Magali-Boisnard

Mâadith (1921)

Résumé

Magali-Boisnard,  Mâadith (1921)

“ Il se tait soudain et se penche, l’oreille attentive à un pas léger, presque imperceptible, qui gravit les marches.
— Hada hîa, — c’est elle, murmure Louinissa.
D’un souple bond de chat, Kralouk s’est éloigné de la porte. Le rideau s’écarte lentement. Un corps féminin, raide et sombre, se découpe dans la lumière. Voici celle que nous attendions.
Elle ne m’est pas étrangère. Je la connais. Je l’ai vue dans un jardin de cyprès et de roses. Je l’ai revue dans l’ouvroir et dans le petit dispensaire d’une cité modeste où toutes les bouches redisaient le nom de sœur Cécile avec amour.
”
Source : Gutenberg

Magali-Boisnard,  Mâadith (1921)

“ Il crée l'illusion des rumeurs fortes, puis des murmures insaisissables et des frémissements ténus. Il est le rugissement de la forêt et le roucoulement de l'oasis, le psaume de la steppe et le bavardage du sentier. Il est l'esprit même de toute la poésie bucolique et il est toute l'expression sensuelle de la passion humaine.
Appel du désir, cri de l'extase, lamento du désespoir, hosanna de l'allégresse, cela tient dans ce court roseau, multiple et un, magique et réel. La voix de Kralouk, une pénétrante voix de tête, modulée, s'élève alternant avec les sons du djaouak.
”
Source : Gallica

Magali-Boisnard,  Mâadith (1921)

“ Lorsqu’elle devint la commensale du logis de Kralouk et de Louinissa, elle fréquenta l’église davantage encore. C’était pour échapper à l’influence dissolvante du logis, hospitalier, mais bizarre, où Louinissa régnait comme une figure de la Tradition, dans l’heureux et inconscient esclavage, la perpétuation du rite primitif. C’était pour s’arracher à l’ambiance et se purifier des parfums de la cité arabe où l’Homme au djaouak s’offrait tel un prêtre de la Volupté, du seul plaisir humain, qu’il chantait et exaltait sous toutes ses formes. ”
Source : Gutenberg

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