Magali-Boisnard

Résumé

Magali-Boisnard L'enfant taciturne (1922)

Dans l'ombre foisonnant subitement, un corps fauve, empanaché d'une queue touffue, s'aventura hors des broussailles en lisière. Un museau pointu prit le vent et se replongea dans les taillis.
Les chacals reparurent à deux ou trois et jetèrent le cri aigu, bref, puis prolongé en glapissement stridulant qui invite à la curée. En demi-cercle et sur tous les points à la fois, ils parurent sourdre. Bientôt, on entendit glapir et s'appeler sur les confins de la clairière d'où se détachaient les bêtes qui, toutes, convergeaient vers le cadavre du cheval.
L'Enfant ne les craignait pas.
Source : Gallica

Magali-Boisnard L'enfant taciturne

Son propriétaire, Ali le courrier, n’est pas beaucoup plus sûr de l’âge de sa monture que du sien.
Une fois par semaine, dès la première prière de l’aube, il jette sur le bât de la mule un double « tellis », enfouit la correspondance du maître dans les plis du sac de laine, se hisse au-dessus et, d’une allure allègre et soutenue, la mule s’enfonce dans la forêt.
On n’est jamais bien certain de voir revenir Ali ; il s’égare et s’attarde volontiers dans des régions où l’amour volage le mène et le retient ; mais la mule couleur étourneau revient toujours dans des délais qui ne varient point.
Source : Gutenberg

Magali-Boisnard L'enfant taciturne

Or, l’Enfant avait appris la vie des plantes en même temps que la vie des bêtes.
Elle savait la divinité végétale du cèdre, la royauté du chêne-liège, quand les hommes n’ont pas encore attenté à sa personnalité puissante. Elle savait comment le chêne-zéen, sorte de roi dépossédé de la couronne que le vol circulaire des aigles pose au front des montagnes, lutte contre son rival. Il lutte, ne désespérant point de reconquérir la suprématie forestière. Il lutte, en s’élançant d’un jet vers le ciel, en élargissant la circonférence de son tronc à l’écorce unie et qui reste droit.
Source : Gutenberg

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