Jean d' Agraives

Résumé

Jean d' Agraives Les portes du monde (1948)

Une ombre passa sur son visage.
Et puis, elle haussa les épaules, redevint souriante : — Tout cela... Qu'importe ! Notre nuit est à nous...
Jean se réveilla, s'étira dans la fraîcheur du matin clair. La brise agitait les rideaux flottants sur les hublots ouverts.
Un rai de soleil se jouait sur l'acajou massif du lit. Les couvertures étaient par terre.
Il les ramassa, s'en couvrit, cueillit le pyjama tombé sur l'épais tapis, pyjama qu'il avait prêté à Chantal, pour qu'elle ne fût plus nue,... après.
L'étoffe soyeuse, à rayures brunes, conservait encore son parfum.
Source : Gallica

Jean d' Agraives Les portes du monde (1948)

Je suis Jean Rauzac'h », cria-t-il pour tâcher de se faire entendre. « Le fiancé de votre fille. J'espérais la trouver ici. Pouvez-vous me dire où elle est ? »
Une lueur d'intelligence brilla dans les prunelles d'or qui avaient paru l'étudier et qui s'étaient, en dernier lieu, attachées au jeu de ses lèvres.
« Où est Chantai ? » répéta-t-il en articulant de son mieux. Le regard quitta son visage pour fixer l'ardoise attachée à un bras du fauteuil sculpté.
Le Breton comprit et soutint, à portée, la planchette lisse.
Source : Gallica

Jean d' Agraives Les portes du monde (1948)

Il bouscula l'un des tiroirs de l'armoire de sa cabine, tiroir où Chantal, peu à peu, avait rangé l'une après l'autre, à mesure qu'elle les apportait, les « affaires » dont elle usait en leurs heures d'intimité, pyjamas, babouches, robe de chambre, petit arsenal de fards, de flacons, de boîtes à poudre.
Il en fit un paquet sommaire.
Par le hublot, tout ça, allons ! Qu'il ne restât rien d'elle ici ! L'embrun lui trempa la figure aussitôt qu'il eut soulevé la lourde vitre cerclée de cuivre, après qu'il eût furieusement désassujetti les « oreilles » des fortes vis à écrou.
Source : Gallica

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