Magali-Boisnard

Élements biographiques

Magali-Boisnard Les endormies (1909)

J’écoute mon cœur où bruit mon désir ; quand il veut parler mes lèvres s’ouvrent ; s’il veut se taire, elles restent closes ou prononcent des mots qui ne le touchent pas. Je n’ai rien fait de mal. Ma tendresse pour Noura est entière et si Noura souffre, c’est moins que moi ; elle est libre.
Un sentiment complexe bouleverse Claude Hervis. Il voudrait saisir Mouni dans ses bras, la bercer, la consoler, l’endormir comme un père son enfant !... Et il redoute de respirer le parfum d’ambre et de lentisque de la petite princesse, la captive aux nœuds douloureux qu’il ne peut pas délier.
Source : Gutenberg

Magali-Boisnard Mâadith (1921)

Il crée l'illusion des rumeurs fortes, puis des murmures insaisissables et des frémissements ténus. Il est le rugissement de la forêt et le roucoulement de l'oasis, le psaume de la steppe et le bavardage du sentier. Il est l'esprit même de toute la poésie bucolique et il est toute l'expression sensuelle de la passion humaine.
Appel du désir, cri de l'extase, lamento du désespoir, hosanna de l'allégresse, cela tient dans ce court roseau, multiple et un, magique et réel. La voix de Kralouk, une pénétrante voix de tête, modulée, s'élève alternant avec les sons du djaouak.
Source : Gallica

Magali-Boisnard L'enfant taciturne

L’aube : une éclosion rapide du jour ; l’Enfant s’éveille à même le sol, après le sommeil profond qui lui fit si doux le repos sur la terre plutôt que sur les tapis laineux.
Une dizaine de poules, les ailes étendues, les pattes roides, gisent autour d’elle, mortes. Toutes ont, près de l’oreille, une blessure identique, une morsure ; leur crête pâle témoigne qu’il n’est pas resté de sang dans leur corps. Et, parmi ces cadavres, mince dans sa fourrure zébrée et gracieuse dans son abandon, une genette de Barbarie dort encore, ivre de sang, ivre à en avoir perdu la vigilance de l’instinct.
Source : Gutenberg

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