“ Je vis les heures brillantes tourner au cadran du ciel. À peine si, dans ma fièvre, je faisais attention aux bêtes nocturnes, hyènes ou chacals, qui rôdaient autour de notre feu. Au contraire, mon attention fut sollicitée par la soudaine absence de tout bruit. Je levai la tête : j’entendis au loin la fuite d’animaux rôdeurs et je collai mon oreille contre terre. À la longue, je perçus un glissement léger, comme d’une bête qui rampe. J’éveillai Oumar, qui écouta à son tour : — Ce pourrait être Saïd, dit-il. Il est prudent, il nous reconnaît avant de se décider. ”
J.-H. Rosny aîné
Résumé
“Le Lion”, est une œuvre de J.-H. Rosny aîné. Des thèmes tels que Oumar, Aïcha ou Saïd y sont abordés.
Citations de Le Lion (J.-H. Rosny aîné)
“ La solitude élevait ses voix sinistres. On sentait partout la terreur et la férocité. La vie m’apparaissait dans les pénombres comme un perpétuel mensonge, comme un piège sans fin. Aucune bête qui n’eût la préoccupation de tromper sur sa présence, — l’une pour fuir la dent et la griffe, pour éviter d’être engloutie, toute palpitante encore, l’autre pour capturer la chair et le sang dont elle tissait ses muscles. Malgré le voisinage de Saïd, le frisson de la mort me passait parfois sur l’échine : il suffisait de si peu pour anéantir ma chétive structure... ”
“ On vit surgir de la forêt des antilopes, des zèbres, des troupes de singes, même des oiseaux. Quatre lions passèrent en rugissant. Oumar, plus habitué que moi, pour les avoir entendu raconter, à ces cataclysmes, me dit : — Ce sont les éléphants ! Il n’achevait pas que les arbres de la forêt se mettaient à onduler ; beaucoup s’abattirent, brisés ou déracinés. Et bientôt, parut l’avant-garde d’une immense troupe d’éléphants, d’autant plus terribles qu’ils étaient visiblement en proie à une panique. J’avoue que je fus d’abord pris d’une peur irraisonnée. Oumar se jeta par terre. ”
