Jean Petithuguenin

Résumé

Jean Petithuguenin L'épopée de Moronvillers (1918)

Tirons-leur dans le dos, Baltard! dit Gauvain en saisissant son revolver, qu'il avait conservé.
Les deux hommes savaient bien que, s'ils étaient découverts, c'en était fait d'eux. Leur intervention pouvait même, par une erreur assez naturelle, attirer sur eux le feu d'une mitrailleuse française. Mais ils se seraient tenus pour lâches s'ils étaient demeurés inactifs en un pareil moment. Baltard ne fit donc pas d'objection et, calant son fusil, se mit à tirer sur les ombles qui défilaient devant lui
Gauvain eut bientôt vidé son revolver.
Source : Gallica

Jean Petithuguenin L'épopée de Moronvillers (1918)

Le lieutenant Gauvain s'était élancé avec une section du 831; le sergent Baltard marchait à côté de lui. On ne parlait pas : chacun était lourd des pensées qu'il avait roulées dans son cerveau dans les minutes de réflexion du répit suprême, avant le signal. Parfois pourtant un juron étouffé accompagnait le bruit d'une chute : un homme était dégringolé dans un trou que l'obscurité impénétrable ne lui avait pas permis de distinguer.
Source : Gallica

Jean Petithuguenin L'épopée de Moronvillers (1918)

Si tu te donnais la peine de réfléchir, poursuivit Gauvain, tu remarquerais qu'il pleut et vente pour ton ennemi comme pour toi. Ça te dégoûte d'avoir froid et de te battre dans la boue!
Mais crois-tu que les Boches soient moins dégoûtés? Nos avions ne peuvent pas voler! Ceux des Boches ne le peuvent pas non plus et par conséquent ils ne viendront pas nous embêter tout à l'heure pour repérer nos positions. Nos artilleurs n'y voient goutte! Comme les artilleurs boches n'y voient pas davantage, ils ne pourront pas régler leurs tirs de barrage et nous recevrons moins de marmites.
Source : Gallica

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