Résumé

Portrait de Dora d’Istria Dora d’Istria La Nationalité hellénique d’après les chants populaires

La multitude qui se courbait devant les Turcs était secrètement frère de penser qu’ils n’osaient sans trembler jeter les yeux sur la montagne où brillaient des glaives ornés comme celui de Kontoghiannis, d’inscriptions menaçantes : « celui qui ne craint point les tyrans, — qui vit libre dans le monde, — met son honneur, sa gloire, sa vie, uniquement dans son sabre. » Un Germain n’aurait peut-être pas enfermé toute sa joie dans le sentiment de cette fière indépendance. Des solitudes telles que les pentes merveilleuses de l’Olympe l’auraient autrement ému et inspiré
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Les Hellènes sont autant que les autres méridionaux portés à méconnaître dans de pareilles circonstances la lugubre fragilité de tout ce qui nourrit l’orgueil humain, tandis que l’instinct mélancolique des races du nord leur montre l’abîme où va toute chose. La poésie populaire, qui s’irrite de ce travers, les rappelle durement à la réalité. Quelque oiseau, « mauvais oiseau, » avertit Kharos, ou lui-même entendit les discours de la jeune femme et en fut « très fâché. »
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Mais l’amour est ingénieux. Combien de fois un jeune Hellène épris, ne pouvant franchir le seuil si bien gardé du gynécée, n’a-t-il pas profité de l’obscurité pour glisser en bateau sous les jalousies des palais grecs de Thérapia, dans l’espérance que son chant arriverait porté par la brise, jusqu’à des oreilles attentives ! D’autres plus timides, après avoir contemplé de loin l’objet aimé, confient leurs vœux au zéphyr, comme l’aurait fait un fils de la Grèce antique.
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