Pierre Troyon, Revue des Deux Mondes
“ La soif, c’est une des pires souffrances de la guerre. Un champ de bataille, c’est le désert, le pays de la soif ; le manque d’eau est une des tortures de ces régions du feu. Des hommes, faute d’eau, boivent leur urine dans leur casque. Je mourais de soif et ne m’en étais pas aperçu. Trop de sensations violentes m’avaient distrait de ce besoin. L’aspect de l’eau le réveilla comme une brûlure. C’était celle de la rivière, une eau suspecte, défendue, où des morts achevaient de pourrir. J’étais seul, je me couchai à plat ventre sur la berge, et, — pardonne, ô Gédéon ! ”
