Jean d' Agraives

Résumé

Jean d' Agraives La Vénus de Malte : roman (1949)

Et puis, son regard remonta les pentes boisées du Mont Boron, s'arrêta sur une masse plus dense de verdure, la Commanderie.
Un pèlerinage, bien sûr, de gratitude s'imposait. Il s'en acquitterait dès demain. Il irait voir la Déesse. Mais la pensée de la revoir, tête à tête, ne l'exaltait plus. Elle s'était estompée, en lui, depuis son deuxième séjour à Mossoul, chez Aziad Khan.
A vrai dire, la France, pour lui, ce n'était plus que le désir de rejoindre Claude, cette Claude qu'il s'imaginait mieux d'avoir tiré chaque trait de son visage des confidences de l'Émir.
Source : Gallica

Jean d' Agraives La Vénus de Malte : roman (1949)

« Puis, nous piquerons au plus court, à petites marches, vers Mossoul.
Les dernières décharges, issues de l'artillerie, céleste roulèrent. La pluie cessa et, de nouveau, les étoiles trouèrent la voûte.
Le guide s'en fut sur un salaam.
C'était sous une voûte pareille, par de semblables ténèbres bleutées, que Charles avait tenu, un soir — son dernier soir de Beyrouth — l'inconnue au parfum d'œillet, serrée tout contre sa poitrine.
Où était-elle à cette heure-ci ? Pensait-elle même encore à lui ?
— Si je vis, je la retrouverai », dit-il, tout haut, d'une voix forte.
Source : Gallica

Jean d' Agraives La Vénus de Malte : roman (1949)

Avec celui qui les menait jadis, fièrement, à la bataille. Que l'oubli ensevelît ses os !
Lui, Charles-Henri-Jacques, il vivait.
Elle le préférait pour son sang généreux et sa chair ardente à ce vieux mort décapité.
Qu'Elle l'eût aimé, peu importait !
Elle voulait revivre avec lui, lui dont le cœur battait, puissant et sûr, dans la poitrine hardie.
La gloriole d'un jeune amant, fier de son pouvoir sur les sens de sa maîtresse, l'animait.
— Je suis revenu pour de bon. Tu peux faire de moi ton plaisir ! proclama-t-il, marchant vers elle.
Source : Gallica

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