Résumé

Portrait de Dora d’Istria Dora d’Istria La Poésie populaire des Magyars

Platon voulait couronner les poètes de roses et les envoyer aux frontières de sa république. Il est possible que le rôle de la poésie ne se concilie pas aisément avec la république platonicienne, qui ressemble trop à celle que rêvent certains utopistes pour s’arranger des droits de l’idéal et de la liberté ; mais toute l’histoire des Magyars prouve qu’un état libre est au contraire excessivement intéressé à ne jamais étouffer les généreuses inspirations de la muse populaire, et que la tyrannie a seule d’excellentes raisons pour les redouter.
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« Toute mère donne son fils, afin qu’il défende son roi et sa patrie. » Si elles hésitent, le jeune soldat leur rappelle avec une mâle énergie que « Dieu s’est complu dans l’œuvre de son fils, quand il a racheté le monde par son sang. » Aux yeux de ce peuple patriote, celui qui meurt pour la liberté du pays s’associe au sacrifice du libérateur suprême, — grande idée noblement exprimée. Ces théologiens des steppes en valent bien d’autres, et l’on comprend que plus d’une fois dans ce pays le prêtre ait lutté à côté de l’homme de guerre pour l’indépendance de la patrie.
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Le csikós ne porte pas si loin ses regards dans l’avenir. Il a vraiment bien d’autres affaires : la danse le dimanche à la csárda, le reste de la semaine les occupations de sa rude existence ! La poésie populaire présente la vie du csikós sous un jour idéal en l’entretenant de son animal favori ; elle ne lui parle pas moins volontiers du vin destiné à « étancher la soif du jeune brave, » mais qui malheureusement a des résultats beaucoup moins utiles. Avec leurs qualités et leurs défauts, les csikós sont d’admirables recrues pour la cavalerie margyare
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