Raoul de La Grasserie

Résumé

Raoul de La Grasserie Les Pensées, poésies (1893)

Le Sphinx n'est pas compris, la France va périr. Alors le Sphinx laissa tomber l'autre parole, La seconde sur trois ; laconique symbole. Qu'il faut, des ans, des ans, pour avoir médité. Il ne laissa que l'heure, et dit : Égalité !
Quel sera l'interprète, et le voyeur de songe ? La liberté réchauffe, et l'égalité ronge. L'un est amour, et l'autre est la haine, et comment Ensemble associer l'un et l'autre élément ?
Il le faut... le contraste est l'éternel mystère, L'une fut généreuse, et l'autre plus sévère, Et l'autre avait la force, et l'une la beauté. La Liberté ne vit qu'avec l'Égalité.
Source : Gallica

Raoul de La Grasserie Les Pensées, poésies (1893)

Plus de guerre jamais quand c'est le vin qui coule, Le sang est si joyeux qu'il étincelle en foule, Il n'est plus ni vaincu ni vainqueur ennemi, Quand la coupe est bien pleine ils s'aiment à demi. C'est le mois fraternel, la communion sainte, L'amour universel a remplacé la crainte. Plus de rois ; l'ignorant qui saigne et fait saigner, Le peuple plus heureux doit apprendre à régner, Car ce n'est plus l'esclave et tyran de frimaire, Il n'a plus ses soupçons, sa haine de brumaire, Il a vécu les mois de l'été, les mois d'or, Et partout Liberté, Fraternité, Lumière,...
Source : Gallica

Raoul de La Grasserie Les Pensées, poésies (1893)

Ce n'est que malgré lui qu'un Sphinx veut les donner. Seule, la Liberté trop fragile succombe, L'Égalité s'en vient et l'arrache à la tombe, Puissante pour sauver, rude pour caresser, Elle s'arme toujours, et peut toujours blesser, L'homme devient farouche, et la femme marâtre, Mais la Fraternité met la flamme dans l'âtre, L'enthousiasme au coeur et la pensée au front, C'est la Fraternité qui baise tout affront, Qui pose sur l'enfant les lèvres de son père, Et qui sur le foyer fait rayonner la mère.
Source : Gallica

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