Charles Gill

Élements biographiques

Portrait de Charles Gill Charles Gill Le Cap Éternité

Où des empoisonneurs l’effréné péculat
Des petits innocents trame l’assassinat ;
Où ton nom dans les cœurs s’oublie, ô Maisonneuve !
Celle où l’on voit de loin, sur les bords du grand fleuve.
Les temples du dollar affliger le ciel bleu,
En s’élevant plus haut que les temples de Dieu !
Les dernières clartés du jour allaient s’éteindre.
Depuis longtemps je me croyais tout près d’atteindre
La rive montagneuse et farouche du Nord,
D’où le noir Saguenay, le fleuve de la Mort,
Surgi de sa crevasse ouverte au flanc du monde,
Se joint au Saint-Laurent dont il refoule l’onde.
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Portrait de Charles Gill Charles Gill Le Cap Éternité

Pour observer le temps à l’heure de l’aurore,
Et murmurait, hochant la tête : Pas encore !
La brume enveloppait les larges horizons,
Les bosquets étagés, les glacis, les gazons,
Et tous les mille riens si beaux de la campagne,
Et les sentiers abrupts au flanc de la montagne,
Où, jusques au sommet, le rêveur épris d’art,
Vers le bleu, tout au loin, chemine du regard.
L’âme se peut distraire, à défaut de lecture,
Dans le livre infini de la grande nature ;
Mais il est, dans la brume ainsi que dans la nuit,
Des moments où le livre est maître de l’ennui.
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Portrait de Charles Gill Charles Gill Le Cap Éternité

Défiant le calcul, au sein du fleuve obscur
Il plonge ; le miroir est digne de l’image.
Et quand le vent s’endort au large, le nuage
Couronne son front libre au pays de l’azur.
Le plomb du nautonier à sa base s’égare,
Et d’en bas, bien souvent, notre regard se perd
En cherchant son sommet familier de l’éclair
C’est pourquoi le passant étonné le compare
À la mystérieuse et noire Éternité.
Témoin pétrifié des premiers jours du monde,
Il était sous le ciel avant l’humanité,
Car plus mystérieux que dans la nuit de l’onde
Où sa base s’enfonce, il plonge dans le temps
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