Claude Tillier,
Mon oncle Benjamin
“ Voyons, parle-moi comme si j’étais couché dans mon cercueil ; je serais bien aise d’entendre vivant ce que dira de moi la postérité. — Ma foi, dit Benjamin, je ne sais trop ce que je vais dire. — Ce que tu voudras, mais dépêche-toi, car je sens que je m’en vais. — Eh bien ! dit mon oncle : « Celui que nous déposons sous ce feuillage laisse après lui d’unanimes regrets. » — « Unanimes regrets » ne vaut rien, dit M. Minxit ; nul homme ne laisse après lui d’unanimes regrets. C’est un mensonge qu’on ne peut débiter que dans une chaire. ”
