Résumé

Portrait de Albert Duruy Albert Duruy Souvenirs de campagne et de captivité…

Nous ne sommes pas Prussiens, nous sommes Allemands, et nous voulons rester Allemands. Nous tenons à notre Rhin, et nous voulons le garder. Seuls, nous n’aurions pas été assez forts. Aussi plus vous nous avez menacés, plus nous nous sommes rapprochés de la Prusse. Ce n’est pas que nous vous haïssions ; mais nous voulons boire dans notre verre, et, sans être des puritains, nous n’aimerions pas trop à voir revenir parmi nos femmes et nos filles vos brillans officiers tout chamarrés d’or et de galons.
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Portrait de Albert Duruy Albert Duruy Souvenirs de campagne et de captivité…

Dans une armée démoralisée comme l’était celle-là, il suffit que quelques hommes se sauvent en criant : nous sommes trahis, pour que tout le monde suive. La retraite se change en désordre, le désordre en panique, et tout est perdu.
Le 1er tirailleurs eut du moins, comme à Wœrth, l’honneur de rester un des derniers sur ce champ de carnage, et d’y montrer jusqu’au dernier moment ces fortes vertus sans lesquelles il n’y a pas d’armée solide : l’amour de la discipline et le respect des supérieurs.
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Au même instant, comme pour confirmer ces paroles, un obus arrive en rasant la terre, et tombe en plein bataillon, à quelques pas de nous. Trois ou quatre hommes sont tués, cinq ou six blessés ; l’un d’eux, qui avait tout l’abdomen emporté, — de ma vie je n’oublierai cette scène, — se redresse, nous regarde un instant, puis de ses deux mains, ayant arraché ce qui lui restait d’entrailles, déplie sa tente, s’enveloppe dedans et meurt.
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