Mouni

Définition et enjeux

Magali-Boisnard Les endormies (1909)

Le devin se recueille, fixe Mouni et prononce :
— Tu n’es pas aimée, ô jeune fille. Tu ignores l’amour arabe et l’amour chrétien te méprise. O jeune fille, le temps de l’amour qui est celui de la beauté passe comme un reflet sur le visage des femmes.
— Quel est le Chrétien dont l’amour me méprise ? questionne Mouni haletante.
— Celui que tu voudrais. Cela est tout. Comprends avec un cœur clair. Ta beauté, ta jeunesse et la vie finiront ensemble.
De charmants baisers, Sisann et Fatma caressent encore le front du derouïche.
Source : Gutenberg

Magali-Boisnard Les endormies (1909)

C’est la voix de Mouni :
— Djénèt a raison. La science ne donne pas le bonheur.
Comme une eau transparente laisse voir le fond des lacs, la voix transparente laisse voir une âme triste. Elle poursuit :
— Il n’y a qu’un bonheur, l’amour. La science ne donne pas l’amour. Et peut-être l’amour arabe vaut-il mieux que l’amour français. Peut-être les Musulmans mentent-ils moins souvent à leurs désirs que les Chrétiens.
Mouni, Mouni... murmure Noura, saisie éblouie de certitude après un soupçon.
Source : Gutenberg

Magali-Boisnard Les endormies (1909)

Et Mouni exaltée comme une Européenne, ardente comme l’Orient, ignorant la rigueur des actes accomplis et de leurs conséquences, créature de caprice et de passion ataviques, de juvénile inconscience, de liberté et de volonté apprises, Mouni voulait simplement un enlèvement et l’amour de Claude. Or, clairement, l’artiste sentait cet amour impossible et concevait la folie que serait cet enlèvement de la femme de Ferhat ; car Ferhat revendiquerait ses droits, aurait raison, et une possession vindicative, le martyre ou la mort serait le châtiment de la rebelle.
Source : Gutenberg

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