“ À sept heures, nous dormions — de Leuven, malgré sa poudre à gratter, Hippolyte Leroy, malgré ses grenouilles, et moi, malgré mon coq, — lorsque Manceau entra dans notre chambre, et nous réveilla en nous annonçant qu’ayant appris par voie détournée que nous avions passé une assez mauvaise nuit, il venait mettre sa science à notre disposition. ”
Manceau
Définition et enjeux
Citations sur “Manceau”
Hippolyte Ladevèze, Notice biographique sur M. l'abbé Manceau… (1856)
“ « C'est que chacun ici a compris que des hommes tels que l'abbé Manceau ne sont que rarement prêtés à la terre par la Providence; ils se rencontrent et ne se forment pas. « Adieu donc, coeur ardent et dévoué, âme d'élite qui as pris ta part de toutes nos émotions ; tu n'as pu supporter plus longtemps un tel fardeau , le zèle de la maison de Dieu t'a consusumée. » ”
“ Car Manceau, Dieu lui fasse miséricorde ! Manceau eut la lâcheté de nous dénoncer. De Leuven eut beau invoquer ses mains, rouges comme des écrevisses, et offrir de montrer le reste de sa personne, bien autrement rouge que ses mains ; Hippolyte eut beau réunir les grenouilles éparses dans sa chambre, et les apporter au milieu du salon ; j’eus beau aller chercher à la basse-cour le coq avec lequel j’avais dialogué toute la nuit, rien ne toucha nos juges ; nous fûmes déclarés bannis de la société, pour tentative d’homicide avec préméditation sur le docteur Manceau. ”
Émile Souvestre,
Revue des Deux Mondes
“ Brillant chez le Vendéen et le Normand, silencieux chez le Breton, il prend chez le paysan du Maine quelque chose de raisonnable qui peut nuire à sa grace, mais lui ôte en même temps une partie de son péril. Les premiers sont téméraires par goût, le Manceau ne l’est jamais que par réflexion. Il ne connaît point les fantaisies vaillantes, et laisse aux autres le luxe du courage pour n’en retirer que le profit. ”
Hippolyte Ladevèze, Notice biographique sur M. l'abbé Manceau… (1856)
“ M. l'abbé Manceau fit ses études classiques et théologiques au séminaire de Tours. Déjà brillaient en lui cette piété douce , cet esprit actif, ces manières affables , ce désir d'être utile , ce caractère égal, cette affectueuse charité qui plus tard se développèrent d'une manière si remarquable. Dans sa jeunesse, il eut autant d'amis que de condisciples. En 1828 il fut ordonné prêtre, et nommé vicaire de la paroisse de Saint-François-dePaule, à Tours. C'est alors que commence cette carrière de bonnes oeuvres qu'il parcourut durant 25 ans avec tant de zèle , de persévérance et de succès. ”
“ M. Collard paya, mais pria M. Paroisse de ne revenir désormais à Villers-Hellon que quand il y serait appelé. C’est à la suite de cet événement que Manceau avait été installé à demeure au château comme médecin ordinaire de la famille. J’ignore ce qu’est devenu Manceau... Je crois que le pauvre diable est mort. ”
Hippolyte Ladevèze, Notice biographique sur M. l'abbé Manceau… (1856)
“ C'est ainsi que M. l'abbé Manceau réussit à obtenir la sainte influence qu'il avait ambitionnée. Dévoué à l'Eglise, au salut des âmes , au bonheur des familles -, il fit partout du bien. Au sein des familles, on l'admit dans l'intimité comme un ami. ”
Hippolyte Ladevèze, Notice biographique sur M. l'abbé Manceau… (1856)
“ En toute occasion il usa de ces sages tempéraments que les hommes estiment, même en ne les goûtant pas. D'ailleurs, M. Manceau pouvait-il oublier qu'un prêtre se doit à tous indistinctement, et que Dieu a des bénédictions et des pardons pour tous les hommes sincères ? ”
Hippolyte Ladevèze, Notice biographique sur M. l'abbé Manceau… (1856)
“ Dans le monde, avoir l'esprit, c'est trop souvent posséder l'art de médire agréablement. Jamais M. Manceau ne blessa la charité. Il suivait la maxime si éminemment française : plaire sans offenser; plus d'une fois, dans les meilleures compagnies, on accueillit sa présence comme une bonne fortune. Nous avons maintenant à signaler les services que M. l'abbé Manceau a rendus à l'archéologie. ”
“ Celui-ci répond qu’il ne peut en dépouiller le manceau Gibouin qu’il en a investi. « Empereur, » dit alors Raoul, « la terre du père doit par droit revenir au fils. Je serais blâmé de tous si je subissais plus longtemps la honte de voir ma terre occupée par un autre. » Et il termine par des menaces de mort à l’adresse du manceau (tirade xxxiv) . Le roi promet alors à Raoul de lui accorder la première terre qui deviendra vacante. Quarante otages garantissent cette promesse. Un an après, le comte Herbert de Vermandois vient à mourir. Raoul met aussitôt le roi en demeure d’accomplir sa promesse. ”
Pierre Gabriel Deydou, Bernard-Louis Beaulieu, prêtre de la Société des missions étrangères… (1894)
“ Manceau, le Réolais, confident aimé des hirondelles de Mussonville, dont il traduisait les gazouillements en vers délicatement colorés (*) ; Bûche, Dénéchaud, Gaussens jeune, Laprie et Thibaut. Rarement établissement d'éducation eut un tel ensemble de maîtres instruits, dévoués, studieux, attachés aux traditions saines, et toutefois sagement progressifs. ”
“ Ce fils, c’est Raoul de Cambrai, le héros du poème. Il était encore petit enfant lorsque l’empereur voulut, sur l’avis de ses barons, donner le fief de Cambrai et la veuve de Raoul Taillefer au manceau Gibouin, l’un de ses fidèles. Aalais repoussa avec indignation cette proposition, mais, si elle réussit à garder son veuvage, elle ne put empêcher le roi de donner au manceau le Cambrésis [4] . Cependant le jeune Raoul grandissait. Lorsqu’il eut atteint l’âge de quinze ans, il prit pour écuyer un jeune homme de son âge, Bernier, fils bâtard d’Ybert de Ribemont. ”
Hippolyte Ladevèze, Notice biographique sur M. l'abbé Manceau… (1856)
“ Quant à nous, nous nous sommes retiré navré de douleur, mais profondément ému de cette grande et solennelle manifestation pour un homme qui fut notre ami ; fier aussi d'appartenir à une population qui sait ainsi témoigner sa reconnaissance aux hommes de bien et honorer d'une manière aussi éclatante le dévouement et la vertu. LADEVÈZE. — 12 — L'autorité municipale n'a pas voulu demeurer étrangère à la manifestation imposante qui a eu lieu à l'occasion de la mort de M. l'abbé Manceau. Elle s'y est associée d'une manière qui l'honore autant qu'elle honore le défunt. ”
Hippolyte Ladevèze, Notice biographique sur M. l'abbé Manceau… (1856)
“ L'expérience des hommes le confirma dans sa manière de penser et augmenta considérablement ses moyens d'action. A partir de 1828 , M. l'abbé Manceau se voua à un apostolat qu'on a bien caractérisé en l'appelant populaire. Nommé vicaire de la cathédrale en 1830 , il vit un champ plus vaste encore s'ouvrir devant lui. Quelques années auparavant était mort le vénérable curé Simon , de sainte mémoire ; mais ses traditions de piété , de bienfaisance , de générosité n'avaient pas péri. ”
Vladimir Karenin, George Sand, sa vie et ses œuvres
“ On joue Manceau mercredi, on lit Villemer aux acteurs mardi. Jeudi je verrai probablement Mélingue ou vendredi. J’ai vu Buloz qui est gentil pour moi autant qu’un Buloz peut l’être... Manceau vous envoie ainsi qu’à (Marc) toutes ses plus belles amitiés. Sa pièce est déclarée parfaite à l’Odéon par les acteurs et tous les gens de la maison. Saint-Léon y est excellent. Ils ont beaucoup d’acteurs à présent, quelques-uns très drôles. J’ai une Diane de Saintrailles charmante [50] . C’est toujours ça... À Maurice.Paris, 12 janvier 1864. ... Souffrez-vous du froid ? Ici je n’en souffre pas du tout. ”
Paul Féval, Oeuvres de Paul Féval soigneusement revues et corrigées… (1879)
“ Les vingt-six paysans se comptèrent avec effroi ; ils ne répondirent point encore. Catbelineau qu'animait en ce moment un enthousiasme extraordinaire, se précipita sur l'autel et saisit le crucifix. — Jésus ! dit-il, en tombant à genoux, je serai donc seul à mourir pour toi ! — Écoute, garçon, dit Étienne Manceau, frère de Renée, nous ne refusons pas ; où tu iras, nous voulons bien aller, mais nous ne sommes pas beaucoup pour attaquer les Bleus. — Kn conscience, c'est la vérité, reprit un autre ; nous ne sommes pas assez! ”
Hippolyte Ladevèze, Notice biographique sur M. l'abbé Manceau… (1856)
“ M. l'abbé Manceau se trouva le collaborateur de prêtres distingués, sous la direction de M. Jolif du Coulombier, qui a laissé tant de sou- — 3 — venirs honorables. S'ils avaient recueilli un héritage propre à effrayer leur modestie, ils ne négligèrent rien pour continuer et augmenter le bien commencé. L'un d'eux , que nous regrettons de ne pouvoir nommer, sera reconnu de tous si nous disons qu'il est toujours resté le modèle de la piété aimable ; un autre, qui,entre autres qualités , unit la science à l'amour des arts, est à la tête, d'une des paroisses de Tours. ”
Louis Belmontet,
Poésie de l'Empire français
(1853)
“ Le capitaine Manceaux, déposé aux Enfants-Trouvés du Faubourg Saint-Antoine, ne put tenir contre l'idée d'une attaque sur Paris sans être de la partie : l'énergie de l'âme dominait les souffrances du corps. ”
Augustin Thierry,
Lettres sur l'histoire de France
(1866)
“ Comme vassaux du duc de Normandie, les Manceaux fournirent sans résistance leur contingent de chevaliers et d’archers ; mais quand ils le virent occupé des soins et des embarras de la conquête, ils songèrent à s’affranchir de la domination normande. Nobles, gens de guerre, bourgeois, toutes les classes de la population concoururent à cette œuvre patriotique. Les châteaux gardés par des soldats normands furent attaqués et pris l’un après l’autre. ”
Adélaïde Manceau, Veillées d'une mère de famille… (1865)
“ Enfin, au bout de quatre années, satisfait de la petite fortune qu'il peut offrir à ses parents, et sentant enfin le mal du pays, d'autant plus que le grand Pierre ne lui a jamais rapporté de lettres de sa famille, et que M. le curé n'aurait pas demandé mieux que de les écrire, il ne rêvait plus qu'à son départ pour la Savoie. Un soir qu'en rôtissant des marrons il songeait au bonheur qu'il aurait bientôt de se retrouver dans sa chaumière, un chant de son pays frappe son oreille; sa main immobile tient encore la poêle, mais cesse de l'agiter ”
Adélaïde Manceau, Veillées d'une mère de famille… (1865)
“ Il ne leur envoie pas une forte somme, parce qu'il veut avoir le plaisir de mettre un jour lui-même sa petite fortune aux pieds de ses parents. Heureusement, heureusement pour toi, mon pauvre Jacquot ; sans cela, tu eusses été ruiné!. Tu ne connais pas ce grand Pierre à qui tu te fies; tu ne sais pas, toi, que pendant que tu courais d'un pied agile pour tous les gens du quartier, le grand Pierre, lui, était au cabaret, où il s'enivrait et perdait son argent ; tu ne peux te méfier de celui qui a respiré comme toi l'air pur des montagnes, et qui a entendu les douces exhortations de M. le curé ”
Louis Belmontet,
Poésie de l'Empire français
(1853)
“ Les cicatrices ont toujours un langage éloquent. Manceaux, à l'âge de douze ans, en 93, se fit mousse : on était lion de bonne heure à cette époque. Il vit souvent l'Anglais de près. Les marins de l'Empire avaient le diable au corps comme les autres. Le jeune Manceaux gagna ses grades sous la mitraille. Quand l'Empereur, faute d'hommes, pour tenir tête à l'Europe coalisée, en 1813, transforma ses marins en infanterie d'élite, Manceaux fit la campagne de Dresde comme s'il eût déjà fait celles d'Austerlitz, d'Iéna ”
P. de Déservillers, Hildebert et son temps : un évêque au douzième siècle (1876)
“ Toutes les tentatives de Guillaume pour s'emparer de la place furent vaines; les Manceaux, unis aux Angevins, repoussèrent toutes ses attaques, et le manque de vivres le força à lever le siège. Avant départir, il ravagea les environs du Mans et fit dévaster d'une manière toute spéciale les métairies et les propriétés de l'évêque, triste vengeance exercée par un souverain contre un homme de Dieu, qui n'avait d'autres torts que d'avoir été élu régulièrement, et de ne pas dépendre de lui d'une manière absolue. ”
Adélaïde Manceau, Veillées d'une mère de famille… (1865)
“ Mais, hélas ! il est un don céleste, une flamme pure, émanée de la divinité, une âme enfin, qui, bien loin de se perfectionner en toi, semble perdre de jour en jour de sa délicatesse et de sa sensibilité. L'orgueil, l'égoïsme, la colère, la jalousie semblent étouffer tes. — Merci, merci, papa, dit Rosine, rouge d'impatience; il paraît qu'un sermon sera mon étrenne, à moi. Jules et Adèle sont en possession des leurs; et j'ai tort peut-être de montrer de l'humeur, de.—Ingrate! s'écria le père tout ému : quoi! tu ne peux attendre, avant de te plaindre? ”
Julien Remy Pesche,
Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe
(1829)
“ Ambroise Duval et Eustache Lesueur ; pour prouver que, dans tous les genres, les manceaux eurent leur part de gloire, dans celle de ce siècle éclairé. Mais, c’est au Dictionnaire Biographique de cet ouvrage, qu’il faut recourir, pour cette époque comme pour les autres, si l’on veut se faire une juste idée des richesses intellectuelles du pays. ”
Pierre Joseph Odolant Desnos, Mémoires historiques sur la ville d'Alençon et sur ses seigneurs… (1858)
“ Les Manceaux doublent le pas : arrivés dans un vallon agréable et couvert de bois (ce devait être aux environs de Saint-Germain) , ils font halte. Tandis que les chevaux repaissent, chacun s'arme de toutes pièces et se range en bataille. Lisiard de Sablé, avec sa cavalerie, les archers et le reste de son infanterie, formait l'avant-garde; Robert de Sillé, à la tête de ses troupes, commandait le corps de bataille ”
P. de Déservillers, Hildebert et son temps : un évêque au douzième siècle (1876)
“ Ils avaient les mêmes talents, et ils rencontrèrent le mêmeentraînement et la même crédulité chez deux populations bien différentes dans leurs mœurs et leur caractère. Les Manceaux du XIe siècle étaient réputés pour leur mobilité et leur inconstance; les habitants de Munster étaient des hommes du Nord. Le fanatisme est de tous les pays et de tous les climats. grande peine. Le clergé, ne pouvant trouver l'occasion de discuter avec ce forcené, résolut de lui faire parvenir par écrit l'interdiction formelle de prêcher dans la ville du Mans. ”
P. de Déservillers, Hildebert et son temps : un évêque au douzième siècle (1876)
“ Cependant la ville du Mans s'émut à son tour de la captivité de son évêque ; le clergé, le peuple tout entier se réunit en deuil et réclame l'élargissement (1) Ce détail appartient aux mœurs et aux habitudes du temps. (Voir Ducange, au mot Capillits.) des prisonniers : aux manifestations de la douleur publique se joignent les instances des particuliers, et comme rien n'est écouté, les Manceaux prennent le parti d'offrir une rançon. ”
P. de Déservillers, Hildebert et son temps : un évêque au douzième siècle (1876)
“ L'Art de vérifier les dates: COMTES DU MAINE, HÉLIE, p. 845. tions du temps et au caractère inconstant et remuant des Manceaux, qui, placés entre les prétentions des ducs de Normandie, sous la suzeraineté des comtes d'Anjou, et les droits héréditaires des descendants d'Herbert le Vieux, préféraient cette situation flottante, favorable à leur goùt de révolte et à leur amour du changement, à la stabilité et à la paix. Inquiet, jaloux de tout pouvoir, le peuple du Mans, incapable de se gouverner soi-même, aimait à changer de maître ”
P. de Déservillers, Hildebert et son temps : un évêque au douzième siècle (1876)
“ En effet, ■« nous avons des armes, de la vaillance et des vivres, mais nous man- « quons d'un maître légitime à qui nous puissions conserver le service Il de nos bras. C'est pourquoi, vaillant guerrier, connaissant votre mé« rite, nous vous élisons, et. après vous avoir rendu cette place, nous « vous constituons dès aujourd'hui comte des Manceaux. » (Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France: Orderic Vital, t. IV, p. 79 et suivantes.) Ce fait de la reddition du Mans à Hélie est indiqué à l'année 1100. ”
Adélaïde Manceau, Veillées d'une mère de famille… (1865)
“ Quant à Henri, il ne revint pas à la santé sans perdre la beauté du visage; mais, outre que cet avantage est bien peu de chose à un homme, pour lequel la culture de l'esprit est tout, la bonté de son âme, qui perçait dans son doux regard et dans son aimable sourire, sut toujours le rendre intéressant. Avec quel plaisir, au bout de six semaines, mademoiselle de Surville revit enfin son neveu, le soutien de son nom, préservé d'une mort fu- neste ! Comme elle complimenta le fidèle Charlot, qui lui avait épargné la plupart des frais et de l'inquié tude d'une si terrible maladie ! ”
Adélaïde Manceau, Veillées d'une mère de famille… (1865)
“ En disant cela, Henri monta quatre à quatre les cinq étages qui conduisaient à l'espèce de cellule qu'occupait le digne M. Donnald, vieil ecclésiastique, qui demeurait dans la maison de sa tante, et en donnant à Henri des leçons de latin travaillait surtout à former son jeune cœur à la piété. « Qu'avez-vous, mon cher disciple ? lui dit le vieillard ; vous paraissez tout affairé aujourd'hui. » Le jeune homme, alors, lui raconta l'aventure de la veille, la façon dont il s'y était pris pour porter quelque chose à son protégé ”
