Wilfred Monod

Résumé

Wilfred Monod Verdun (un diptyque) (1922)

L'immensité même du désastre empêche l'imagination de l'embrasser. Tel hameau, dans la banlieue de Verdun, avec ses toits crevés, ses maisons éventréesi, ses murailles découpées en scies, produit plus d'impression qu'une localité anéantie, et dont la poussière se confond avec celle du chemin.
LE FORT DE VAUX. — Nous gravissons, à pied, le Fort de Vaux. Une alouette invisible chante, l'alouette gauloise, ivre de soleil. Elle n'a pas besoin, elle, d'arbres pour nidifier ; de la terre et du ciel, voilà ce qu'elle demande, et elle délire de joie en montant vers la lumière.
Source : Gallica

Wilfred Monod Verdun (un diptyque) (1922)

« Autour de Verdun, le vacarme, incessant des explosions, continué jour et nuit, nous exaspère au point que nous sommes parfois tentés die bondir hors de nos abris pour crier dans le tonnerre : Assez ! Assez» !
Ce bombardement ininterrompu blesse et tue presque autant d'hommes, sur les chemins de ravitaillement et dans les cantonnements de repos, que sur la ligne de feu. Il est des hommes qui refuseraient d'aller chercher de la nourriture fraîche, et qui se contenteraient de conserves, s'ils n'étaient pas soutenus par le désir de vin et d'eau-de-vie.
Source : Gallica

Wilfred Monod Verdun (un diptyque) (1922)

Un carnet de soldat, sous Verdun, contient ces notes stoïques : « Le pays par lui-même n'est pas gai ; ville austère, villages pauvres, dans la campagne peu d'arbres ; des côtes nues qui se succèdent ; au sommet, des canons. Partout des soldats, rien que des soldats. Tout est abandonné. Il n'y a plus de place pour la pitié. On ne rit pas ; on ne pleure pas non plus : on se bat et on tue sans merci. La vie d'un homme ne compte pas ».
Source : Gallica

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