Magali-Boisnard

Résumé

Magali-Boisnard,  Les endormies (1909)

“ Comment les a-t-elle quittées pour un caprice et un chagrin de son cœur passionné ? Marchera-t-elle sur ses désirs ardents d’adolescente, sur l’espoir incertain et tenace d’un accomplissement avec Claude ou quelqu’un de semblable à lui ? Encore, si l’homme qu’on lui destine était jeune, séduisant, vigoureux ; mais cette barbe grise...
Elle jette en avant ses mains ouvertes, crispées, dans un geste d’horreur et de dénégation éperdue. Et, dans un sanglot :
— Jamais... Je veux m’en aller, revoir Noura. Plutôt que d’être à Cherïef-Soltann, je le tuerai, comme Zorah tua son mari. Oh ! Noura !...
”
Source : Gutenberg

Magali-Boisnard,  Les endormies (1909)

“ J’écoute mon cœur où bruit mon désir ; quand il veut parler mes lèvres s’ouvrent ; s’il veut se taire, elles restent closes ou prononcent des mots qui ne le touchent pas. Je n’ai rien fait de mal. Ma tendresse pour Noura est entière et si Noura souffre, c’est moins que moi ; elle est libre.
Un sentiment complexe bouleverse Claude Hervis. Il voudrait saisir Mouni dans ses bras, la bercer, la consoler, l’endormir comme un père son enfant !... Et il redoute de respirer le parfum d’ambre et de lentisque de la petite princesse, la captive aux nœuds douloureux qu’il ne peut pas délier.
”
Source : Gutenberg

Magali-Boisnard,  Les endormies (1909)

“ Tout à l’heure ton mari fouillera l’oasis et il t’égorgera chez moi.
— Tu me défendras. Tu le tueras ; tu tueras ceux qui seront avec lui. Et si tu meurs et si je meurs, qu’importe ! Je ressemble à mes grand’mères nomades qui mentent, trahissent et se donnent autant pour l’amour que pour le frisson de savoir le poignard qui guette et qui les trouvera dans un enlacement. Oui, vraiment, je leur ressemble et cela vaut mieux !... Prends-moi !
La voix de Mouni siffle. Son corps mince grandit, les bras tendus.
Mais le sculpteur ne bouge pas. Une force invisible et fatale ploie sa haute taille.
”
Source : Gutenberg

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