Maurice Magre

Résumé

Maurice Magre,  La Tendre Camarade

“ À Anthéor, non loin d’Agay, les aiguilles de pins crient sous les pas, le parfum des algues séchées se mêle à celui des fleurs fraîches, de sorte que l’on ne sait pas ce qui vous enivre, si c’est le sel de la mer ou l’essence des plantes terrestres.
À Anthéor, non loin d’Agay, il y a une petite villa avec des colonnes qui est posée comme un bouquet de pierres au bord des flots, et dans cette villa habitent les jours heureux, et dans cette villa habite l’angoisse, et là le visage du bonheur sourit perpétuellement à côté de celui du malheur.
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— Que préfères-tu ?
”
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Maurice Magre,  La Tendre Camarade

“ La beauté du corps, la volupté de la chair ne font qu’augmenter notre désir de vivre pour savourer encore cette beauté et cette volupté. Tout ce que nous saisissons nous échappe, tout ce qui nous enivre nous déçoit. Le parfum de ta rose, Aphrodite, ne me fera pas tressaillir, et la tiédeur de ta chair contre la mienne me laissera insensible. Après m’être efforcé de chérir l’univers également sous toutes ses formes, y compris la tienne, je m’efforce de détruire en moi ce pouvoir de chérir. Je préfère l’immobilité au mouvement et la laideur à la beauté parce qu’ils nous font moins désirer. ”
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Maurice Magre,  La Tendre Camarade

“ Le bien est de la même essence que le bonheur. Je veux dire qu’il est, comme lui, changeant et périssable, qu’il a aussi son amertume et sa laideur. De même que, lorsqu’on est heureux, il suffit d’une parole entendue ou d’un souvenir pour que le bonheur s’efface ; de même quand une bonne action est accomplie, on s’aperçoit qu’elle est d’une qualité très sensible, qu’elle se modifie selon la chaleur ou les transformations de l’âme, qu’elle peut, avec une extrême facilité, devenir une mauvaise action. ”
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