Renée Dunan

Renée Dunan

Résumé

Portrait de Renée Dunan Renée Dunan Le Brigand Hongre

Tant qu’on est libre, on n’est pas vaincu. Autour de moi, hors cette clairière oblongue, c’était le magma végétal, obscurci par le soir tombant. Danger, peut-être, mais aussi sauvegarde. Alors, d’un bond, je m’élançai dans le cône d’ombre d’un chêne ; je courus vers un autre et, m’efforçant à masquer ma route à Ida comme à l’inconnu, je m’enfuis éperdument, troussée jusqu’aux cuisses, souple comme un faon.
Je fis cent mètres, contournant les troncs, cherchant les buissons, accumulant les obstacles entre moi et mes poursuivants probables.
Source : Wikisource

Portrait de Renée Dunan Renée Dunan Le Brigand Hongre

Et, tout le jour, il fait des yeux tendres à ce qui l’entoure, les chênes, ou ses élèves ; il n’oublie jamais de porter des bottes aux tiges coupées en cœur, sur lesquels retombe une houppelande poilue qu’il drape comme un peplum.
Bien entendu, la vie au château et dans les environs eut pour moi tout l’attrait d’un voyage d’agrément, puisque mon « travail » ne m’absorbait pour ainsi dire jamais. Je m’efforçai aussi de pénétrer dans l’âme magyare, ce qui, comme toute psychologie comparée, est ardu et plein de surprises. La bibliothèque Effreazy, où j’ai tant lu, est merveilleuse.
Source : Wikisource

Portrait de Renée Dunan Renée Dunan Le Brigand Hongre

Alors, découragée de me sentir saisie partout, accrochée par des branches ou des épines, étreinte par cette végétation héracléenne, je m’adossai à un tronc et attendis. Que faire ? Dans le désordre des idées, la terreur se glisse vite. Il me fallait discipliner mon cerveau. Je me cramponnai à des raisonnements simples : grimper dans un arbre et attendre le jour, par exemple. Mais là-dessus, ma pensée vagabondait : même si demain je regagnais le château, qu’adviendrait-il ? Comment serais-je reçue ? Ida allait-elle rentrer seule, ce soir, ou si elle n’y revenait plus ?
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature