus qu’une bête brute à qui Dieu lasse encore — juste châtiment de son abjection et de sa lâcheté, — une âme pour souffrir.
Le boucanier prononça ses paroles d’un ton si inspiré, avec un enthousiasme si ardent et si pur que de Morvan se sentit électrisé.
— Legoff, s’édcria-t-il, un homme qui s’exprime ainsi ne peut rester l’hôte d’une prison.
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Portrait de Paul Duplessis Paul Duplessis Les Boucaniers/Tome V

Une femme, Louis, reprit le boucanier, n’aime jamais l’homme qui est sa dupe ; elle le méprise ! J’entirevois dans l’avenir, si vous ne parvenez à vous guérir de la passion qui vous aveugle, j’entrevois d’horribles catastrophes ! Tenez, Louis, je ne devrais peut-être pas vous parler ainsi que je vais le faire, mais j’éprouve pour vous ce que je n’ai jamais ressenti pour moi ; j’ai peur : Louis, au nom de votre père, le seul être que j’aie jamais aimé, au nom de votre père que mon cœur pleurera toujours, renoncez à cette femme
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