Renée Dunan,
Le Brigand Hongre
“ Tant qu’on est libre, on n’est pas vaincu. Autour de moi, hors cette clairière oblongue, c’était le magma végétal, obscurci par le soir tombant. Danger, peut-être, mais aussi sauvegarde. Alors, d’un bond, je m’élançai dans le cône d’ombre d’un chêne ; je courus vers un autre et, m’efforçant à masquer ma route à Ida comme à l’inconnu, je m’enfuis éperdument, troussée jusqu’aux cuisses, souple comme un faon. Je fis cent mètres, contournant les troncs, cherchant les buissons, accumulant les obstacles entre moi et mes poursuivants probables. ”
