Raymond Jubert , Revue des Deux Mondes
“ Un trou m’arrête, dans le toit d’un abri, à l’ouverture obstruée. A peine j’y jette les yeux que je m’écarte d’horreur ; puis j’y reviens, fasciné comme l’on vient au serpent. Le torse nu, décharné, squelettique, se détachant en relief cru de l’ombre de l’abri, tous muscles tendus de marbre, Keffmann, ce blessé qu’ici j’ai fait transporter ce matin, de nouveau prisonnier de la terre et les deux jambes, cette fois, broyées par un obus ; dressé sur le séant, il agonise, farouche. A ma vue, à mon cri, il n’a point tressailli ; la mort dans les yeux, il ne voit plus les hommes. ”
