Claude Tillier

Claude Tillier

Résumé

Portrait de Claude Tillier Claude Tillier Mon oncle Benjamin

Voyons, parle-moi comme si j’étais couché dans mon cercueil ; je serais bien aise d’entendre vivant ce que dira de moi la postérité.
— Ma foi, dit Benjamin, je ne sais trop ce que je vais dire.
— Ce que tu voudras, mais dépêche-toi, car je sens que je m’en vais.
— Eh bien ! dit mon oncle : « Celui que nous déposons sous ce feuillage laisse après lui d’unanimes regrets. »
— « Unanimes regrets » ne vaut rien, dit M. Minxit ; nul homme ne laisse après lui d’unanimes regrets. C’est un mensonge qu’on ne peut débiter que dans une chaire.
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Portrait de Claude Tillier Claude Tillier Mon oncle Benjamin

Et pourquoi, monsieur, ne voulez-vous pas consulter les urines ? Va, Benjamin, c’était un homme d’un grand sens, cet empereur qui disait à son fils : Est-ce que ces pièces d’or sentent l’urine ? Si tu savais tout ce qu’il faut de présence d’esprit, d’imagination, de perspicacité et même de logique pour consulter les urines, tu ne voudrais faire d’autre métier de ta vie. On t’appellera charlatan peut-être ; mais qu’est-ce qu’un charlatan ? un homme qui a plus d’esprit que la multitude.
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Portrait de Claude Tillier Claude Tillier Mon oncle Benjamin

Manger est un besoin de l'estomac; boire est un besoin de l'âme. Manger n'est qu'un vulgaire artisan, tandis que boire est un artiste. Boire inspire de riantes idées aux poëtes, de nobles pensées aux philosophes, des sons mélodieux aux musiciens; manger ne leur donne que des indigestions. Or, je me flatte, sergent, que je boirais bien autant que vous, je crois même que je boirais mieux; mais pour manger, je ne suis auprès de vous qu'une mazette. Vous tiendriez tête à Arthus en personne: je crois même que, sur un dindon, vous seriez dans le cas de lui rendre une aile.
Source : Gutenberg

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